MECANIQUE
généraux qui précèdent, et les tableaux des diversestransformations de mouvement.
Il resterait ensuite à régulariser l'action du moteuret de la résistance utile, c’est à-ffire à en proportionnerles effets ou le travail, de manière à assurer la per-manence du mouvement et son uniformité, s'il est pos-sible.
11 faut supposer que la quantité de matière à confec-tionner, ou d’ouvrage quelconque à produire dans untemps donné, soit cornue, ainsi que le nombre dos ré-volutions de la machine, et qu’il s'agisse de régler, enconséquence, la marche des opérations et le travail dumoteur. La condition la plus essentielle à remplir,c'est de disposer les choses de façon que des quantitéségales de matière soient présentées à l’action de l’outilou de l'opérateur, sinon à chaque instant et d’unemanière continue, ce qui ne convient qu’aux outilsde rotation, du moins à chacune de ses diverses révolu-tions, de sorte qu’il y ait le moins d’intervalle possibleentre les chargements et le moins de temps perdu.Il en résultera, en effet, que, si l’on applique h l'opéra-teur une puissance capable de vaincre toutes les résis-tances qui y sont attachées, elle devra développer desquantités de travail égales, sinon à chaque instant,du moins à chaque révolution, de sorte que les varia-tions de la vitesse demeureront elles-mêmes comprisesentre des limites réservées et fixes.
Ces conditions sont ordinairement remplies danstoutes les bonnes machines, soit par les agents préposésà la surveillance et à la direction du travail, soit aumoyen de dispositions particulières inhérentes à l’opé-rateur lui-même, et qui font varier la quantité de ma-tière qui lui est soumise proportionnellement a lavitesse ou à l'énergie du moteur : le babillard des mou-lins a farine, le pied de biche des scieries à bois, etc.,sont de véritables régulateurs de ce genre.
Ü arri\e pourtant quelquefois qu’on ne peutainsi régulariser l'action de l’opérateur, soit parceque les rechargements de matière occasionnent dèsinterruptions plus ou moins fréquentes, plus ou moinslongues, soit parce que la résistance opposée par cettematière elle-même n’est pas constante; mais alors, ilfaut au moins chercher à renfermer ies inégalités dansdes limites suffisamment étroites, et de làçon que lesquantités de travail h dépenser, dans chaque unité detemps, ne s’écartent jamais par trop de la valeurmoyenne déduite d’un certain nombre de révoiutious del’opérateur.
Dans tous les cas où il résulterait de cette inégalitéd'action des inconvénients graves pour la machine, oua recours à l’emploi d’un volant, qu'on place le plus prèspossible de l’opérateur, et qui, par son inertie, sert àmaintenir l'uniformité du mouvement de l’axe auquel ilest appliqué, pourvu que la puissance, qui ag't tangen-tiellement par hypothèse à la circonférence de la roue mo-trice montée sur cet axe, développe contre el'e, et danschaque unité de temps, des quantités de travail égales à lamoyenne dont il vient d’être parlé ci-dessus, moyenne quidoit être censée donnée par le calcul ou l’expérience, ainsique la vitesse, sensiblement constante, du point d’ap-plication de la force motrice. Divisant donc cette quan-tité de travail par cette vitesse, c’eat-â-dire par le che-min qui décrit uniformément le point dont il s’agit, onaura ainsi la valeur moyenne de l’effort que doitexercer la puissance pour vaincre tontes les résistancesqui lui sont opposées, valeur qui généralement s’écar-tera peu de la véritable, et qu’on pourra, sans erreursensible, lui substituer dans tous les calculs relatifs àl’appréciation des effets de la machine.
Maintenant, si l’on considère les unes après l«sautres les différentes pièces interposées entre le récepteur et l’opérateur, pièces qui par hypothèse sont toute-'douées d'un mouvement de rotation sensiblement uui-
MÉCANIQUE.
forme, et où l’influence de l’inertie peut être négligée,de sorte que les puissances et les résistances y sontconstamment en équilibre; si l’on considère, dis-je, lesunes après les autres ces pièces ou maolnnes simples,il deviendra facile de calculer de proche en proche, lesintensités moyennes des forces dont il s’agit, et, parsuite, la quantité de travail qui devra être lîxrée aurécepteur dans chaque révolution ou chaque unit-é detemps, pour vaincre à la fois toutes les résistancesréunies, et en supposant qu’on ait assuré convenable-ment la constance de son mouvement au moyen d’unnouveau volant, si cela est nécessaire.
Ainsi finalement, puisque la théorie des récepteurset des moteurs est censée faite, on pourra déterminer,à sou tour, la quantité de travail absolue que devradépenser ce dernier dans l’unité de temps, ou danschaque révolution de la machine, et il ne s’agira plusque de régler, en conséquence, sou intensité d’action,ce qui se fera par des moyens analogues à ceux quiservent à régler le travail même de l’opérateur; parexemple, en levant convenablement la tanne qui donnel’eau à la roue hydraulique, le robinet qui fournitla vapeur aux cylindres des machines à feu, etc. Cesopérations sont encore ici exécutées par les hommeschargés du soin de la machine, et quelquefois on em-ploie des dispositions particulières pour que l’intensitéde la force motrice suive naturellement les variationsde lu résistance, et maintienne la constance du mouve-ment : tel est plus particulièrement le pendule coniqueou régulateur à force centrifuge.
Od voit par cette discussion que, lorsque la quan-tité de travail a appliquer à l’outil est donnée, onpeut déterminer la force absolue qui convient au mo-teur et la régler convenablement ; mais cette recherchen’est utile que pour le projet même d’établissementde la machine; car, quand il s’agit de la faire marcher,et qu’elle est toute construite, on peut, par un tâtonne-ra nt facile, régler son travail et sa vitesse, en faisantvarier la résistance utile ou l’intensité de la force mo-trice par les moyens indiqués. D’aiileurs si, à l’in-verse, la quantité de travail absolue que peut louruir lemoteur dans l'unité de temps était donnée, on s’y pren-drait d’une manière absolument analogue pour déter-miner, de proche en proche, la quantité de matière quepeut et doit confectionner l’outil.
La solution du problème de rétablissement desmachines que nous venons d’esquisser à la hâte n’est,comme on voit, qu'approchée ; mais elle serait impos-sible par toute autre voie, attendu la multitude desindéterminées dont elle dépend, et elle est suffisammentexacte pour la pratique, où l’on ne saurait jamais pré-tendre à la rigueur mathématique, et où approcher,même d’une manière grossière, par exemple, à \ (o ou à\ /4 près, du résultat le plus avantageux, c’est avoiratteint un degré de perfection aussi précieux qu’il estrare. Il n’arrive malheureusement que trop souvent,en effet, que l’ignorance des constructeurs de machines,si elle ne leur l'ait pas tout à fait manquer le but, les enéloigne de telle façon, que l’effet utile obtenu n’estpas le f /o et quelquefois même le 4/10 de celui qu’onaurait pu espérer d’une meilleure disposition. Au sur-plus, si nous insistons sur ce sujet, c’est pour fairesentir la difficulté et l’inutilité, quant à présent, d’unesolution rigoureuse du problème des machines ; c’estpour éviter l’idé: de tentatives qui souvent seraientsans succès, et pour faire apprécier, d'une autrepart, le mérite rée> des connaissances basées sur lesdonnées certaines de la mécanique et de l’expérience ;c’est enfin pour mettre à même d’entrevoir, à l’a-vance, la nature des ressources qu'il est permis d’espérerde chacune d’elles dans les divers cas.
On voit aussi, par tout ce qui a été dit jusqu'àprésent des machines, qu'il ue peut être question de