PAPIER.
PAPIER.
que dans une pâte qui leur soit un peu inférieure enbeauté, car ils reproduisent toujours un papier moinspar et plus terne.
salle d’apprêt. Les papiers fabriqués et coupéssont immédiatement transportés dans cet atelier pour yêtre visités et classés. S'ils sont sans colle et destinés àêtre collés & la gélatine, on ieur donne cet encollageaprès un premier choix et un épluchage, dans lequel ondoit s’appliquer à ne laisser aucun bouton, et, ainsi queles papiers sans colle ou collés à la résine, ils rentrentà la salle pour y recevoir la dernière façon qui les rendlivrables au commerce. La nature de ces dernières pré-parations peut se résumer à peu près ainsi et dansl’ordre suivant : le papier est épluché , c’est-à-dire quelos boutons de pâte que l’épurateur n’a pu arrêter sontenlevés à l’aide d un grattoir, et, au fur et à mesure,chaque feuille est classée en raison des légères imperfec-tions qu’elle peut accuser. Cette répartition se fait entrois choix, au plus, de papier vendable; vient ensuitele choix des utilisés , qui portent un défaut qui les feraitrejeter aux rognures, s’il n’était disposé de façon à dis-paraître dans la recoupe d’une réduction de format, etenfin, les casses , feuilles trop incomplètes ou tropdéfectueuses pour qu’on en puisse tirer parti autrementque par la refonte. Lts premier, deuxième et troisièmechoix sont mis en presse, à plat, par poignées de 500 à4000 feuilles entre des plateaux de bois ou de carton,puis soumis à un nouvel examen ou simplement échan-gés. Uéchangeage a pour but de donner de l’uniformitéau grain du papier, en changeant la disposition desfeuilles les unes à l'égard des autres pour établir lecontact entre des points différents : on remet en presse.L’épluchage, l’échangeage et la pressée sont répétésplusieurs fois, si la qualité du papier l’exige; et, dansle cas où il serait irrégulier d'épaisseur ou de nuance,il est, en outre, rassorti selon ces deux conditions;enfin, il est compté par cahiers ou pur mains réuniesen rame, et mis encore sous presse avant d'être cou-vert d’une maculature ou enveloppe.
Les apprêts à la presse font disparaître les rugositésdu papier sans effacer le grain de son étoffe ; la lisse, àson tour, a pour objet d’en faire disparaître le grain.L’emploi de cette dernière machine est restreint à cer-taines sortes de papiers; c’est un laminoir à deux cylin-dres en fonte dure, d’une cylindricité rigoureuse ; l’undes deux reçoit le mouvement, et commande à l’autreseulement par le fait du travail- Pour pratiquer lelissage, on intercale, entre des feuilles de carton ou demétal, les feuilles de papier à apprêter, de sorte quechacune d'elles touche par ses deux surfaces aux sur-laces de deux cartons ; un certain nombre de feuillesou jeu , ainsi disposé, est engagé d’un côté de la lisseentre les deux cylindres, qui le restituent de l’autre,après lui avoir fait subir une pression considérable. Lescartons spécialement destinés à cet usage doivent êtrelisses, d’égale épaisseur dans toute leur étendue, sou-ples, inextensibles, minces et très résistants. Lesféuilles métalliques sont d’acier, de zinc ou de cuivre;mieux que les cartons, elles doivent posséder les qua-lités que -l’on recherche dans ceux-ci; U bs fautexemptes de gerçures, soufflures et d’ondulations quidétruiraient la rectitude de leurs surfaces.
Le papier est dit l ssé t satiné, glacé , en raison del’aspect qu’il présente à la suite d’une pression plus oumoins énergique; lissé : il est un peu plus uni, pluslisse qu’apprêté à la presse; satiné : il est doux autoucher, un peu brillant, sans avoir acquis de trans-parence ; glacé : il est glissant au toucher, brillant,d’une plus grande transparence. Le lissage et le sati-nage s’obtiennent avec les cartons; mais le glaçage nepeut s’opérer qu’avec les feuilles de cuivre, etc.
