MOUTON.
MOUTON.
pour fournir de la très belle laine propre an peigne.Ils conservent cependant encore les formes, la mollesse,l:v précocité des races de boucherie; mais ces qualitéssont tempérées par plus de vigueur, plus de rusticitéet d’aptitude à supporter les chaleurs et les longs par-cours.
Pendant longtemps nous avions cru qno ce croise-ment pouvait seul donner à la laine des mérinos, sans' la rendrp grosse et dure, la longueur que réclamentcertaines manufactures ; mais de3 métis mérinos beau-cerons, soissonnais, champenois obtenus en grandnombre depuis quelques années donnent des toisonsqui ont tous les caractères de la laine Dishley-mé-rinos avec peut-être plus de finesse.
MOUTONS FRANÇAIS A LAINE FINE.
Nous trouvons dans cette catégorie le type méri-nos, quelques-unes de ses sous-races ou variétés, etquelques métis renfermant une très forte proportion desang espagnol . Toutes ces races se ressemblent et sur-tout exigent les mêmes soins : la laine en est fine,douce, sert à la belle draperie et à la fabrication desétoffes de fantaisie de choix.
mérinos. L’histoire des mérinos introduits plusieursfois dans le Béarn et le Roussillon au commencementdu siècle dernier; à Rambouillet , en 4786 et en 4 804; àla bergerie de Perpignan , en 4800, est trop connue etn’offre pas un intérêt assez direct pour mériter uneplace dans cet ouvrage. Occupons-nous de leurs carac-tères et de leurs défauts, de leurs améliorations, et deleur emploi pour améliorer les races indigènes.
De taille très variée, le mérinos a un corps trapu,des membres forts et une tête grosse, à chanfrein bus-qué ; ses cornes sont grosses, anguleuses et forment desspires très rapprochées : elles manquent quelquefois, etc’est une qualité (fig. 4).
4.
Sa laine est remarquable, fine, douce : le brin esteu zigzags rapprochés ; les mèches sont terminées enpointes spiroïdes, c’est un défaut, ou carrées et for-mant des prismes réguliers. La surface de la toison estbien fermée, noire, sale ; mais l’intérieur, garni d’unsuint abondant, est blanc ou jaune : on préfère la laineà suint blanc.
Toutes les parties du corps sont *couvertes de laine,dans les beaux types, depuis le bout du nez jusqu’auxonglons, et partout, quoique d’uue finesse inégale, elleurésente les mêmes caractères.
La peau du mérinos, très étendue, forme au cou, auxépaules, aux cuisses, de grands replis appelés fanons .La peau dos fanons est épaisse, porte des bnlbes groset une laine inférieure. Ces replis sont un défaut.
Le mérinos est parfaitement acclimaté eu France .Désormais nous devons le considérer comme race in-digène à très nombreuses variétés.
Dans le type mérinos, 1a laine est souvent courte,
le dos enfoncé derrière le garrot qui est trop saillant,l’abdomen est trop volumineux, la peau trop ample, lntête trop forte, etc. Mais tous ces défauts tendent àdisparaître : depuis l’importation, au commencementde ce siècle, la laine est devenue plus longue et le jarrequi altérait les toisons des troupeaux introduits à Ram-bouillet a complètement disparu; la toison est devenueplus lourde et plus fine en même temps que le corpsa pris plus de carrure et que la taille est devenue plusforte.
Nous ne pouvons indiquer que les contrées où l’en-tretien du mérinos est le plus étendu.
Dans la Beaucs t cette race précieuse a pour type lesbeaux animaux de la bergerie de Rambouillet et ceuxde quelques cultivateurs habiles qui produisent, louentet vendent des béliers. Surtout remarquables par levolume de leurs corps et le poids de leur toison, cesbéliers pèsent jusqu’à 80, 90 kilogrammes à 48 mois,2 ans, et dépouillent de 5 à 40 kilogrammes de laineen suint : les brebis ont un volume correspondant.
Mérinos de la Bourgogne . Les premiers troupeaux demérinos importés dans le nord de la France et qui ontdonné des résultats suivis, furent introduits à Mont-bard, eu 4766 et 4776, par Daubenton, secondé parle ministre Trudaine. Depuis cette époque, de nom-breuses importations ont été faites dans cette pro-vince.
Les parties de la Bourgogne favorables à l’entretiendes bêtes à laine ne se ressemblent ni pour le climat,ni pour la fertilité des terres. Les plateaux du nord-est de l’Yonne, de la Côte-d’Or sont très propres ànourrir des bêtes à laine superfine, tandis que les plai-nes plus fertiles conviennent mieux pour les animauxde forte taille.
Les cultivateurs avaient cherché à utiliser les dispo-sitions différentes du pays : des mérinos à laine extra-fine tirés de la Saxe, de la Silésie, de Naz,avaient été surtout introduits dans les ar-rondissements de Tonnerre et deChâtillon;tandis que du côté de Sens on a plutôt tenuau développement de la taille et élevé desmérinos ayant plus de ressemblance avec larace de Rambouillet .
Le manufacturier de Château-du-Parc(près de Châteauroux ), qui a fabriqué le pre-mier drap de laine superfine indigène, dé-clarait à Daubenton, après en avoir fait l’essai, que la laine française avait plus de forceet de nerf, avec la même finesse à l’œil etla même douceur au toucher, que les lainesd’Espagne . Les résultats ultérieurs n’ontfait que confirmer cette appréciation despremières toisons superfines obtenues enBourgogne .
Malgré ces qualités, la production do ces laines tendà diminuer. La difficulté de les vendre avec avantage,le peu de rendement des moutons qui les portent, fontdonner la préférence aux mérinos forts de taille et àlourde toison.
Mérinos de la Champagne . Par rapport aux bêtes àlaine, aucune province n’est plus intéressante ni aussirariée que la Champagne . Dans le sud, les moutons seconfondent avec les plus beaux de la Bourgogne . Lemilieu nous offre, dans les vallées, de beaux troupeaux,tandis que nous trouvons sur les plaines stériles la pluschétive des anciennes races ovines. Le nord, le dépar-tement de la Marne , est riche en moutons, qui réu-nissent le poids du corps aux qualités des toisons.
Pour apprécier cette province, il faut tenir compteet des circonstances géologiques favorables au mouton,et de l’influence que le commerce des villes manufac-turières de la Marne et de l’Aube exerce sur la produc-tion des laines.