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MORTIER .

MORTIER .

qui doit être employé. L’expérience ainsi faite ne laisseaucun doute sur la nature des mortiers obtenus.

La chemise intérieure de ce fourneau est en briquesréfractaires et enveloppée d’une maçonnerie grossière.L’espace vide e ménagé dans cette enveloppe formeune petite étuve fort commode pour sécher des filtreset faire différents essais.

La marche à suivre dans la recherche des pierres àchaux est maintenant suffisamment tracée. On ferad’abord des essais chimiques ; les meilleurs échantillons,indiqués par ces premières expériences, seront soumisà l’épreuve du petit fourneau ; et enfin, on choisiraparmi ces derniers les pierres qui pourront être sou-mises au traitement en grand.

Cuisson de la chaux. Nous avons dit que l’on obtientla chaux, en chassant, par l’action de la chaleur,l’acide carbonique renfermé dans les pierres calcaires.Nous allons maintenant nous occuper de cette opéra-tion. La consommation de chaux pour l’agriculture etles constructions est énorme; il importe d'étudier avecsoin le prix de revient de cette, fabrication par les diffé-rents procédés généralement employés.

On a déjà donné (page 765) la description d’un fourà chaux à feu continu et à flamme renversée pourl’emploi de la tourbe. Nous ne reviendrons pas sur cemode de cuisson, mais nous en avons plusieurs autres àfaire connaître.

4° Cuisson en tas. Quand on est obligé de cuire enpeu de temps de grandes quantités de chaux, il seraitsouvent difficile et toujours coûteux d’établir un nom-bre convenable de fours. On peut alors employer laméthode des chaufourniers du pays de Galles : ils dis-posent des tas de calcaire mêlé de houille ; ils lesrecouvrent de gazon, et dirigent l’opération, commes’il s’agissait de faire du charbon de bois, en évitant lescourants d’air et modëraut le tirage suivant l’intensitéde la combustion. Cette méthode n’exigeant pas de fraisd’établissement peut être très économique, quand il nes’agit que d’une fabrication temporaire.

2° Fours intermittents. Dans les fours de cette espèce,le combustible et la pierre sont chargés séparément.On peut d’ailleurs brûler de la tourbe, de la houille oudu bois. La disposition deces appareils varie peu ;c’est une cavité (figu-re 4876 ) généralementovoïde, dans laquelle ondispose le calcaire, enfonnant avec les plus grosmorceaux, a la partie in-férieure, une espèce dovoûte sous laquelle on al-lume le feu. Quand lachaux est cuite, on lalaisse refroidir ; puis ondéfourne la pierre pour recommencer une nouvelle opéra-tion. La main-d’œuvre et la consommation de combus-tible sont considérables avec ce genre de fours. Chaouecuisson dure trois à quatre jours ; on consomme enmoyenne 4 ,60 à 1,80 stères de bois par mètre cube dechaux, ou une quautité équivalente de fagots.

La température est très inégalement répartie dansles tours dont nous venons de parler. M. Petot, qui apublié un ouvrage intéressant sur la chaufournerie,propose d adopter des fours à plusieurs compartiments,comme celui de la figure 4877; les différentes cour-bures adoptées sont le résultat de considérations théori-ques vérifiées par l'expérience. Le foyer principal estplacé à la partie inférieure de la première capacité: unsecond foyer se trouve ménagé au bas de la capacitésupérieure. Cette disposition produit une économie docombustible d’un cinquième environ. Cette forme par-ticulier- produit surtout d’excellents résultats, quand

4876.

4877.

on peut utiliser pour la cuisson de la brique le com-partiment supérieur. Les deux compartiments se rac-cordent alors (fig. 4878)par nue surface continue,et ne sont séparés que parune légère voûte à claire-voie.

M. Vicat, dont on re-trouve le nom dans toutesles questions relativesaux mortiers, a proposépour la cuisson de lachaux des fours à com-partiments (fig. 4879 et4880). On allumait le feudans le compartimenta,je suppose; puis on allu-mait le compartiment 6,et on laissait éteindre lepremier; enfin, on mettaitle feu dans le troisième foyer, quaud on jugeait à proposde ne plus entretenir le second. Il résultait de*;ette dispo-sition que la chaux qui était exposée le plus à l’actiondu feu, n’y restait sou-mise que le tiers du temps,tan<l;s que la chaux éloi-gnée des foyers recevaitla chaleur pendant toutle temps de l’opération.Cette forme de four n’esttoutefois que rarementempl -yé.?.

3° Fours à feu continu.Dans ce dernier genred’appareil, on charged’une manière continuela pierre à chaux et lecombustible à la partiesupérieure, et on retirede la chaux cuite à la par-tie inférieure. L’écono-mie de combustible produite par cette méthode est assezconsidérable, puisque le four ne se refroidit jamais; etd’ailleurs, avec une bonne disposition du four, la chauxsort presque froide ; de sorte qu’elle restitue à la pierreà calciner toute la clial'-uri 8S0» qu’elle avait empruntée.

Les fours de dimensionsordinaires fournissent fa-cilement 48 a 22 mètrescufces de chaux par jour.Avec quelques-uns de cesappareils, on peut parconséquent fournir à laconsommation du chan-tier le plus considérable.Quelques inconvénientsse trouvent cependant àcôté des nombreux avan-tages que nous venons designaler. Les fours à feucontinu fournissent prea*que toujours un assezgrand nombre de biscuits,4879. et la cendre du combus-

tible, en restant mêlée kla chaux, altère les qualités de quelques fragments. Cesinconvénients seraient facilement évités par l’emploi defours à flammes renversées. Les essais, dans ce sens,n’ont pas été malheureusement assez multipliés.

Les formes des fours à feu continu sont excessive-ment variées ; il serait inutile de les faire connaîtretoutes. Nous donnerons seulement le profil d’un four à