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MOUTON.

MOUTON.

et par le régime plus substantiel auquel on soumet lestroupeaux. C’est tantôt le caractère mérinos qui do-mine, tantôt le carac'èrc des races françaises , mais gé-néralement le premier. La laine, bonne pour la dra-perie commune, est excellente pour la fabrication d'é-toffes de fantaisie d’une immense consommation.

Les moutons à laine intermédiaire, connus sous lenom de métis-mérinos ou simplement de métis, se rap-prochent de nos races par leur sobriété et leur rusti-cité. Nous en avons qui fournissent de 20 à 30 kilo-grammes de viaude nette et de 4 à 6 kilogrammes delaine; tandis qu'il en est d'autres dont les quatre quar-tiers pèsent à peine de 8 à 12 kilogrammes et la toisonde 4 à 2 kilogrammes.

Dans les boucheries, on place les métis avant lesmérinos, mais après les anciennes races françaises.

mouton beauceron. L'ancienne race de la Beauceet de la Brie a complètement disparu; à peine entrouve-t-on quelques débris dégénérés sur les limitesde ces provinces. Mais tous les troupeaux des grandesexploitations d’Eure-et-Loir , de Seine-et-Oise , deSeine-et-Marne ont été modifiés ou remplacés par lemérinos. C’est un magnifique métis, ayant beaucoupde sang espagnol , qu’on considère de nos jours commemouton beauceron.

Il est à corps trapu, ramassé, peut-être un peu courtet quelquefois enscllé; à garrot trop sorti, à ventre unpeu gros; à tête forte, busquée, à cornes en spirales;u peau lâche et formant des fanons, ou lisse ; à lainecouvrant le ventre, les jambes jusqu'aux onglous, etla tête jusqu’à la bouche; mèche carrée, toison fer-mée, noire à la surface; finesse du brin moyenne, etdu reste variant beaucoup ; la mèche a beaucoup aug-menté en longueur depuis quelques années, et eni) ême temps qu'elle devient longue, les défauts du mé-rinos, les fanons, la grosseur de la tête, le resserrementdes côtes tendent à disparaître.

Ces moutons sont remarquables par leur poids, l’a-bondance et la qualité de leur laine; mais ils sont exi-geants pour la nourriture : les fermiers des environsde Paris , qui achètent au printemps des moutons pourles engraisser et faire parquer leurs terres, préfèrentdes moutons de toute autre provenance.

métis bourguignons. La partie de la Bourgogne qui avoisine la Champagne est riche en bêtes à laine :quoique exposés à la sécheresse pendant l’été, les pla-teaux calcaires des départements de l’Yonne , de laCôte-d’Or sont très propres à l'entretien des moutonsà laines fines. Cependant l’importance donnée à la fa-brication des étoffes rases et la concurrence des étran-gers pour les laines fines, qui coûtent peu de port re-lativement à leur valeur, engagent beaucoup d'éleveursa porter leurs efforts vers la production des gros mou-tons et des fortes toisons.

Quelques personnes regrettent qu’il en soit ainsi,mais en considérant l’immense utilité des belles lainesintermédiaires et la rareté de la viande, nous ne sau-rions partager leurs regrets.

Dans la partie occidentale de la province, nous trou-vons des moutons qui, par leur taille et leurs formes,peuvent être comparés aux briards et aux beaucerons.Les environs de Sens fournissent de forts animaux as-sez recherchés par la boucherie ; les métis de la Bour-gogne font bien, quand iis sont conduits maigres chezles cultivateurs des environs de Paris .

métis champenois. Il est aussi varié que le solqui le nourrit. Dans le commerce, on donne même lenom de champenois à des métis qui viennent du côtéuc Soissons , réservant la dénomination de picards auxanimaux à laine grossière.

