UN.
LIN.
des expériences qu’il a faites sur lui-même et sur safamille avec des eaux ayant servi au rouissage.
Les quelques considérations qui précèdent peuventfaire comprendre ce que cette question du rouissage ad’important, et qu’on ait cherché dès longtemps à re-médier aux différents inconvénients que présente lerouissage par immersion; bien des tentatives ont étéfaites pour le supprimer. Les seuls résultats impor-tants qui aient été obtenus sont ceux du procédé ir-landais appliqué aujourd’hui par plusieurs manufac-turiers et qui consiste : 4° à déposer le lin dan9 descuves avec de l’eau qu’on échauffe avec de la vapeura 32° centigrades : la fermentation est rapide et com-plète en 60 heures ; 2° à sécher à l’air d’abord et en-suite dans un séchoir. On a proposé les différentesmodifications suivantes :
L’action de l’eau froide ou chaude tombant d’unecertaine hauteur;
Celle de la vapeur à diverses pressions, l’enfuuisse-ment des tiges;
La mise en tas et l’arrosage des tiges, en aidant l’o-pération au besoiu par une addition de ferment;
Le traitement des tiges soit à froid, soit à une cen-taine température par de la-chaux délayée dans del’eau ;
L’emploi des dissolutions alcalines caustiques ou car-bonatées ou celui d’une dissolution de savon vert chauf-fée de 90 à 94 degrés ;
Enfin la substitution d’une préparation mécanique àl’action chimique qui a lieu dans les phénomènes durouissage.
Aucun de ces procédés n’a été adopté jnsqu’ici par lapratique ; quelques-uns même n’ont probablement pasété expérimentés; plusieurs l’ont été sans doute d’unemanière imparfaite et sans y donner toute l'attentionsuivie nécessaire aune semblable application, qui, ànotre avis, présente plutôt des difficultés rurales et pra-tiques que des difficultés scientifiques ; rien ne nous pa-raît plus certain, en effet, que la possibilité de parvenir àfaire rouir convenablement et à point une certaine quan-tité de lin ou de chanvre confiée au chimiste dans sonlaboratoire, ou même à un mécanicien habile qui, pourune fois, arrivera par des préparations mécaniques con-venablement entendues à se passer de l’opération préli-minaire du rouissage (1).
Mais là n’est pas la question ; il s’agit de trouver unmoyen très économique d’une application excessive-ment simple, et pouvant se faire en petit, à la portéedes habitanis de la campagne, ne leur présentant pasplus de "difficultés que ne leur en apporte l’emploi desinstruments ou des procédés ordinaires dont ils ont l’ha-bitude de se servir ; car il est important que le rouissagese pratique sur place, afin de n’avoir pas à transporterinutilement le poids assez considérable de la ebénevotte.
M. Rouchon a proposé un nouveau procédé de rouis-sage qui remplirait toutes les conditions désirables,d’après la déclaration faite par une commission de sa-vants et de praticiens distingués, qui ont expérimentéle procédé au mois de décembre 4 842 (2), dans un localde l’Ecole polytechnique.
Ce procédé consiste à faire rouir le chanvre et le lindans une quantité d’eau très légèrement acidulée.
(O 11 est bon de faire remarquer que ropération mé-canique parait en tous cas impropre à enlever ia matièregommeuse qui adbère si intimement aux libres; elle par-vient quelquefois à la faire disparaître momentanément parune espèce de broyage qui la confond avec les libres végé-tales et parait donner un rendement de lilasse et de til supé-rieur, résultat ordinaire; mais bientôt le blanchiment etle lessivage des toiles font disparaitre la matière évrangère,et le poids et la force de la toile diminuent; elle représenteles caractères d’une toile creuse et molle.
(2) Ce procédé est exploité maintenant par MM. Bisson etPradet de Saint-Charles.
L’opération peut se faire, soit en plein air, soit dan*une écurie, sous un hangar ou tout autre endroit, entoute saison; il est seulement bien, quand on opère enplein air, de couvrir le chanvre ou le lin avec desfeuilles, de l’herbe ou de la paille, de manière à éviterla trop prompte dessiccation des couches supérieures.Pour opérer, on procède de la manière suivante :
Il faut avoir une auge, une caisse ou un récipientquelconque en bois, d’une dimension telle que l’oupuisse facilement y plonger une ou plusieurs bottes dechanvre à la fois. Dans ce récipient, on verse l'eau, eton ajoute à cette eau de l’acide sulfurique du commerce,dans la proportion de 4 kilogramme d’acide pour200 litres dVau quand il s’agit du chanvre, et 400 li-tres lorsqu’il s’agit du lin, et on agite le tout forte-ment (4).
La liqueur doit être telle, qu’une petite quantité misedans la bouche agace seulement les dents.
On plonge successivement les bottes, une ou plu-sieurs à la fois, dans le bain ci-dessus indiqué, en ayantsoin, avant l’immersion, d’agiter de nouveau la massedu liquide pour que le mélange de l’acide avec l’eau soitbien intime.
Les bottes doivent être complètement submergées,de manière que le liquide les pénètre dans toutes leursparties; puis on les retire et on les replace en pile.Pour rendre plus uniforme l’action de l’acide, il est bonà chaque fois que l’on immerge le chanvre de changerla position relative des bottes, en mettant dessus cellesqui étaient dessous, et vice versd .
Cinq ou six heures après, on arrose avec de l’eauordinaire; le lendemain matin, on donne une nouvelleimmersion dans le bain acidulé, de la manière ci-dessusexpliquée, et le soir on arrose. On continue chaquejour les mêmes immersions et arrosages, dans le mêmeordre, jusqu’au parfait rouissage.
On cesse alors les immersions dans l’eau aoidulée;mais on arrose copieusement avec de l'eau ordinairepour laver la plante et arrêter l’effet de l’acide; ce quipeut aussi se faire en donnant une immersion dans unelessive alcaline ; mais à la suite de cette lessive, il fautarroser avec de l’eau ordinaire pour laver les tiges.
L’eau de lessive se fait indifféremment avec des cen-dres ou une très faible dissolution de soude ou depotasse du commerce; elle peut servir tant qu’elle con-serve une saveur urineuse.
Quand, dans le cours des opérations, le bain aciduléa diminué de volume, de manière à ce qu'on ne puisseplus facilement y immerger les bottes de chanvre, onajoute, dans l’auge, une nouvelle quantité de liqueurpréparée, comme il a été dit précédemment, et suffi-sante pour que l’immersion puisse toujours avoir lieuconvenablement.
On peut prendre indistinctement pour les opérationsdu rouissage les eaux de pluie, de fontaine, de puits oude mare, quand même elles seraient troubles.
Il est bon de placer sous les piles de chanvre desmorceaux de bois, de manière à éviter le contact desbottes avec l’humidité du sol. Le rouissage terminé, onfait sécher et on macque par les moyens ordinaires.
Un homme et un enfant suffisent pour faire rouir8,000 kilogrammes par jour.
Dès que le rouissage est arrivé à point, on fait sécherles tiges au soleil, ou dans un four après la cuisson dupain ; puis on procède au broyage ou macquage.
«J iacquage ou broyage. L’opération, qui consiste à
CO La pesanteur spécifique de l’acide étant plus forte quecelle de l'eau, il tend à se précipiter au fond du vase; il esidonc essentiel de bien agiter, pour que le mélange soit ho-mogène.
On doit, pour faire ce mqlange, user spécialement devases et objets en bois, les pierres et la plupart des métauxétant attaquables par l'acidc.