MINES.
MINES.
Méthodes diverses d’exploitation.
Les diverses méthodes d'exploitation que l’on doitsuivre dans tel ou tel cas dépendent surtout de la na-ture des gîtes. A cet egard, les gîtes se divisent en deuxgrandes classes : la première, qui renferme la plupartdes filons métalliques, comprend ceux où les mineraisutiles sont associés à des matières stérilesou gangues, que l’on peut séparer en partiepar un premier triage fait dans la minemême, afin de s’en servir ensuite à effectuerun remblayage assez complet pour soutenirles parois et prévenir les éboulements ; laseconde, qui renferme surtout des couchesou amas de combustibles minéraux, de selgemme ou de matières pierreuses, comprendles gîtes où les matières stériles que l’onpeut séparer des minerais ne suffisent paspour opérer un semblable remblai. Dans cesdeux classes les méthodes d’exploitatibn va-rient encore suivant la puissance des gîtes,et la solidité des épontes et du gîte lui-même, et suivant que l’allure et la richessedes gîtes sont régulières ou non ; dans cedernier cas, on fait précéder l'exploitationproprement dite par des travaux d’explora-tion, que l’on dirige de manière à ce qu’ilsservent en même temps à l’aménagementdu gîte.
Lorsque le gîte est peu puissant, on l’exploite pargrandes tailles couchées dans le plan du gîte et rem-blayées au fur et à mesure. Dans les filons, qui sontpresque toujours fortement inclinés, les fronts de taillesont découpés en forme de gradins renversés ou de gra-dins droits. Dans tous les cas, on commence par divi-ser, la partie du gîte à exploiter, en massifs longs oucarrés, par des galeries horizontales tracées sur le mursuivant la direction, et dites galeries d'allongement , dis-tantes entre elles de 20 à 40 m , et par des cheminées tra-cées suivant l’inclioaison ou la plus grande pente, dontl’espacement varie avec les besoins de l’aérage. On ex-ploite généralement ces massifs par étages successifs enallant de haut en bas ; mais les massifs considérés eneux-mêmes sont tantôt exploités de bas en haut, commedans la méthode des gradius renversés, tantôt de haut enbas, comme dans la méthode des gradins droits.
Dans la méthode par gradins renversés (Hg. 1842), oùP P est un puits ou cheminée qui limite le massif Y,
et RR la galerie d’allongement inférieure, chaque gra-din a de 4'“,50 à 2'" de hauteur sur 3“ environ de lon-gueur, et n’occupe généralement qu’un ouvrier ; chaqueouvrier remblaie derrière lui avec les débris stériles del’exploitation, et c’est sur ces remblais que s’élèvent lesouvriers qui le suivent. On ménage de distance en dis-tance, au milieu des déblais et suivant l’inclinaison, descheminées pour jeter les minerais dans la galerie deroulage inférieure.
Dans la méthode par gradins droits (Hg. 1843), lemassif est attaqué en descendant, de telle sorte que lefront de la taille présento la forme d’un escalier droit.Les ouvriers remblaient derrière eux sur des planchersétablis à cet effet, et ménagent au milieu des remblaisdes voies de roulage horizontales pour le transport des
1843.
minerais. Ce mode d’exploitation exige donc une dé-pense en boisage beaucoup plus grande que celui pargradins renversés; aussi ce dernier est-il généralementpréféré comme plus économique, dans l’exploitation desfilons métalliques inclinés de 45 à 90° sur l’horizon.
La fig. 4844 donne la vue perspective d’une grandetaille par gradins droits, dans une roche dont la soliditépermet de se passer de remblais, comme dans beauconpde mines de sel gemme, et de carrières de pierres etd’ardoises.
Quelquefois les couches sont très peu inclinées, commeon le voit dans le schiste cuivreux du Mansfeld (fi-gure 4845; 4 2, est la couche de schiste cuivreux),et dans son prolongement dans la Hesse, à Riechelsdorf(Kg. 4846; 40, est ia couche de schiste cuivreux) ; alorson atteint le pied de la couche que l’on veut exploiter,soit par un puits vertical, soit par une galerie à traversbancs, suivant que cette partie est peu inclinée outresinclinée sur l’horizon : puis on exécute dans le gîte uuegalerie d’allongement, à laquelle on donneune hauteur suffisante pour le roulage ; ondivise ensuite la partie de la couche en amontde cette galerie en massifs rectangulaires ourhomboïdaux, par deux systèmes de galeries,dont les unes sont horizontales et suivent ladirection du gîte, et dont les autres sont per-pendiculaires ou obliques aux premières, selonla pente du gîte, de manière à ce que lesminerais jetés dans ces dernières galeriespuissent arriver d’eux-mêmes à ia galerie ho-rizontale inférieure. On exploite les massifsainsi obtenus par une série d’ouvriers placésen retraite les uns au-dessus des autres, defaçon que si on relevait le front de la tailledans lin plan vertical, il présentât la formede gradins renversés.
Les couches de houille peu épaisses des environs deValenciennes et de Mons sont exploitées par la mêmeméthode (Hg. 4847V On ouvre successivement, dans lapartie de couche à abattre, une série de tailles ou gra-dins de 2 à 4” de large à côté les uns des autres, et onplace un ou deux ouvriers devant chaque gradin. Tan-tôt on ménage des galeries de roulage à travers lesremblais, tantôt on remblaie entièrement l’espace ex-cavé, sauf la partie où se tiennent les ouvriers et la
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