PHOTOGRAPHIE.
PHOTOGRAPHIE.
Pour convertir le phosphore en bâtons, forme sonslaquelle il est ordinairement livré au commerce, on lefond dans l’eau et on y plonge des tubes de verre par-faitement droits, et légèrement coniques dans lesquelson le fait monter par succion; il faut opérer avec pré-caution et prendre bien garde d’aspirer au point defaire venir du phosphore dans la bouche, ce qui pour-rait causer des accidents extrêmement graves ; aussia-t-on toujours soin que le phosphore soit toujours re-couvert dans le tube, par une couche d'eau de 2 ou 3centimètres; il convient aussi d'effiler le tube par lebout qui plonge dans le phosphore ; le phosphore s'étantélevé dans le tube à la hauteur voulue, on ferme l'ori-üce supérieur du tube avec le bout de la langue, oumême avec le doigt s'il est effilé h son autro extrémité,on soulève le tube jusqu’à ce que l'oriHce inférieur neplonge plus que dans l'eau et on passe le doigt sous letube, que l’on transporte dans l’eau* froide ; en renver-sant ensuite le tube, après solidification complète, lephosphore sort naturellement ou par la plus légère se-cousse. 11 faut préalablement échauffer le tube en yaspirant, à deux ou trois reprises, de l'eau chaude, afind’éviter le grave inconvénient d’avoir des bâtons dephosphore creux, dont l'emploi, dans certains cas, peutdonner lieu à des accidents.
On coupe ensuite les bâtons de phosphore avec desciseaux, en fragments de longueur convenable, et onles conserve sous l’eau, à l’abri de la lumière, dans desflacons à large goulot, çn verre opaque ou recouvert de :papier noir, en grès ou en métal.
acide PHOSPHORIQUE. Cet acide, qui donnenaissance aux phosphates, est la combinaison la plusimportante du phosphore avec l’oxygène. On l’obtientanhydre parla combustion vive du phosphore dans l’airou l’oxygène sec. Il est alors sous la forme de floconsblancs fortement déliquescents ; une fois qu’il s’estformé de l’acide hydraté, on ne peut plus en séparerpar l’action de lu chaleur toute l’eau; il en retient en-core 4 équivalent ou 25 p. 400 de son poids, après qu’ila été châuffé jusqu’à fusion i il est alors vitreux. C’estun acide énergique surtout à une température élevéeparce qu’il peut la supporter sans se décomposer, ce quefont seuls avec lui les acides silicique et borique. Il estréduit par le charbon, à la température rouge vif : c’estsur ce fait qu'est basée, comme nous l’avons vu, la pré-paration du phosphore.
PHOSPHURE3. Les phosphures, combinaisons bi-naires du phosphore, ont l'éclat métallique; ils sont engénéral très fusibles; la plupart sont cassants ; quel-ques uns sont demi ductiles ; la chaleur les ramène or-dinairement à un minimum de phosphuration, PM*, eten décompose totalement quelques-uns. L’acide nitri-que, l’eau régale et le grillage les transforment en phos-phates.
Ils sont très difficiles à préparer directement à causede la grande inflammabilité et de la grande volatilitédu phosphore. On en obtient beaucoup, soit en rédui-sant par le charbon les phosphates correspondants, soiten fondant au creuset brasqué, et au feu de forge, dumétal en limailles ou dç l’oxyde en poudre, avec 2 ou
3 fois son poids d’un mélange de 10 parties de phosphatede chaux, 5 p. de sable quarzeux, 5 p. de borax et
4 p. de charbon en poudre : le phosphate de chaux estréduit par le borax et la silice, au contact du charbon,et il se forme dans le creuset un phosphure recouvertpar une scorie bien fusible, formée par un boro-silicateà base de chaux et de soude.
