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MOUTON.

MOUTON.

tons qu’on entretient sur les plateaux calcaires qui s’é- 1tendent, presque sans discontinuer, des rives du Gard jusqu’à Sainte-Aflïique, et se dirigent ensuite vers lenord jusqu’à Mende. Le Gévaudan forme une grandepartie de ce pays. Nous les trouvons du côté de Ganges,de Bédarieux, de Saint-Pont, de Lodève, de Milhau , deSéverac, de Florac , jusqu’à la montagne appelée Palais-du-Roi. Vers le sud, ils s’étendent jusqu’aux moutonsroussillonnais, avec lesquels ils ont de l’analogie. Nouspouvons appeler type les animaux de forte taille, ra-massés, à laine longue peu chargée do suint, des pla-teaux du Larzac et du Gévaudan .

Les troupeaux des Cévennes ont été toujours fortestimés pour leur viande. « Les moutons gras de laplaine de Ganges en Languedoc , disait il y a un sièclebientôt Carlier, sont d’un prix bien supérieur à ceuxdu Riverai et de la Solanque (partie du Roussillon oùl’on produit des moutons de pré salé) par leur goûtdélicat qui est le mérite do leur chair, et la fait recher-cher comme un mets rare et exquis. »

Ces animaux n'ont rien perdu de leur ancienne re-nommée, et ceux de quelques autres parties des Cé-vennes peuvent leur être comparés quand ils ont étébien engraisses : on trouve dans le Midi , et la meil-leure, et la plus mauvaise viande de mouton : la plusmauvaise, parce qu’on laisse trop vieillir les brebis etqu’on ne les engraisse jamais suffisamment.

Dans les Cévennes, la laine jadis renommée a rela-tivement moins de valeur de nos jours. La grande amé-lioration opérée par les mérinos sur nos moutons nes’est pas fait sentir dans ce pays, qui serait suscepti-ble cependant de produire de belles toisons ; mais leshabitants sentent peu l’importance d’améliorer leurstroupeaux à ce point de vue. Comme ils tireut un grandprofit du lait, ils craindraient d’altérer les qualitéslaitières de leurs brebis en alliant leur race avec unerace étrangère : le lait, dans les environs de Milhau , deSainte-Affrique, etc., sert à confectionner le fromage sijustement estimé de Roquefort. D’ailleurs les mérinosexigent une nourriture plus copieuse que celle fourniepar les plateaux calcaires du Gévaudan et du Larzac;aussi plusieurs cultivateurs, qui avaient essayé l’amé-lioration par le sang espagnol , ont-ils été sans imi-tateurs.

Moutons du Rouergue . Divisés en moutons du Causseou des pays calcaires; et en moutons du Segala , oudes pays granitiques.

J/ou/on du Causse. Corps long, haut monté sur jam-bes; garrot pointu, côte plate; cuisses minces; têteforte, busquée, sans cornes. Cette race qui descend d’unancien croisement avec celle de la Flandre est dure àl’engrais. Depuis quelques années, elle s’améliore : lescultivateurs recherchent une tête courte, petite, lai-neuse; une charpente moins longue et plus trapue, etobtiennent des moutons plus épais.

Mouton du Ségala., Bocager , petit, tête pointue, laineplus fine, souvent caniche frisée, contient, plus desuint que celle du Causse et rend moins au lavage;race sobre et d’un engraissement facile.

La laine du Rouergue est forte, assez brillante, platemais ayant beaucoup de nerf. Cette laine est travailléeà Lodève, Castres, Mazamet , pour fabriquer des drapspour la troupe. On mêle les deux qualités, ou onmêle celle du Causse avec celle du Roussillon, ou avecde la laine mérine de-qualité secondaire.

L'émigration des troupeaux , qui a si puissammentcontribué à la conservation des mérinos espagnols, estlargemeut pratiquée dans le midi de la France . Lesmoutons passent l’hiver dans les plaine et l’été sur lesmontagnes. Mais ce déplacement, qui ne s’opère qu’a-près des conventions faites par les deux parties, n’a paspour notre agriculture les inconvénients que la trans-humance a eus pour .l'agriculture espagnole.