Il est évident que le nombre de feuilles, leur surface,et le temps qu’elles mettront à passer entre les cylin-
dres, seront autant de causes qui modifieront l'effetproduit par une pression donnée. Les jeux sont ordi-nairement d’une main ou 25 feuilles ; pour obtenir lesatinage, on les passe au moins deux fois à la lisse. Laforce dépensée dans les diverses circonstances de tra-vail est extrêmement variable, comme limites ex *trdmes; nous prendrons un demi-cheval et trois che-vaux.
La pression qui, dans la plupart des lisses, s’exerceà l’aide de vis, a cela de défectueux, que, comme résis-tance à point fixe et insurmontable, elle n’est pointégale sur toutes les parties du jeu, dont l’épaisseurne peut être rigoureusement uniforme. Il résulte de làque, lorsqu’il s’agit de produire une forte pression,pour glacer, par exemple, les feuilles métalliques éprou-vent un laminage inégal, se gondolent et se plisseut enpeu de temps. En substituant aux vis l’effort constantde leviers chargés de poids, ce grave inconvénient dis-paraît. Une disposition particulière apportée au mou-vement et à l’embrayage, qui commande la lisse, per-met le renversement du mouvement rapidement et sanssecousses, de telle sorte que le jeu en travail, n’étantpas dessaisi par les cylindres, peut passer et repasserun nombre de fois pair, en faisant son entrée et sasortie par le même côié, et n'exiger ainsi que le serviced’un seul ouvrier.
Fabrication du papier a la main. — Malgréle bas prix, la surabondance et la beauté des produitsde machine, le commerce a dû réserver une place dis»tinguée a quelques papiers de cure, qui jusqu’à présentsatisfont seuls aux exigences de certaines consomma-tions. Nous ne croyons donc pas pouvoir nous dispenserds rappeler, au moins succinctement, la marche que l’onsuivait dans le travail dit à la main ou à la forme ; cetravail ne s’est modifié essentiellement que par la pré-paration des pâtes, qui est en tout semblable à celleadoptée à la machine; la mise en œuvre est demeuréeexactement la même que ce qu’elle était autrefois.
Avant l’introduction des piles de cylin re, connue enHollande dès le milieu du dix-huitième siècle, la tritu-ration s’opérait à l’aide de pilons ou maillets ; pour fa-voriser l’action peu puissante de ceux-ci, on avait étéconduit à faire subir aux chiffons un degré de fermen-tation sullisant pour les attendrir, sans porter trop depréjudice à la so.idité du papier.
Les chiffuüs étant coupés et choisis sont mouillés etmis eu tas dans un lieu nommé pourrissoir; en peu dejours, la fermentation putride se développe au sein decette masse avec production considérable de chaleur ; letus est retourné de temps à autre, afin de régulariser etde modérer l’effet de la fermentation. Selon le papier àfabriquer, la qualité du chiffon et la température dulieu, cette opération dure de 5 à 20 jours.
Du pourrissoir, le chiffon est transporté aux pilesde maillets qui ont pour fonction, ainsi que nous l’avonsvu pour les cylindres, de détruire leurs tissus, de luienlever les impuretés dont il est souillé et de l’amener àl’état de pâte parfaite. La pile de maillets est une cuvetteen bois ou en pierre deux fois aussi longue que large,le fond est garni d’une mas-e métallique ou platine, la-quelle reçoit le choc de trois ou quatre maillets ferrésplacés de front; ces maillets sont mis eu mouvement parun arbre horizontal armé de cames qui les soulèveet les laisse retomber, en commençant par une extré-mité du rang et finissant par l’autre. Cette chute suc-cessive produit un déplacement dans la matière en tri-turation qui la pousse constamment dans le même senset y détermine un mouvement de circonvolution quel’on favorise vncore par la forme particulière donnée auxcontours intérieurs de la cuvette. La pile est alimentéed’eau par un robinet à eau claire, tandis que l’eau salieA sa sortie sur le côté par un cas ou châssis garni detoile de crin ou de tissu en fils métalliques ; à fleur du