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LIME.

LIN.

On atteint le premier but en recouvrant la surface dela lime d’une substance qui, lorsqu’elle est en fusion,forme une espèce de vernis qui garantit le métal de l’ac-tion de l’oxygène de l’air. Autrefois, le procédé consis-tait, en Angleterre, à mettre d’abord à la surface de lalime une première couche de lie de bière, et à recouvrirensuite celle-ci avec du sel de cuisine réduit en poudre.Lorsque ces matières étaient sèches, on chauffait leslimes presqu’au rouge, et on trempait; après cela onbrossait légèrement la surface avec de la poussière decoke, ce qui donnait à la lime un aspect blanc et métal*lique, comme si elle n’avait pas passé au feu. Ce procédé a été récemment perfectionné, du moins, sous lerapport de l’économie du sel, qui, à cause de la quantitéqu’il en fallait, était devenu un objet important Ceuxqui ont adopté la méthode perfectionnée dont il estquestion, ne consomment plus aujourd’hui que le quartenviron du sel qu’on employait dans l’ancien système.Le procédé consiste à dissoudre le sel dans l’eau, jusqu’àsaturation, ce qui exige à peu près \ kilogr. de sel pour3 litres d’eau ; et à épaissir la dissolution avec de la lieou avec de la farine, à bon marché, et d’en mettre jus-qu’à ce que le mélange ait acquis la consistance d’unecrème épaisse. IL suffit de plonger les limes dans cettesubstance, on les met ensuite immédiatement à chaufferet on les trempe. La lie, ou la farine, n’ont d’autre butque de donner de la consistance à la masse, et de per-mettre par là, à une plus grande quantité de sel de sedéposer à la surface de la lime. Par ce moyen lo selforme Immédiatement une enveloppe solide. Aussitôtque l’eau s’est évaporée, tout le sel entre en fusion etadhère à la surface du métal. Dans l’ancienne méthode,lorsque la couche saline était sèche, elle était si peuadhérente, que la plus grande portion s’en détachaitdans le feu, et se sublimait dans la cheminée sans pro-duire aucun effet.

Ou suppose que la matière charbonneuse de la lie debière n’est pas sans influence sur la trempe, en se com-binant avec l’acier, et en rendant celui-ci plus carbone.Toutefois, l’expérience démontre que le carbone végé-tal ne se combine pas avec le fer, et avec assez de faci-lité pour produire un pareil effet, dans un aussi courtespace de temps que celui pendant lequel la lime estmise à chauffer pour la trempe. Quelques fabricants delimes sont dans l’habitude de faire usage de charbon decuir brûlé, lequel produit réellement un certain effet.

Depuis quelque temps les fabricants de limes ontmis à profit les propriétés des prussiates alcalins, deproduira une cémentation extrêmement rapide, et de re-couvrir la surface du fer même (avec lequel on faitquelquefois des limes communes) d’une couche d’acierqui prend par la trempe une grande dureté. La compo-sition souvent employée est celle-ci : parties égales delie de bière et de sel marin et un peu de prussiate.

Pour chauffer les limes on fait généralement usaged’une forge. L’ouvrier tient la lime par la queue, avecdes tenailles, et on l’introduit dans le feu, composé depetits fragments de coke; on y pousse plus ou moins lalime afin de la chauffer bien régulièrement. On doitl’en retirer souvent pour observer s’il n’y a pas de par-ties qui chauffent trop. Lorsqu’on voit qu’elle est uni-formément chauffée dans toute sa longueur, qu’elle estpartout d’un rouge-cerise, elle est bonne à tremper.Aujourd’hui, pour les grosses limes, on fait usage d'unfour en briques réfractaires, dans lequel on dirige latuyère du soufflet; ce four est ouvert par une de sesextrémités pour pouvoir y introduire les limes et lecharbon. Près du sommet du four sont deux barres defer placées en travers sur lesquelles on place des limespour sécher l’enduit. Dans la trempe des grosses limesune pareille disposition économise considérablement letemps, et permet aussi de chauffer les limes d’une ma-nière plus uniforme dans toute leur longueur.

