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MORTIER .

MORTIER .

d'usage. Après la cuisson, on le réduit en poudre aumoyen de meules verticales et on l’expédie dans destonneaux bien fermés.

Il existe près de Boulogne des falaises composées debancs d’argile mêlée de galets tout à fait semblablesau calcaire à ciment d’Angleterre. On a fabriqué avecces galets du plâtre-ciment qui ne différait en rien decelui de Parker. Il renfermait :

Chaux.56

Argile.31

Oxyde de fer.43

400

M. Lacordaire a découvert à Pouilly des amas consi-dérables d’un calcaire qui fournit un ciment supérieurà certains égards au ciment anglais . La couleur foncéede ces différents ciments rendait leur emploi impos-sible pour le ragréement des maçonneries en pierresblanches. On commence à trouver en grande quantitédans le commerce un ciment de Vassy , qui est d’unecouleur presque blanche et qui jouit des mêmes pro-priétés que les ciments dont nous venons de parler.On l’emploie avec avantage pour restaurer les pierresépaufrées, etc.

Les ciments calcaires sont d’un emploi continueldans les travaux hydrauliques de toute nature. Ilssont surtout précieux dans les travaux à la mer ; s’ils’agit, par exemple, de mettre à l’abri des vagues unepartie de maçonnerie construite à la hâte pendant labasse mer, on applique une couche de ciment quiempêche le délayage des mortiers, frais et leur donnele temps de faire prise. Dans une grande fouille, unosource inonde les travaux, les épuisements ne peuventla surmonter ; avec le ciment on peut presque toujoursla vaincre. On la réunit en un point ; on élève rapi-dement autour de sa sortie une petite tour en briquescimentées, dans laquelle l’eau s'élève bientôt assezpour faire équilibre à la force jaillissante de la source.On Jette alors au fond de cette espèce de puits quel-ques blocs de ciment qui ferment l’ouverture. Aprèsquelques heures, on peut démolir l’ouvrage en briques,la source est emprisonnée pour toujours.

L’application des ciments est assez délicate et exercela plus grande influeuce sur les résultats qu’ils pré*sentent. On doit les gâcher en consistance convenableet en petites quantités à la fois, et les appliquer en lespressant fortement et appliquant toujours une couchesur une autre encore fraîche sans jamais interromprele travail. Quand on opère sur des matériaux secs, ilfaut, avant d’appliquer le ciment, les nettoyer soi-gneusement, et les mouiller d’une manière complèteen les arrosant avec le jet d’une pompe à incendie ouà arrosage.

Nous avons vu que l’on peut fabriquer de la chauxhydraulique artificielle en mélangeant les élémentsque l’analyse nous lait découvrir dans les chaux hy-drauliques naturelles. Peut-on de même former desciments en cuisant des calcaires avec 30 ou 35 p. 400d’argile? Jusqu’à présent les mélanges ainsi com-posés ont fourni des composés très hydrauliques, mais,il faut le dire, différents des ciments naturels et inca-pables de les remplacer. La composition n’influe passeule sur la promptitude de la prise et la dureté ducomposé; l’état d’agrégation du calcaire doit jouer unrôle important, et il est impossible, par les procédéshabituellement suivis, de donner aux mélanges la du-reté, et surtout la densité considérable que présententles calcaires qui fournissent maintenant les ciments.Cependant la préparation artificielle des ciments estprobablement un. problème que l’industrie finira parrésoudre. Quelques essais en petit me portent même àcroire que la solution est assez facile. Du reste, lescalcaires de toute espèce sont si abondants dans la na-

ture qu’il y a lieu d’espérer que des recherches entre-prises pour trouver des pierres à ciment seront dansbeaucoup de localités couronnées d’un plein succès.Dans les terrains des marnes irisées dii départementde Saône-et-Loire , on a trouvé des calcaires qui don-naient d’excellents ciments. Malheureusement il yavait des échantillons riches en magnésie que l’on nepouvait pas distinguer pour les séparer, et les por-tions de ciment qui les renfermaient ont présenté defâcheux résultats qui ont fait rejeter ce produit par lesconstructeurs.

§ 3. sable. Les sables sont les substances que l’onmélange le plus habituellement à la chaux pour for-mer les mortiers. Nous examinerons plus loin quelest le rôle du sable dans les mortiers, nous ne voulonsindiquer maintenant que les qualités qu’il doit pré-senter.

Les sables proviennent de la désagrégation des ro-ches granitiques, basaltiques, quarzeuses, etc. Ils ren-ferment les mêmes éléments que les roches qui leuront donné naissance. On distingue les sables des pous-sières en ce qu’ils se précipitent sur-le-champ quandon les agite dans une eau limpide, et cela sans en alté-rer sensiblement la transparence.

Les roches en se désagrégeant produisent souventdes poussières qui restent mélangées avec les sablesformés en même temps et les rendent gras , c’est-à-diresusceptibles d’acquérir une certaine consistance lors-qu’on les détrempe avec de l’eau.

La pureté des sables entraînés par les rivières estsouvent altérée par le mélange de substances terreusesqui les rendent limoneux . On doit éviter dans la fa-brication des mortiers les sables ainsi mélangés.

Le sable entraîné par les rivières n’est pas le seulemployé dans les constructions. On rencontre souventde grandes masses de sable là où ne coulent plus au-jourd’hui ni ruisseaux ni rivières. Ce sont les sablesfossiles. Ils offrent en général des grains plus anguleuxque le sable de mer ou de rivière. Il faut bien lesdistinguer des sables vierges produits par des causesencore agissant aujourd’hui, et qui se trouvent, parexemple, au pied de certaines montagnes granitiques.

On trouve très peu de sables calcaires ; les roches decette nature sont trop tendres pour se réduire en sable,elles ne fournissent que des poussières. Aussi la Marne,qui prend sa source et qui coule presque toujours dansdes terrains calcaires, ne roule-t elle qu’un limonvaseux.

Les auteurs engagent en général à éviter l’emploi dîtsable de mer. Ce couseil ne doit pas être pris à la lettre.On doit certainement éviter l’emploi des sables impré-gnés de sels déliquescents ; mais toutes les fois que l’ontrouve sur les bords de la mer des graviers, ou mêmedes sables fins souvent lavés ou que l’on peut laisserexposés à l’air et à la pluie pendant quelque temps, leurusage ne peut présenter aucun inconvénient, et nous lesavons vu souvent employer avec succès pour des tra-vaux importants* Nous avons vu démolir, en Bretagne ,une vieille jetée dont la construction remontait à uneépoque fort reculée ; le mortier était encore excellent, etnous avons pu reconnaître que le sable qui le formait avaitété pris sur la grève : car il ressemblait parfaitement àcelui que Ton y trouve encore aujourd’hui. D’ailleurs ileût été impossible de le prendre à une autre source ;car les environs étaient tout-à-fait dépourvus de gra-vières.

Les sables quarzeux purs ne sont pas attaqués parles acides. La chaux est aussi sans action chimique surles sables purs. M. Berthault a démontré que l’on peutretirer d’un mortier tout le sable qu'il renferme et qu’iln’a ni perdu de son poids ni subi aucune altération parsou long contact avec la chaux. Le sable ne donne pasà la chaux la propriété de prendre sous l’eau ; c’est sous