seau, avec le point où Ton veut arriver. Cette ligne estla projection de la courbe loxodromique, et l’angle quecette droite fait avec la projection des méridiens estl’angle réel que la direction du vaisseau doit faire avecle méridien pour la parcourir. Or, l’on connaît lavariation ; l’on peut mesurer sur la carte l’angle loxo-dromique, et on en déduit la direction que la quilledoit faire avec l’aiguille aimantée, c'est-à-dire le capdu navire.
Si, en effet, la variation ne changeait pas; si lescourants et les écarts continus du navire, qu’il esttoujours difficile de tenir exactement dans la mêmedirection, ne tendaient pas à le faire sortir de la routequi lui est tracée, il arriverait directement très près dulieu que l’on veut atteindre en suivant la courbe loxo-dromique; mais, à cause de toutes ces erreurs, lenavigateur doit toujours, à des intervalles assez rappro-chés, observer sa longitude et latitude pour rectifier,ainsi que nous venons de le dire, la direction dubâtiment.
Enfin, souvent le vent s’oppose à ce que le bâtimentprenne la route directe; alors il est obligé de louvoyer.Dans ce cas, la route est toujours très difficile à esti-mer, à cause de la dérive qui est souvent considérable,et enfin parce que l’on ne peut apprécier d'une manièreexacte non seulement tout ce que font perdre les varia-tions du vent dans sa direction, mais encore le terrainperdu dans chaque évolution du vaisseau, lorsqu’il estobligé de virer de bord.
Les louvoyages ne sont, en effet, profitables qu’au-tanc que les bords, c’cst-a-dire les distances parcouruesen zig-zag perpendiculairement à la direction du vent,sont d’une bonne grandeur. Un bâtiment est toujoursen danger lorsque, surpris près des terres, il se trouveexposé à un vent violent qui le pousse à la côte.Par les mauvais temps, en effet, la solidité de la mâturene permet que rarement d’établir beaucoup de voiles.Alors le vent, agissant avec toute sa force sur la massedu bâtiment, donne lieu à de fortes dérives faiblementcompensées déjà par ce que l’on peut gagner par lelouvoyage; et lorsque, eu outre, les contours de lacôte forcent le bâtiment à changer souvent d’allureen virant de bord , à chaque évolution il se trouveentraîné dans la direction du danger. Bientôt il ne luirestera d’nutres ressources que celles de mouiller lesancres, qui soutiendront difficilement les efforts puis-sants d’un bâtiment ballotté à chaque instant par lagrosse mer. Cette ressource extrême ne lui est mêmepas toujours accordée ; car il peut arriver que, très prèsdu danger, le fond soit trop profond pour permettrede l’atteindre avec une ancre. V. dumoulin.
NICKEL . Le nickel est un métal découvert, en 1 751,par Cronstedt; il a beaucoup d’analogie avec le cobalt,et se trouve presque toujours dans les mêmes minerais.En réduisant l’oxyde du nickel par le charbon à unetrès haute température, on obtient le métal sous iaforme d’un culot compacte et fondu, qui est allié aunefaible quantité de carbone. Dans cet état, il est d’unblanc-gris, à peu près comme le platine, à cassure cro-chue. En le travaillant avec précaution à chaud, onpeut le forger et le réduire en lames ; il prend alors lastructure fibreuse. Il a à peu près la dureté du fer, sepolit aisément, et acquiert alors beaucoup d’éclat.Fondu, sa densité = 8,402 ; et par l’écrouissage, elles'élève à 8,882.
Le nickel ne s’oxyde pas à l’air à la température or-dinaire. Chauffé au rouge, il s’oxyde lentement à l’air,et décompose la vapeur d’eau, mais moins rapidementque le fer. Les acides minéraux le dissolvent aisément.Il précipite de leurs dissolutions l'argent, le cui-vre, etc., et se combine directement avec le chlore, iesoufre, le sélénium, le phosphore et l’arsenic.