PHOTOGRAPHIE, daguerréotypie. Il est peude découvertes qui aient attiré plus vivement l’attentionpublique que celle par laquelle MM. Niepce et Daguerreparvinrent à fixer les images produites dans la chambrenoire. Le gouvernement français ayant jugé convenabled’acheter aux inventeurs leurs procédés, et de les livrer
à la publicité, il en est résulté que, bien que cet artnouveau compte à peine quelques années d’existence,il s’y est introduit d’immenses perfectionnements, etl’on est arrivé à des résultats que l’on n’osait pas mêmeprévoir. Ainsi les épreuves du daguerréotype qui, dansle procédé primitif, exigeaient plusieurs minutes d’ex-position dans la chambre noire, sont obtenues aujour-d’hui en quelques secondes, grâce à l’emploi des sub-stances accélératrices, ce qui a permis d’arriver à fuiredes portraits de la plus grande netteté, chose regardéedans l’origine, par les inventeurs eux-mêmes, commeune idée à peine réalisable. Enfin, les progrès actuelspermettent de penser que l’on pourra bientôt substituercomplètement le papier photogénique aux plaques mé-talliques, et que, dans un temps qui n’est peut-être pasbien éloigné, on arrivera à la solution du problème plusimportant encore de la reproduction de la nature avectoutes les couleurs.
Avant d’entrer dans aucun détail sur le daguerréo-type, nous allons expliquer en quelques mots et d’unemanière générale la théorie de cet instrument :
Si l’on prend une plaque d’argent ou de plaqué, biendécapée et polie, et qu'on la renverse sur une boite surle fond de laquelle on a répandu de l’iode, corps qui,comme on le sait, quoique solide, est très volatil, elle screcouvre d’une couche très mince d’iodure d’argent;lorsqu’on expose ensuite cette plaque, recouverte à sasurface d’une couche d’iodure a’argent, à l’action desrayons solaires, dans une chambre noire, l’iodure d’ar-gent est modifié d’une manière plus ou moins profondesur les diverses parties de la plaque, suivant l’intensitéplus ou moins grande des rayons lumineux. Là où lalumière est plus vive, il y a production abondante desous-iodure d’argent et émission d’iode repris par laplaque; là où doit apparaître une demi-teinte, la forma-tion du sous-iodure est ralentie dans le même rapportque la diminution de la teinte elle-même; enfin, dansles ombres les plus noires, l’iodure d’argent n’est quetrès faiblement attaqué.
Lorsque cette action a été suffisamment prolongée,on retire la plaque de la chambre noire et on l'expose àla vapeur d’un bainde mercure modérément chauffé. Lemercure commence par réagir sur tout l’iodure d’argentqu’il rencontro sur la plaque. Nous venons de voir quecet iodure a été parfaitement conservé dans les noirs,mais les blancs en présentent aussi une certaine quan-tité, quoique beaucoup moindre; il est en effet dansles conditions d’une bonne épreuve, qu’il n’y ait pas étéentièrement décomposé. Par la réaction de l’iodured’argent sur le mercure, il se produit du proto-iodurcvert de mercure et de l’argent métallique; dans lesblancs ou parties qui ont été plus éclairées, il y a enoutre réaction subséquente entre le proto-iodure demercure et le sous-iodure d’argent formé dans la cham-bre noire par l’action chimique des rayons lumineux,et il se produit du deuto-iodure rouge de mercure, tan-dis que l’argent et une partie du mercure se réduisent,s’amalgament entre eux, et se déposent sur la plaque,mais sans s’y amalgamer. De ce qui précède, il résulteque, au sortir de cette opération, la plaque s'offre àl’œil avec une apparence noire ou verdâtre dans lesombres, là où le proto-iodure de mercure n’a point étédécomposé, tandis qu’elle est rosée, et même souventd’un rouge-vif, dans les blancs les plus intenses quisont recouverts de deuto-iodure de mercure.
On lave ensuite la plaque dans une dissolution d*hy-posulfite de soude qui dissout le deuto iodure de mer-cure, et décompose le proto-iodure, en deuto-iodure quise dissout et en mercure métallique très divisé qui restesur la plaque. Il va sans dire que toutes les opérationsqui suivent l’exposition de la plaque iodée dans la cham-bre noire doivent être faites le plus rapidement possi-ble et hors de l’actiou des rayous solaires.