Le métis champenois de forte taille et bon de lainen de la ressemblance avec le beauceron. Le corps est(dus élaucé, la toison moins colorée à la surface et la

finesse de la laine plus variée. On remarque souventune tache brune sur la lèvre supérieure.

moutons soissoNNÀis. Dans la Picardie, l’Ile-de-France , les moutons sont plus gros de laine. Ou entrouve cependant dans le Soîssonnais qui diffèrent peude ceux de la Beauce, mais ils sont en général moinsuniformes : dans quelques troupeaux, la laiue ne dif-fère pas de celle des mérinos ; dans d’autres, elle estplus longue, n moins de douceur et la peau est tenduesans fanons. On reconnaît encore les caractères de larace fiandrine dans divers troupeaux au volume ducorps plus élaucé, à la laine plus longue, plus dure,et aux oreilles larges et renversées, sinon pendantes.Quelques lots de ces animaux démoutrent, par leursformes carrées et leur laine longue et assez fine, lapossibilité d’améliorer les moutons artésiens on réunis-sant sur les mêmes animaux une bonne laine intermé-diaire à beaucoup de viande.

L’ancienne race picarde disparaît, se mêle au méri-nos et s’améliore beaucoup, quoique donnant plus grosde laine que le vrai soissonuais. Les métis picards-flamands-inérinos, ont tous de fortes toisons et des mè-ches longues, mais souvent avec trop peu de caractèremérinos. La laiue est forte, résistante, nerveuse, dureet manque de finesse.

moutons de caux. Dans la haute Normandie , leYexin, les métis sont nombreux, souvent fins de laine,et donnent beaucoup de viande; ils se mêleut : à ceuxde la Beauce par le département de l’Eure , à ceux dela Brie par le département de Seine-et-Oise et auxsoissonnais par le département de l’Oise .

métis du centre. La laine du Berry était consi-dérée par les anciens comme de première qualité. Lesgens de condition stipulaient dans les contrats demariage, nous apprennent les Instituts consulaires deJean-Toubeau, qu’on donnerait une robe de drap de finelaine du Berri à la future épouse. Dans quelques trou-peaux, ce produit a éprouvé cependant de grandesaméliorations, par les croisements avec la race mérine.Les métis sont à corps plus laineux, à formes assezélancées, à toison fermée et à laine plus fine, plus douceque celle de la race indigène.

Du reste, c’est la province où les métis offrent lesplus grandes différences; si quelques-uns ressemblentpresque à des mérinos, il en est aussi qui n’annon-cent le sang espagnol que par une toison un peu plusunie à la surface et un peu plus avancée sur le frontet sur les pattes.

métis anglo-mérinos. Les brebis mérinos ont étécroisées sur une assez grande échelle avec le bélierNew-Kent et surtout avec le Dishley. Nous ne parle-rons que des produits de ce dernier. Mieux conformésque ceux qui descendent du New-Kent, ils ont le dosmieux soutenu, la tête plus petite, l’oreille plus courte,plus fine, mais par leur laine souvent plus grosse, dumoins au premier croisement, ils appartiennent à lasection des races à laine commune. Les légères tachesnoirâtres des oreilles, du nez, la finesse des oreilles, laproéminance des arcades orbitaires qui distinguent lesDishley se retrouvent dans leurs descendants.

Si les métis demi-sang appartiennent par la dureté,la grosseur de leur laine, aux moutons à laine com-mune; s’ils ont le brin gros, droit, souvent brillant,ondulé comme le Dishley ; si la toison en est peu fer-mée ; si la tête et les jambes sont nues, ils tiennent éga-lement beaucoup de L’anglais par leurs formes et leurprécocité.

Mais si l’on fait entrer dans les produits une plusforte quantité de sang mérinos, que l’on fasse couvrirles brebis mérinos par des béliers demi sang, les métistrois quarts mérinos qu’on obtient alors donnent d’ex-ccllente laine intermédiaire. Ils sont à corps laineux,à toison tassée, fermée ; à brin fin. uni et assez long