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MOUTON.

MOUTON.

surtout que vers le sud, surles plateaux calcaires deGap.

Dans la Drôme et les Hautes-Alpes , la stratificationde la marne et du carbonate de chaux forme des val-lées qui fournissent, même là où le sol est trop crétacépour être fertile, de l’herbo excellente pour le mou-ton : on y conduit, pour les y engraisser en été, destroupeaux des plaines du Rhône, du Vivarais , du Ve-lay et même du Rouergue et du Quercy.

MOUTON8 FRANÇAIS A LAINE COMMUNE.

La laine des races comprises dans cette section sedistinguo en ce qu’elle est, quoique grosse, plus oumoins ondulée, contournée, que la toison est commehérissée à la surface, et que les mèches en sont peudistinctes. Quoiqu’il y ait des individus à laine mau-vaise, on n’en trouve pas qui soient couverts de ce poilgros, dur, lisse, qui caractérise les races de la caté-gorie précédente.

Dans le siècle dernier, la laine de quelques-unes desraces à laine commune était considérée comme trèsbelle, mais la meilleure n’est pas même classée parmiles médiocres depuis l’extension des mérinos et leuremploi au croisement des races indigènes. La lainecommune est propre à faire d’excellents matelas ; elleentre dans la confection des bons tissus du commerce :on la mêle avec des laines étrangères fines, mais sansnerf, pour donner du corps aux étoffes. Nous trouvonsles types de ces races dans le Midi . Elles varient beau-coup par leur taille et leur conformation.

races du midi. Mouton du Roussillon. Nous don-nons ce nom au mouton qui se trouve dans les cou-trées bornées au sud par les Pyrénées , à l’ouest et aunord par les Corbières , les Cévennes et les collines quilimitent le bassin de l’Aude .

Ce mouton descend du mérinos introduit en France par les Maures; depuis, il y a eu plusieurs essais decroisement entre les deux races qui ont contribué àconserver les qualités de la laine dans le mouton rous-sillonnais. Il est de taille moyenne, à toison belle, char-gée de suint, à tête plus ou moins laineuse et généra-ment pourvue de cornes, même dans les femelles.

Le type de cette race se trouve dans quelques val-lées, sur les terrains calcaires des Pyrénées-Orientales et de l’Aude ; les belles variétés sont blanches, mais ily a beaucoup de moutous tigrés, tachés, charbonnéset même d’entièrement bruns, que les petits cultivateurscherchent à conserver pour avoir des laines qui n’aientpas besoin de teinture.

Les plaines des Pyrénées-Orientales, de l’Aude , del’Hérault , offrent des conditions tout à fait favorables àla production des belles laines. C’est à ces conditionsqu’il faut attribuer la conservation des bous moutonsdans ces contrées, quoiqu’on les eût négligés pendantbien longtemps. Carlier observait dans le milieu dusiècle dernier que le mouton des Aspres (plaines desPyrénées-Orientales) et celui de la Clape de Narbonne surpassaient en finesse les races d’Espagne dites ara-gones, andalouses et le cédaient peu aux ségovies.

Quaud, après l’établissement des manufactures, on amieux apprécié les belles laines, on a cherché à releverles races abâtardies du Midi .

En 4800,1e gouvernement introduisit dans une fermedu département des Pyrénées-Orientales 334 brebiset 46 béliers des meilleures races mérinos d’Espagne .Cet établissement fut supprimé, en 4842, malgré lagrande importance des mérinos pour la France , etpour la France méridionale surtout. Plusieurs parti-culiers ont fait des introductions de la même race.

Il y a aujourd’hui dans le Midi des troupeaux nom-breux qui en conservent les qualités. Les cultivateursqui ont tenu à l’ancienne race à cause de sa sobriété,et qui n’ont pas voulu introduire le type mérinos, l’ontcroisé avec les bêtes indigènes. Ainsi se trouvent amé-

liorés la plupart des troupeaux du bassin de l’Aude et de celui du bas Rhône .

Moutons de ta Gironde . Nous mentionnerons ici lesmoutons élevés dans la partie occidentale du grand bausin situé au nord des Pyrénées , quoiqu’ils differentbeaucoup de ceux qui se trouvent à l’est : ils sontmoins fins de laine et ne forment aucune race biendistiucte. Le mouton de Béuvn s'améliore facilementpar le croisement avec le mérinos, écrivait-on dans ledernier siècle.

La société d’agriculture de Bordeaux s’occupe beau -coup depuis plusieurs années de l’introdnction du sanganglais dans les troupeaux indigènes. Les anglo-mé-rinos peuvent être utiles au point de vue des formes etmême du lainage. Ce pays doit au voisiuage de l’O-céan un climat plus favorable que ne semble le compor-ter sa latitude.

Mouton provençal. Cette race, pure ou croisée avecle mérinos, fournit les laines si connues dans le com-merce sous le nom d’artésiennes. M. Lulin de Châteauvieux l’a depuis longtemps signalée à cause de sa lainetassée et longue, précieuse par sa force pour la fabri-cation des draps de soldat. « La viande du mouton pro-vençal est d’une qnnlité rare, dit le même auteur, àcause des plantes salées des bords de la mer, > et del’émigration sur les montagnes pendant l’été, ajoute-rons-nous

La principale variété de cette race se trouve dans lesplaines de la Crau et dans la Camargue . La Crou fournitune herbe fiue, de bonne nature qui, quoique trèspeu abondante, nourrit beaucoup à cause de la natureet de la sécheresse du sol. Dans le delta du Rhône, lesconditions ne sont pas les mêmes, l'humidité y do-mine; mais le voisinage de la mer, le sel contenu dansles plantes en neutralisent les effets en partie.

Dans les plaines éloignées de la mer, la sécheressese fait plus vivement sentir et les animaux sont pluspetits, de même que la laine devient plus grosse à me-sure qu’on s’élève sur les montagnes. Les moutonsd’Istres, de côté d’Aix , les moutons de Verne, desmontagnes du Var , sont inférieurs à ceux des plainesqui avoisinent le Rhône .

Les plaines de la Provence sont admirablement dis-posées pour nourrir des troupeaux pendant l’hiver,pour fournir uue bonne nourriture dans la saison despluies, mais, en été, elles sont desséchées et seraientincapables de soutenir les animaux qui alors pâturentsur les Alpes : les propriétaires des montagnes et ceuxdes plaines se rendent des services réciproques.

Le mérinos a été importé depuis longtemps dans cescontrées si remarquables pour l'entretien des moulonset la production des laines. Nous le trouvons là où desconditions plus favorables de nourriture permettent desatisfaire ses exigences plus grandes. Dans le delta duRhône, dans la Crau , ces conditions s’étendront à me-sure que les assainissements et les irrigations enri-chiront le pays et rendront les cultivateurs moins dé-pendants des influences naturelles.

Mouton du Dauphiné. Les moutons des plaines bas-ses ont la plus gronde analogie avec ceux de la Crau.Nous les trouvons depuis le département de Vaucluse jusqu’au confluent du Guiers; on les regardait ancien-nement comme d’origine espagnole; les plus remar-quables se trouvaient entre Hauterives et Romans, lalaine en était fort estimée et comparée à celle de Sé-govie.

Mais dans le Dauphiné, depuis la Suisse jusqu’à laDrôme , nous trouvons des conditions plus variées quedans la Provence : les plaines rocailleuses, les galetsde la Drôme, du Rhône , sont peu favorables à lapousse des plantes, tandis que les plaines marécageu-» ses de Bourgoin sont insalubres pour le mouton.

, Moutons des Cévennes . Nous appelons ainsi les mou-

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