La composition des chaux hydrauliques naturellesétant connue, on essaya d’obtenir, par des mélanges di-rects des composés analogues. M. Vieat publia avec unnoble désintéressement ses découvertes, et, sur ses indi-cations, M. de Saint-Léger monta, près de Paris , unefabrique de chaux artificielle. Cette industrie est aujour-d’hui parfaitement connue. Nous reviendrons plus loinsur les détails de cette fabrication, que nous ferons con-naître avec soin.
Nous venons de voir que l’hydraulicité des chaux dé-pend de leur composition. Quand on doit fabriquer de lachaux hydraulique il importe, par conséquent, de pou-voir déterminer d’avance la nature des calcaires donton peut disposer. Nous allons décrire les procédés em-ployés pour l’essai des chaux et des calcaires. Ces expé-riences sont très simples, on peut les exécuter, ensuivant la marche que nous allons indiquer, sans con-naissances préalables en chimie. Nous ne saurions assezengager les fabricants à se familiariser avec leur emploi.
Les<;alcaires que l’on doit analyser peuvent contenir,en général, de la chaux, de la magnésie, de l’oxyde defer et de l’argile. On reconnaît et on sépare ces diffé-reuts corps de la manière suivante. Onpèse2ou 3gram.de l’échantillon donné et on verse dessus, dans un petitverre, de l’acide hydrochlorique étendu à peu près deson poids d’eau. Une effervescence plus ou moins vivese manifeste aussitôt, l’acide carbonique qui se trouvaitdans le calcaire se dégage à l’état de gaz, et la chaux,la magnésie et l’oxyde de fer se dissolvent dans l’acide.Si le calcaire est pur il se dissout entièrement, s’il ren-ferme de l’argile elle se dépose au fond du vase. Quandl’addition d’une petite quantité d’acide ne produit plusd’effervescence, on verse sur un filtre la liqueur et ledépôt d’argile; on lave ce dernier avec de leau, on lesèche et on le pèse. Cet essai, bien simple, indique déjàla proportion d’argile contenue dans le calcaire et donneune indication importante sur les propriétés hydrauli-ques de la chaux qu’il produirait. L’examen attentif del’argile suffit pour faire recounaître si ellecontient du sable en grains isolés. Si l’ef-fervescenoe a été très vive on est presqueassuré que le calcaire ne contient pas demagnésie, et qu’il fournira une chaux d’au-tant plus hydraulique que la proportiond’argile sera plus considérable. Avec unpeu d’habitude, en prenant pour termes decomparaison des calcaires connus ; on peutregarder comme un renseignement suffi-sant l’essai que nous venons d’indiquer.
Mais si ou veut connaître complètement lacomposition du calcaire on continue l’opé-ration comme nous allons l’expliquer. Onverse dans la liqueur filtrée, qui renfermela chaux, etc., un peu d’ammoniaque. S’ilse forme un trouble, on ajoute un peu d'a-cide hydrochlorique, puis de l’ammonia-que, qui alors laisse à la liqueur toute satransparence, à moins que le calcaire pro-posé ne renferme de l’oxyde de fer quise dépose alors en flocons rougeâtres; on les re-cueille sur un petit filtre, on les lave et on les pèseaprès les avoir séchés. On ajoute daâs le liquide filtréde l’oxalate d’ammoniaque. Il se forme alors un dépôtblanc d’oxalate de chaux ; après une nuit de repos on lerecueille sur un filtre, on le sèche et on îe calcine dansune petite capsule de platine. Le produit de la calcina-tion est du carbonate de chaux qu'il ne reste plus qu'àpeser. Enfin, on fait bouillir avec du carbonate de potasse la liqueur séparée par la filtration, de l’oxalate dechaux, et il se précipite du carbonate de magnésie enpoudre blanche, quand le calcaire proposé en renfermait.On le recueille sur un filtre, on le calcine et on le pèse,ï/analyse d’une chaux donnée est un peu plus com-
pliquée que celle d’un calcaire ; voici comment on doitopérer. On verse de l’acide hydrochlorique sur quel-ques grammes de chaux. La dissolution se fait ordinai-rement d’une manière complète. S’il y a un résidu on lesépare par le filtre, puis on évapore à siccité la liqueurfiltrée. On reprend la masse par l’eau acidulée qui laissela silice et dissout tous les autres produits. On recueillela silice sur un filtre, puis on verse de l’ammoniaquedans la liqueur filtrée. L’alumine et l’oxyde de fer seprécipitent, on les recueille sur un filtre, et, après avoirbien lavé ce précipité on le sèche et ou le pèse. Nousn’avons pas besoin de dire ici nomment on sépare cesdeux corps, l’oxyde de fer étant en général eu fort pe-tite quantité. On obtient enfin la chaux et la magnésiecomme nous l’avons indiqué en parlant de l’analysed’un calcaire.
Nous ne sommes pas entrés dans la description detoutes les précautions à employer pour rendre parfaite-ment exacts les procédés dont nous venons de parler.Ce que nous avons dit suffit dans la pratique des re-cherches. C’est aux traités d’analyses chimiques que l’ondoit demanda de plus grands détails. La méthode d’a-nalyse que nous venons d’exposer est très simple, elleexige cependant des pesée*, des lavages, etc., qui em-ploient un certain temps ; nous espérons publier bientôtun procédé qui évitera toutes ces opérations et permettrad’essayer une dixaine de calcaires en une heure.
L’analyse chimique convenablement exécutée peutconduire à des résultats certains ; cependant nous en-gagerons toujours à soumettre à la cuisson une certainequantité des pierres qui ont paru propres à fournir debonnes chaux.
On ne doit pas' essayer de calciner les échantillonsdanâ un creuset. Cette opération s’exécute difficilementet donne des indications trop différentes des résultatspratiques. Nous ne saurions trop recommander l’emploid’un petit fourneau, dont les fig. 1873, 1874 et 1875indiquent suffisamment la construction. On introduit
1874.
1875.
la pierre à chaux sutla grille g , par l'ouver-ture e, et on fait dufeu avec de la houille,du coke ou du charbonde bois sur la grille G.
Une clef, placée dansle tuyau de tôle t, quisurmonte le fourneau,permet d’activer ou demodérer à volonté latempérature. En cina
ou six heures on peut cuire une quantité de chaux suf-fisante pour fabriaucr du mortier par le procédé mêm*
1873.