LITHOGRAPHIE.
LITHOGRAPHIE.
Nos filatures mécaniques ne produisent donc encoreque la onzième partie de notre consommation.
Il est intéressant de voir commeut ont varié les im-portations des fils et toiles depuis quelques années et deconnaître les sources de leur provenance, que vont nousindiquer les tableaux suivants :
FILS DIVERS.
Importations avec distinction des principaux pays deprovenance.
Commerce spécial.
Pays
do prove-nance.
4840.
1841.
1842.
4815.
Angle-
terre.
kil.
kil.
kil.
kil.
6,164,068
9,149,341
10,696,236
6,490,060
Belgi-
que..
587,505
646,001
545,774
1,079,550
Autres
pays.
93,850
122,460
68,708
60,380
Totaux
0,845,423
9,917,802
! 1,310,71s
7,629,990
TOILES.
Toiles unies, écrues, blanches, mi-blanches , teintes1 1 imprimées.
Années.
Angleterre
Belgique.
Association
allemande.
Autres
pays.
Tuinux.
4840.
1841.
1842.4843.
kil.
915,095
4,G50,682
4,822,257
549,151
kil
2,515,954
5,484,420
2,545,696
2,085,565
kil.
4 49,545448,945400,58253,585
kil.
4 87,610445,952429,97748,558
kil.
5,765,554
4,67*1,705
4.490,212
2,766,000
On voit par la diminution des. importations dans cesdernières années que la protection accordée par le gou-vernement n’a pas été inefficace. Le chiffre de cesimportations, surtout en fils anglais et en toile belge ,est encore considérable. Ce chiffre paraîtra d’autantplus élevé que nul pays n’est en meilleure positionque le nôtre pour la production de la matière première,et que nous sommes évidemment dans une situationplus favorable que l’Angleterre sous ce rapport, et ce-pendant nos voisins d'outre-mer possèdent déjà plusü’un million de broches mécaniques, lorsque noussommes à peine au dixième. Nous savons qu’on nemanquera pas de faire valoir le bas prix de la forcemotrice anglaise ; mais n’avons-nous pas encore unequantité considérable de chutes d'eau improductivesdans les pays les plus convenablement situés, dontl’esprit d’association devrait s’emparer sans perte detemps; il réaliserait ainsi des bénéfices mérités que lerégime protecteur actuel leur assure, fournirait un tra-vail assuré à nos ouvriers de campagne que la concur-rence ‘étrangère atteint directement, appellerait enmême temps notre agriculture à participer aux béné-fices que présente une valeur d’une quarantaine demillions au moins que nous payons encore chaqueannée de gaieté de cœur à la concurrence étrangère.
LITHOGRAPHIE. C’est à proprement parler l’artd’écrire, de dessiner, de graver sur une pierre quelcon-que ; mais on a donné plus particulièrement ce nom àl’art d’imprimer, à l’aide d’un nouveau procédé, in-venté par Senefelder , Bavarois, vers l'année 1799, les
dessins et les écritures tracés avec un corps gras surune pierre calcaire appelée, pour cette raison, pierrelithographique.
Voici ia manière générale d’opérer :
1° On prend une pierre calcaire d’une pâte fine etuniforme, et dont les deux faces opposées sont par-faitement planes. L’une des deux surfaces est brute, etl’autre est unie avec une pierre ponce, sans être polie ;on écrit sur la surface unie à l’aide d’une plume d’aciertrempé, avec une encre grasse, liquide et miscible àl'eau (voyez encre lithographique).
2° Pour dessiner, on forme sur la surface de la pierredes cavités ou grains réguliers avec du sable tin, quel’on écrase avec une seconde pierre que l’on frotte des-sus et l’on dessine sur la surface grenée avec un crayongras.
3 U Lorsque l’écriture ou le dessin au crayon est ter-miné, on en fixe l’empreinte par un lavage superficiel àl’eau de gomme rendue acide par une petite quantitéd’acide nitrique ou d’acide hydrochlorique, ou d’un selneutre soluble tel que le nitrate ou l’hydrochlorate dechaux, etc. Le lavage a pour effet, comme nous l’ex-pliquerons plus loin, de rendre le dessin insoluble, dopénétrer la portion non dessinée de la pierre et de lurendre incapable de recevoir et de retenir facilement L scorps gras, mais susceptible, au contraire, de retenirl’eau.
4° Pour imprimer , on place la pierre dans une espècede caisse appelée chariot , où elle est maintenue solide-ment à l’aide de vis en fer ou de coins en bois ; on lamonille avec de l’eau propre et on enlève ensuite l’écri-ture, faite à l’encre grasse, avec de l’essence de téré-benthine.
5° Un humecte de nouveau et très légèrement toutela surface de la pierre avec une éponge fine et de l’eaupropre qui est imbibée et retenue sur la portion de lapierre qui n’a pas reçu de dessin.
6 W On étend aussitôt avec un rouleau élastique, re-couvert d’un manchon en cuir, de l’encre ordinaire d’im-primerie (voyez encre d’impr.merie lithographique ), quine se fixe point sur la partie humide et qui s’attacheseulement sur le dessin qui a été tracé a l’encre ou aucrayon gras.
7° L’encre d'imprimerie étant ainsi distribuée con-venablement et proprement sur tout le dessin, on placeune feuille de papier blanc un peu humide sur la sur-face de la pierre.
8° On recouvre cette feuille d’une seconde, dite demaculature, et on pose dessus un châssis en fer garnid’un cuir fort qui est bien tendu sur les deux côtésopposés et parallèles.
9" On soumet la pierre, ainsi disposée, à la pressiond’un rouleau ou d'un rateau en bois qui agit perpendi-culairement sur la surface ; la pierre glisse et frottesous ce rateau, lorsqu’on imprime le mouvement recti-ligne au chariot.
10° Enfin, on enlève la feuille de papier qui a happéle corps gras qui offre ainsi la reproduction identiquedu sujet tracé sur la pierre.
Seuefelder avoue 'voir son Traité de l’Art de la Li-thographie^ pages 8 et 12) qu’il n’est pas l’inventeur dela gravure sur pierre, ni le premier qui en ait fait usagepour imprimer : que c’est seulement la manière de s’enservir qui rend la découverte nouvelle.
11 dit lui-même : a II y avait déjà des siècles qu ongravait à l’eau forte sur pierre ; et ce ne fut que lors-que j’eus imaginé, en 1799, de passer de la méthodecreuse à la méthode en relief, et de me servir demon encre nouvelle, que je pus me considérer commeinventeur d’un art nouveau qui tue décida à abandon-ner tous mes autres essais pour ne m’occuper que delui. »
Engelman nous apprend, en effet, dans son Traité corn-