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MINIUM.

MINIUM.

plomb dont la source lui serait connue , le fabricant pour-rait oxyder dans un tét d’argile quelques grammes dece métal et traiter le résultat par l’ammoniaque enexcès ; si la couleur bleuâtre était trop intense , leplomb devrait être rejeté comme étant trop cuivreux.

Pour un fourneau; des dimensions indiquées précé-demment, on emploie 300 kilog. de plomb. On com-mence par y introduire les deux tiers environ de lamasse qu’on veut tràiter ; puis quand la fusion en a étéopérée, on ajoute le tiers restaut.

Dès que le plomb est fondu, on l’agite continuelle-ment avec une sorte de long râteau en fer (fig 4859 et4 860), dont le manche appuie sur le crochet d’une chaînesuspendue devant l’embouchure du four. A mesure quele plomb s’oxyde, on repousse le résultat de cette oxy-

dation, avec le plein du râteau, au fond du fourneau ;on agite de nouveau le plomb fondu, l’on repousseencore l’oxyde, et ainsi de suite pendant environ5 heures. Pendant la calcination, il faut avoir soin dene pas chauffer trop fortement, on s’exposerait à fon-dre l’oxyde qu’on a préparé : il faut seulement main-tenir le feu. En outre, il est utile de laisser ouvertesles portes des chauffes, afin que l’air puisse entrer li-brement et venir oxyder le plomb.

Quelque bien conduite que soit la calcination, il ar-rive un moment où une certaine quantité de métalassez petite, il est vrai, refuse de s’oxyder, ou dumoins s’oxyde avec une difficulté très grande ; il est alorsbeaucoup plus sage de recueillir dans une petite cu-vette ménagée dans la sole, tout près de l’ouverture dufourneau, les parties liquides qui se refusent à l’oxy-dation. On les retire de là avec une cuillère à projec-tion, mi en forme un lingot qui sera joint le lendemainau plomb qu’on introduira dans le fourneau.

On ramène alors et l’on étend uniformément sur lasole tout l’oxyde qu’on avait refoulé vers le fond dufourneau. On le retourne au moyen d’un ringard(fig. C), on trace dtr nouveaux sillons, et ainsi de suitejusqu’à la fin de la journée. Cette opération a pour butd’oxyder les particules de plomb qui ont pu échapperà l’action oxydante de l’air.

Le plomb, par suite de cette manipulation, est passéà l’état de protoxyde ou massicot , mais ses particulesgrossières ont besoin d’être divisées pour s’unir à unenouvelle quantité d’oxygène et pouvoir ainsi se con-vertir en minium. Le broyage atteint ce but.

On retire l’oxyde du four avec une longue pelle defer, et on le fait tomber dans de grands seaux de boismunis d’anses de fer pour la commodité du transport.Comme la température de l’oxyde est très élevée, quoi-qu’on ne le retire du leur que 4 2 heures après l’avoirpréparé, il est nécessaire, pour la commodité des ma-nipulations qui vont suivre, de jeter sur le contenu deces seaux une certaine quantité d’eau. On les porteensuite au moulin où l’oxyde doit être broyé. Ce mou-lin est semblable à celui dont on se sert pour broyer lecarbonate de plomb ou céruse. Il se compose d’une Unerenfermant deux meules, l’une fixe, l’autre mobile;

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une sorte d’entonnoir permet d’introduire la matièrojaune imbibée d’eau, ainsi que l’eau nécessaire pour labroyer. Les meules sont en grès ou en lave de Wolvic;elles ont 0“,90 de diamètre et 0“,30 d’épaisseur. Unepaire de meules peut broyer par jour 300 kilog. dematière.

La tine est disposée de manière que l’on peut rece-voir le résultat du broyage, et le faire passer sous lameule une deuxième et même une troisième fois si lachose est nécessaire.

Au sortir du moulin, on doit soumettre la produitdu broyage à l’opération du tamisage, qui a pour but

de séparer de lamasse d’oxyde lesparties de plombqui ont pu échap-per à l'oxydation.Cette opération exi-ge deux tonneauxdéfoncés, sur l’undesquels on a placédeux tringles de ferqui permettent àl’ouvrier d’impri-mer au tamis qu’el-les supportent unmouvement de va-et-vient. Ce tamisest formé par untissu métallique trèsserré (toile n° 60).L’ouvrier prend l’o-xyde broyé en sus-pension dans l’eau,.

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le verse sur son tamis, et, par une agitation modérée, faci-lite le passage de la matière à travers la toile métallique^Quand tout a été tamisé, on décante les parties li-quides en ayant toutefois soin de verser l’eau de cettedécantation dans un autre tonneau où elle déposera leminium qu’elle tient en suspension.

L’opération du tamisage n’enlève pas cependant ton*le plomb métallique que le massicot contenait ; si l’unveut obtenir un bon minium, il faut laver le produitdu tamisage. Pour cela, on a un large baquet danslequel est placé un agitateur composé d’une roue auxjantes de laquelle sont fixées des palettes de bois ; cebaquet est muni de deux robinets placés à des hau-teurs différentes; on.y verse le produit du tamisage*on l’agite en tournant la roue ; puis on ouvre le robinetsupérieur qui laisse écouler le liquide dans une- cuvelleplacée au-dessous. On transvase l’eau de la cuvelledans un second baquet où elle dépose. On déboucheensuite le robinet inférieur du baquet agitateur ; Peauqui s’écoule est traitée comme la première. On prendalors le dépôt qui s’est fait dans la cuvelle, on en rem-plit à moitié une bassine qu’on tient des deux mains etqu’on porte dans le baquet où tm l’agite, de manièreque la plus fine se mêle à l’eau et se précipite à mesuredans le fond, tandis que la plus pesante, qui est cellequi n’a pas été divisée au moulin, reste dans la bas-sine. Le déchet qu’on obtient est joint à celui du tami-sage pour être calciné de nouveau. Le minium qu'onobtient en oxydant ces résidus est même le meilleurqu’on puisse employer pour la fabrication des cristaux ;en effet, le minium du premier lavage contient tous lesmétaux plus oxydables que le plomb.

Lorsque le lavage est fait, on laisse précipiter aufond du tonneau la matière très divisée qui est sus-pendue dans Peau ; on décante l’eau qu’on remet dansle premier baquet, on retire le dépôt qu’on place dansdes terrines de terre cuite. On porte ces terrines dansl’étuve dont nous avons parlé; et on les y laisse jusqu’àce que la dessiccation de L’oxyde soit complète.