Lorsque la lime se trouve convenablement chauffée,pour lui donner la trempe la plus dure possible, elledoit être refroidie le plus promptement qu’il se peut.La méthode la plus ordinaire consiste à la plonger dansune eau très froide. Quelques fabricants ont l’habitudede mettre dans leur eau différentes substances, dans lebut d’augmenter sa vertu pour la trempe. Une Additiond’acide sulfurique à cette eau a été longtemps un granusecret pour la trempe des lime» Coutelles : toutefois, àtout bien considérer, on trouvera qu’une eau de sourcebien pure, exempte de matière animale et végétale, eiaussi froide que possible, est encore le meilleur moyenpour obtenir une bonne trempe pour toute espèce delimes.

En plongeant les limes dans l’eau, il y a certainesprécautions à prendre. Toutes les limes, excepté lesdemi-rondes, doivent être immergées verticalement,aussi lentement que possible, de façon que la queue nesoit pas trempée et ne se refroidisse pas. Cette précautionempêche la lime de se déjeter. Les demi-rondes doiventêtre plongées avec le même ménagement, mais en mêmetemps qu’on les tient perpendiculairement à la surfacede l’eau, on doit les faire mouvoir un peu horizontale-ment dans la direction de la face arrondie, sans celaelles se courberaient en arrière.

Lorsque les limes ont été trempées on les brosseavec de l’eau et de la poussière de coke, et elles acquiè-rent une surface métallique parfaitement nette. Ondoit aussi les passer avec soin dans deux et trois eauxpures pour leur enlever tout le sel; pour peu qu’il enrestât, la lime serait susceptible de se rouiller. On doit,déplus, les tremper dans de l’eau de chaux, les faire sé-cher rapidement devant le feu, et tandis qu’elles sontencore chaudes on les recouvre d’une couche d’huiled’olive mêlée à un peu d’huile de térébenthine, et onen fait des paquets pour la vente.

LIN. L’origine de l’emploi du lin remonte à destemps aussi reculés que celui de la laine. Nous pour-rons en donner les preuves que nous avons citées enparlant de celle-ci, et ajouter que les étoffes de linétaient considérées par les anciens comme les pluspures, et par conséquent les plus convenables aux vête-ments de la caste sacerdotale.

L’examen des bandelettes qui enveloppaient les mo-mies égyptiennes, et la description détaillée que donnel’Ancien Testament des habits pontificaux, ne peuventlaisser aucun doute sur l’ancienneté de l’usage du lin.

Nous ne pouvons non pins nous empêcher de faire re-marquer que plus tard, du temps de Pline , déjà on étaitparvenu à faire servir le lin à des emplois très variés.Si nous l’en croyons, il entrait dans le tissage des toilesà voiles et des toiles les plus légères.

Les passages suivants qui concernent ce sujet sonttrop curieux pour que nous ne les reproduisions ici.

«.Une autre merveille qui me frappe dans le lin,

c’est qu’une plante qui fait la communication récipro-que des différentes parties de l’univers, soit produited’une si petite graine, et qu’elle ait une tige si basse etsi mince ; encore ne l’emploie-t-on pas lorsqu’elle estdans toute sa force, mais seulement après qu’elle a étébien battue, bien brisée, et rendue par ce moyen doucecomme de la laine ; c’est après l’avoir ainsi détérioréeque l’homme fait avec elle d’aussi audacieuses tenta-tives.

« Un autre malheur de cette pernicieuse culture, c’estque rien ne croît plus aisément que le lin, et ce quinous fait voir que cela arrive contre l’intention de lanature, c’est qu’il brûle et amaigrit la terre qu’il oc-cupe. »

On voit que Pline ne considérait ici le lin que commela matière première propre aux toiles à voiles dont ildéplorait l’invention en tant qu’elles servaient à porterdes années, et à faciliter les guerres lointaines et ma-