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LAINES.

LAINES.

et avant d’avoir débarrassé le tissu de l’huile qui a servi ;a la filature • en ne dégraissant qu’après cette opéra- \tion, on a pour but de la fatiguer moins et de ménagerle plus possible la douceur de la laine que la teinture ;du noir durcit toujours plus que ne le font les autresnuances.

Tantôt, au contraire, comme dans toute la Norman-die , on commence par débarrasser l’étoffe de sa graisseet on la foule ensuite ; les fabricants normands pro-cèdent de cette manière, .même pour les draps noirs.

Tantôt, enfin, quand il s’agit de draps communs,comme les draps de troupes ou les tissus à bas pris duMidi pour 1’exportation, le dégraissage et le foulage sefont simultanément. La graisse est alors utilisée aufoulage en saponifiant l’alcali qu’on ajoute dans ce butpour former le savon indispensable a l’opération.

Cette troisième méthode, qui est, comme on le voit,la plus économique, ne pourrait s’appliquer aux drapsd’une qualité plus élevée, qui ont besoin d’être visitésavec beaucoup de soin entre le dégraissage et le fou-lage , afin de les débarrasser de toutes les ordureset matières étrangères, par l’épinçage ou épincetage,et de réparer par le rentrayage les défauts ou accidentsqui auraient pu se présenter dans le courant du travail,et qui doivent disparaître avant le foulage, afin qu’onne puisse plus en retrouver de traces dans l’étoffe finie.

Que le dégraissage s’opère avant ou après le foulage,il se pratique en imbibant le tissu d’une dissolution deterre argileuse, lorsque le graissage a été fait par unehuile végétale, et d’une dissolution d’alcali, lorsquel’on a employé l’acide oléique ; on le fait ensuite passerentre deux cylindres en bois qui accélèrent l’opération,en faisant pénétrer davantage l’émulsion et en impri- imant à l’étoffe un mouvement de rotation convenable ; jlorsque le dégraissage se fait à la terre, il faut plusieurs \heures. Lorsque l’acide oléique permet d’employer un jalcali, le carbonate de soude par exemple, vingt minutessuffisent.

Une fois que toute la graisse est extraite, ce quel’on reçonnaît avec un peu d’habitude par le toucher etl’odorat, il faut procéder au dégorgeage ou lavage,qui consiste à continuer à faire tourner la pièce dansune dissolution, en l’y plongeant jusqu’à ce qu’elle soitcomplètement immergée, par une disposition semblableà celle donnée fig. 12i6, c’est-à-dire en la faisant passerentre, deux cylindres en bois; le cylindre inférieur estordinairement cannelé pour augmenter un peu l’adhé-rence.

Ces cylindres sont renfermés dans une caisse égale-ment en bois, solidement assemblée ; cette caisse est fer-mée sur le devant par les volets ; la première ouvertureservant à introduire le drap, et la seconde la dissolu-tion.

Un rouleau disposé près des parois de la caisse sertà guider la pièce pour qu’elle marche plus régulièrementet ne se déchire pas ; les deux fonds ont chacun un ori-fice qu’on peut débouchée à volonté pour laisser écoulerles eaux sales ou lorsqu’on veut vider la machine. Cettemachine est généralement disposée pour dégraisser deuxpièces à la fois et quelquefois trois ; mais cette dernièredisposition est vicieuse, elle cause des inégalités depression sur les tissus.

Quelquefois, pour faciliter le dégraissage, qui estassez difficile à opérer lorsqu’on s’est servi d’huile degraines ou d’olives, on prédispose au dégraissage enfaisant tremper l’étoffe dans l’eau vive ; si on a unerivière ou un canal à sa disposition, il faut alors avoirsoin de la faire complètement immerger, s’il s’agit depièces teintes, sans quoi la couleur exposée à l'air ouau soleil pourrait être altérée ; c’est ce qu’on nommeflamme en terme de fabrique.

En Angleterre, pour faciliter le dégraissage, on aeucore l’habitude de tremper le tissu dans de la fiente de

porc. Outre les désagréments faciles à comprendre d’unetelle pratique, elle doit exposer les tissus à être altéréspar la fermentation qui doit se développer.

Travail du foulage. Que le tissu soit dégraissé onnon lorsqu’on le foule, les moyens employés, à cet effet,sont les mêmes ; on y arrive toujours par une actionmécanique prolongée et assez énergique sur l’étoffeimprégnée d’une dissolution alcaline ou savonneuse.

La présence de la dissolution a pour but de faciliterle glissement ou le rapprochement, la compression etle ramollissement des fibres et des fils de la matièrequ’elle imprègne, et d’empêcher Jgur altération par lechoc et la pression.

L’effet simultané de la force mécanique et de l’actionphysique de la dissolution développe une températureassez élevée qui facilite l’opération et qu’il faut avoirsoin de ménager pendant sa durée.

Les machines à fouler employées restèrent, sans lamoindre modification, jusquesily a quelques années: cefurent toujours ces moulins à pilons verticaux ou in-clinés, importés chez nous par les Hollandais dont ilsont conservé le nom. La fig. 4328 est une coupe verti-cale représentant un pilon seulement.

Ces moulins, qui sont encore très répandus, ont ordi-nairement un plus grand nombre de pilons, et, parconséquent, d’auges qu’on désigne ensemble par le nomde pile.

A B

432».

A B, représente un bâti solidement fixé dans l’éta-blissement, et assujetti sur d’excellentes fondations ana-logues à celles des laminoirs et autres machines quidoivent être soumises à des ébranlements.

A la partie inférieure du bâti, ordinairement en boisde chêne, se trouve pratiquée une auge creuse G, dontla courbure doit être très régulière, sans angle rentrantni saillant, afin de faciliter le glissement et le roule-ment de l’étoffe que cette auge est destinée à recevoir ;elle doit être également solidement assemblée, car ellereçoit les chocs assez rapidement répétés du pilon oumaillet P , qui est soulevé par l’arbre R, muni de ca-mes c,c,c, destinés à ce soulèvement du maillet, qui re-tombe sur l’étoffe lorsque chaque came l’abandonne.

La partie saillante du pilon par laquelle il est soulevéest ferrée pour résister à la prompte détérioration quiaurait lieu si on ne prenait ce soin.

La tête du pilon du côté qui agit sur le drap est dé-coupée en gradins pour aider le mouvement de rotationque le drap doit prendre dans la pile.

L’inspection de ces machines suffit pour démontrerleur défectuosité, quelle que soit d'ailleurs l’autorité quepeut leur donner nn emploi séculaire. On voit, en effet,qu’elles ont une forme qui ne change pas, et qu’ellesagissent avec une vitesse invariable, sous une pressionà peu près constante (1 ). soit qu’on y foule des étoffeslégères, des draps ordinaires et des cuirs-laines qui de-mandent cependant des degrés de foulage* si diffé-rents.

(I) Je dis à peu près, car au besoin on pourrait faire va-rier le bras du levier du pilon, ainsi que cela a quelquefoislieu.

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