En France , il est avantageux pour le propriétairedes montagnes comme pour celui du troupeau. Le pre-mier, qui souvent a de très longs hivers à passer etqui ne peut pas récolter de fourrages en été, y trouvele moyen de faire consommer ses pâturages ; l’autrepeut avoir un troupeau considérable relativement àl’étendue de scs terres, à cause de la facilité qu’il a dele nourrir avec économie penduut la saison des séche-resses.

Après avoir vu pratiquer ce système sur les Alpes et les Pyrénées , comme en Auvergne et dans les Cé-venues, nous ne saurions partager l’opinion de ceuxqui le blâment, sous prétexte que les propriétaires de3montagnes auraient plus d’avantages à faire consom-mer leurs herbages par des troupeaux leur apparte-nant.

Sur les très hautes montagnes, il n’est pas possiblede nourrir de nombreux animaux pendant l’hiver; lespropriétaires des pâturages auraient donc à acheterleur cheptel au printemps et à le revendre en au-tomne. Il arriverait souvent que des moutons et desvaches se vendraient moins à la Saint-Martin qu’ilsn’auraient coûté au printemps : les animaux ne paye-raient pas leur estivage.

Si quelquefois, avec le système actuel, les monta-gnes rapportent moins que les troupeaux, combien defois aussi le propriétaire des animaux a-t-il moins deprofit que celui des pâturages?

Comme dans toutes les transactions libres, qui s’exé-cutent depuis longtemps, les chances sont parfaite-ment connues, et les marchés se font le plus souventdans l’intérêt des deux parties.

L’émigration est favorable au point de vue de lasanté et des qualités de la viande : le pâturage sur lesmontagnes pendant l’été conserve les animaux et peutmême les guérir de la pourriture ou arrêter les progrèsde cette maladie, quand elle n’a pas fait trop de ra-vages; les moutons qui émigrent sont estimés pourleur viande dans les contrées où l’émigration est pra-tiquée.

races de l’est. Nos frontières de l’est et dunord-est renferment plusieurs races indigènes , maisde peu d’importance. Les meilleures contrées ont amé-lioré leurs auimaux par le sang mérinos. Nous men-tionnerons cependant le mouton de la Bresse , du Bugey ,petit, pourvu de cornes, à laine grosse, souvent brune;les lots de quelques parties de la Franche-Comté et dela Haute-Marne , à tête nue, à laine longue, mal soignésen général, et souvent affectés de la gale ; le moutondes Vosges et de la Lorraine , petit, cornes fortes; lainedroite, souvent brune; Vardennais à corps petit, peulaineux, souvent à laine rousse, qu’on remplace deplus en plus par le mérinos; enfin le champenois.

La Champagne est une des provinces les plus inté-ressantes à étudier au point de vue de la productiondes laines, et nous en parlerons en traitant des laine >fines et des intermédiaires; l’ancienne race ovine upresque complètement disparu; on n’eu trouve plu»que quelques petits lots chez les journaliers, dans lesplaines crayeuses et stériles du côté de Sommesous,Sompuis, Marigny, etc. ; ils sont de très petite taille,anguleux, à tête assez fine, nue ainsi que les membreset le ventre, et à laine grosse. Les propriétaires de cesanimaux ont peu d’iutérêt à les améliorer, parce qu’ilsconsomment la laine pour leur usage, et que touteressource manque dans une contrée exclusivementcrayeuse.

race du Poitou. Très haut monté sur jambes,long ; garrot assez épais mais dos ensellé ; tète lon-gue, sans cornes, couverte, ainsi que la face infé-rieure de l’encolure, de poil court et lisse; jambesnues; laine dure, longue, mais à mèches peu distiuc-i tes, àloison comme hérissée. Deux variétés.