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LITHOGRAPHIE.

LITHOGRAPHIE.

plet de la Lithographie , 4842 : « qu’il existe à Munich ,au Musée de l’Ecole gratuite de dessin, un astrolabe faitpar ce procédé, et qui date de 4580. On voit dans lecabinet royal des antiquités à Munich une grandetable ronde; faite d’une pierre de Solenhofeu, sur la-quelle sont représentés en relief les portraits des anciensducs de Bavière , avec plusieurs inscriptions, et unechanson accompagnée de notes. Enfin, en dehors del’église de Notre-Dame de la même capitale, on voitune pierre sépulcrale, portant la date de 4709, et pré-sentant différents caractères eu relief. H suffit, dit-il,de la plus simple inspection pour se convaincre quetoutes ces pierres ont été gravées par le moyen desacides. C’est par le même procédé qu’on parvient àgraver sur une coquille d’œuf, dont les élémentschimiques sont le» mêmes que ceux des pierres litho-graphiques : écrivez sur une coquille d’œuf avec dusuif fondu, laissez figer le suif, plongez l’œuf dansun acide faible, du vinaigre par exemple. Cette expé-rience que chacun peut répéter se trouve décrite dansdes ouvrages fort anciens.

Mais il est une chose importante pour l’histoire del’art de la gravure sur pierre, que les lithographesignorent peut-être, et qu’ancun auteur n’a publiée en-core, c’est que Dufay, Français, membre de l’Académiedes sciences , a publié, le premier, un procédé rationnelet facile pour graver le marbre et autres pierres, àl’aide d’uu acide (voir les Mémoires de l'Académie desScience »! année 4728, page 64).

Au reste, nous doutions ici la copie textuelle dumoyen décrit par Dufay lui-même :

Gravure en relief itir le marbre et plusieurs autres pierres,par Dufay.

« Il faut tracer sur le marbre avec un crayon ledessin que l’on veut mettre en relief, et couvrir déli-catement, avec un pinceau, du vernis suivant les en-droits qu’on veut épargner. Ce vernis n’est autrechose que de la gomme laque dissoute dans l'esprit devin et mêlée avec du noir de fumée ou du vermillon,pour reconnaître plus facilement les endroits où on ena mis. Pour rendre l’opération plus simple, il n’y aqu’à pulvériser un morceau de cire d’Espagne et lafaire dissoudre dans une quantité suffisante d’esprit devin ; ce vernis sera sec en moins de deux heures.

« De tous les dissolvants que j’ai essayés , celui quim’a paru le meilleur est un wélauge de parties égalesd’esprit de sel et de vinaigre distillé ; il ne diminue enrien l’éclat du marbre et le dissout très également.

* Le vernis étant bien sec, on versera de cette li-queur sur le marbre; lorsqu’elle y aura demeuré quel-que temps et qu’elle aura entièrement cessé de fermen-ter, on pourra y eu remettre de nouvelle, et la laisseragir jusqu’à ce que le fond soit suffisamment creusé. S’ily a dans le dessin des traits délicats, comme des feuilla-ges, ou ne les tracera pas d’abord sur le vernis ; mais lors-que le rond sera creusé à peu près de moitié de ce qu’ildoit l’être, on ôtera le dissolvant, on lavera bien le mar-bre, et avec la pointe d’une aiguille on enlèvera le vernisà l’endroit de ces traits délicats, on remettra ensuitede nouveau dissolvant, et on le laissera autant qu’oule jugera à propos; cette précaution est nécessaire,parce que lorsque l’acide a agi dans les endroits dé-couverts, il ronge par-dessous le vernis et élargit lestraits à mesure qu’il les approfondit ; cet inconvénientdemande aussi qu’ou fasse les parties qui doivent êtreépargnées un peu plus fortes, afiu que cette action laté-rale de l’acide les mette au point où elles doivent être.Au reste, cette opération ne demande ni beaucoup desoin ni beaucoup d’expérience, et les ouvriers les moinsiutelligents pourront facilement eu venir à bout. Lors-que l’ouvrage sera entièrement fini, on enlèvera levernis avec un peu d’esprit de vin, et comme les fonds

seraient trop longs à polir, on pourra les pointilleravec des couleurs ordiuaires délayées dans le vernis degonrme laque, de la même manière que l’étaient lesouvrages de cette espèce qui ont paru depuis quelquesannées.

