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MORTIER .

la houille à feu continu (ttg. 1881) fortement recom-mandé par M. Vicat, et le dessin, en coupe et en éléva-tion (fig. 1882 et 1883), d’un four dont nous avons puapprécier les bons résultats. La chaux repose sur unegrille formée de quel-ques barres de fer ;on la fait tomber enretirant une des bar-res, quand cela estnécessaire. Les gril-les employées dansles fours à chauxfacilitent l’introduc-tion de l’air si né-cessaire à la calci-nation : elles sontd’une véritable uti-lité. La consommation de houille varie avec la naturedu calcaire et la disposition de l’appareil dans des limitesfort étendues, depuis deux jusqu’à cinq hectolitres parmètre cube de chaux.

Quelle que soit la méthode employée pour cuire lachaux, on a remarqué que l'introduction de la vapeur

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1882.

d’eau et le passage d’une masse d’air considérable dansle four facilitent le dégagement de l’acide carbonique.Les pierres tendres et poreuses se cuisent plus facile-ment que les pierres compactes. Le calcaire récemmentextrait et encore humide se décompose plus vite que

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celui qui est depuis longtemps exposé à l’air. Quand onn’a que des pierres extraites depuis longtemps, il fautles arroser d’eau avant de les charger dans le four. Leschaufourniers ont fait, depuis longtemps, une remarquequi, pour n’être pas encore bien expliquée, n’est pasmoins réelle. La voici : quand la température d’un fourà chaux vient à diminuer notablement avant qne lacuisson ne soit complète, il est presque impossible en-suite , quelle que soit la température employée, de

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chasser le reste de l'acide carbonique pour terminerl’opération.

Quand on se trouve obligé d’arrêter momentanémentla marche d’un four à feu contina, il faut donc bouchersoigneusement toutes les ouvertures, étouffer le feu.comme disent les ouvriers, et s’opposer, par tous lesmoyens possibles, à la diminution de la température dela masse.

La température à laquelle on cuit la chaux grasse estpeu importante ; un excès de température n’altère passes propriétés. Il n’en est pas de même des chaux hy-drauliques : il faut une grande habileté pour arriverà une cuisson parfaite. On doit, en effet, chasser toutl’acide carbonique, mais arrêter à temps la chaleur;car une température trop élevée fait éprouver un com-mencement de fusion aux éléments des chaux hydrau-liques, et détruit complètement toutes leurs propriétésutiles.

Fabrication de la chauœ hydraulique artificielle. D’a-près ce que nous avons dit sur la composition de lachaux hydraulique, on comprend qu’il suffit de combi-ner de l’argile à de la chaux grasse pour la transformereu chaux hydraulique. La chaux hydraulique artifi-cielle peut se préparer par deux méthodes différentes.On distingue, en effet, la chaux hydraulique de pre-mière cuisson et la chaux hydraulique de seconde cuisson.La première est un peu plus économique; la secondeparaît un peu meilleure. Quand on peut disposer decalcaires très tendres, de craie par exemple, on lesréduit en bouillie, et on les mélange parfaitement à unequantité convenable d’argile au moyen de l’eau et del’action des meules verticales ; on laisse un peu sécherle mélange; et quand il a acquis la consistance conve-nable, on le moule en briquettes que l’on fait cuire parles moyens ordinaires. Ce procédé est suivi dans la fa-brique de M. de Saint-Léger établie près de Paris . Lacraie de Meudon est mélangée avec 14,3 pom 100 en-viron d’argile de Vanvres. On délaie les matières dansl’eau, et ou les soumet à l’action des meules verticalestournant dans une auge circulaire. La bouillie claire,résultant de cette opération, est transportée dans desbassins en maçonnerie; les terres se déposent, et l'eauen excès s’écoule. Quand la pâte est convenablementdurcie, on la moule eu briquettes que l’on cuit avecprécaution.

La chaux de M. de Saint-Léger, ainsi préparée,renferme :

Chaux. . . .Argile . . .Oxyde de fer

J silice.15,861

) alumine. . . . 7,93 |

74,6

23,8

1,6

100,0

Elle se dissout complètement dans les acides, et foi-sonne de 0,65 de son volume ; elle se vend à Paris 60 francs le mètre cube. C’est beaucoup moins cherque les chaux hydrauliques naturelles que l’on peutavoir à Paris ; mais c’est encore un prix élevé. On afabriqué, pour les travaux de la navigation de l’Oise,des chaux hydrauliques artificielles qui ne revenaientqu’à 20 francs le mètre cube.

Nous devons appeler l’attention des constructeurs smune fabrication peu connue jusqu’à présent, mais qui atoujours donné d’excellents résultats à ceux qui 1 ontemployée. Les marnes sont, comme on sait, des mé-langes d’argile et de calcaire en proportions très diffé-rentes. Il suffit d’ajouter tantôt de l’argile, mais plussouvent do la chaux, pour obtenir un mélange conte-nant 20 parties d’argile pour 140 de calcaire. Lesmarnes se délaient facilement dans l’eau ; de sorte quele mélange intime des corps employés s’obtient presquesans frais. Quand la pâte est devenue assez ferme par la