Le nickel s’allie très bien avec le fer, le cobalt, le
enivre; l’antimoine, le zinc, l’étain, etc. On le trouveallié avec le fer dans les aérolithes. Parmi ces alliages,ceux qu’il forme avec le zinc et le cuivre, et qui por-tent le nom d’argenfan, packfong ou maillechort , sonttrès employés dans les arts ; ce qui nous engage à indi-quer les proportions des principaux alliages de cettenature que l’on fabrique en Angleterre. (Voir notrenote, Annales des Mines pour 1844, t. VI, p. 501). Cesont :
1° Argentan ordinaire. Cuivre, 8 p. ; nickel, 2 p.;zinc, 3 p. 1/2. Cette composition donne l’argentan dequalité inférieure, qui a souvent une teinte jaunâtre;ou l’emploie pour la fabrication des fils et autres ar-ticles communs. Si l’on diminue encore la proportionde nickel, l’alliage obtenu ne vaut guère mieux que dulaiton peu coloré, et se ternit aisément à l’air.
2° Argentan blanc . Cuivre, 8 p. ,* nickel, 3 p. ; zinc,3 p. 1/2. Cette belle composition imite l’argent à750 millièmes et est très employée.
3° Electrum . Cuivre, 8 p. ; nickel, 4 p. ; zinc,3 p. 1/2. Cette composition mérite la préféreuce surtoutes les autres ; elle a la teinte de l’argent bruui, etse ternit beaucoup moins à l’air.
4° Cuivre, 8 p.; nickel, 6 p. ; zinc, 3 p. 1/2. C'estla composition la plus riche en nickel qui puisse êtretravaillée à froid. Elle ne laisse rien à désirer sousle rapport de la beauté et de l’éclat, mais elle est diffi-cile à fondre, et présente quelques difficultés dans souélaboration.
5" Tvtenag. Cuivre, 8 parties; nickel, 3 p.; zinc,5 p. 1/2. C est à très peu près la composition d unequalité ordinaire de packfong, que l'on tirait autrefoisde la Chine . Cet alliage est très dur et assez difficile àlaminer; il convient surtout pour la fabrication d’objetsmoulés.
6° Soudure pour Vargentan. Argentan n° 1,5 parties ; •zinc, 4 p. On coule cet alliage en plaques minces quel’on pulvérise ensuite ; il est difficile à réduire en pou-dre, et ses fragments offrent une texture matte et quel-que peu fibreuse. Us deviennent aigres et brillants par unexcès de zinc, et ductiles par défaut de ce métal.
On fond ces alliages dans des petits creusets fermés,en les recouvrant o’un mélange de houille pilée et desuif, et on les coule dans des lingotières en métal, légè-rement échauffées et flambées à la lampe.
Oxydes de nickel. Les oxydes de nickel sont très faci-lement réduits par l’hydrogène, le carbone, le soufre, lephosphore et l’arsenic.
Le protoxyde est d’un beau vert tirant quelquefois surle vert-olive, infusible. Lorsqu’on le chauffe au rouge,au contact de l’air, il se change en protoxyde. 11 se dis-sout aisément dans les acides minéraux. Il se composede :
Nickel. 0,7871 . v .,-v
On le prépare en calcinant le nitrate au blanc.
Son hydrate est d’un très beau vert pomme pâle, gé-latineux et très léger. Il est soluble dans l'ammoniaqueen donnant une dissolution d’un bleu-verdâtre.
Le peroxyde est noir ainsi que son hydrate ; on l’ob -tient en grillant l’oxyde ou le nitrate au rouge. La cha-leur blanche le ramène à l’état de protoxyde. Les acidi-set l’ammoniaque le dissolvent, en lui faisant subir lumême réduction. Il renferme :
Oxvgèue.
0,2886
On obtient son hydrate en précipitant une dissolutione nickel par uu hypochlorite alcalin.
Sels de nickel.
Tous les sels de nickel sont à base de protoxyde.Ceux qui sont solubles sont d’un très beau vert. Les sels