« J’ai fait aussi diverses expériences de l’effet desacides sur plusieurs autres pierres ; il y en a quelques-unes auxquelles on donne le nom de pierres précieuses,qui se dissolvent dans l’esprit de nitre. »

Au résumé, si Senefelder n’a pas inventé réellementle mode de dessiner sur pierre avec une encre liquide,et de graver le dessin en relief à l’aide des acides, ildoit être considéré, avec raison, comme le premier etle seul inventeur de l’impression lithographique, pro-prement dite ; méthode qui est fondée, comme nous l’a-vons dit, sur un jeu d’affinités chimiques, et d’attrac-tions moléculaires, dont personne, avant lui, n*a\ait re-marqué l’influence et l’application.

4° DES PIERRES LITHOGRAPHIQUES . —On emploie,communément en France , deux espèces de pierres, quel’on désigne principalement par le nom du pays d’oùelles proviennent. Ainsi, on distingue les pierres d’Al-lemagne ou de Munich, et celles de France , qui sontégalement formées de carbonate de chaux. Purmi cesdernières, la pierre de Châteauroux est la seule em-ployée, et pour l’écriture seulement.

Pour faire des dessins au crayon, ou des écrituresd’un travail fini, on emploie généralement les pierresde Munich , qui réunissent, pour la plupart, les carac-tères généraux d’une bonne pierre lithographique, sa-voir : une pâle bien homogène, dure, serrée, et s’imbi-bant peu d’eau.

Mais, parmi les pierres de Munich , un choix est en-core à faire : voici des renseignements que nous avonsextraits du Manuel de Lithographie, par MM. Chevalieret Langlmné.

« La blanche est toujours tendre et ne convient paspour les longs tirages, parce que le crayon pénétrantplus avant dans la pâte, il en résulte une disposition dudessin à l'empâtement.

« La jaune est souvent bonne.

« La gris-perle est la meilleure parce qu’elle est laplus dure et la plus serrée, qu’elle prend par l’opérationdu grainage un grain plus fin et plus saillant qui résisteplus longtemps à la pression, ou plutôt à l’impression.

« La grise-ardoise est toujours bonne, mais elle estrare et difficile à grener.

« La grise-roussâlre est mauvaise, elle lâche l’encrequand on dépasse deux mille épreuves, et demandeencore beaucoup de soin et de précaution pour arriverà ce nombre.

« Les pierres tendres qui absorbent beaucoup d’eau,celles qui reçoivent rapidement le poli, sout de mau-vaise qualité.

« Il faut exclure aussi les pierres trop dures, caralors, lesporesétant trop fins ou trop serrés, le crayon,la gomme et l’eau ne les pénètrent pas suffisamment,et le tirage est d’une courte durée.

a Les meilleures pierres pour graver à la pointesèche sont les pierres dures et parfaitement homogènes.

« Les défauts qui se rencontrent le plus souventdaus les pierres de Munich de deuxième choix,* sont :les veiues, la tigrure, les points blancs, les taches desapin, les fissures et les cristallisations.

« Les veines nuisent à la qualité de la pierre, surtoutles rouges, dans lesquelles l’eau s’infiltre assez prompte-ment, et occasionne la rupture de la pierre.

« Mais la tigrure, les taches de sapin , et les fissures,ces dernières par leur peu d’éteudue, ne nuisent pas àl’impression.

« Il en est de même des points blancs lorsque leurdureté est égale à celle de la pierre.

« Les cristallisations et les points blancs tendres doi-