PHOTOGRAPHIE.
PHOTOGRAPHIE.
Ainsi donc, en résumé, les blancs sont produits parune poussière d’une grande ténuité d’amalgame d’ar-gent simplement dépose sur la plaque, et ils sont* d’unton d’autant plus \if, que cette poussière est plus abon-dante et plus riche en argent; quant aux noirs, ils sontle résultat du bruni du métal ainsi que du dépôt d’ar-gent métallique extrêmement divisé, mêlé mécanique-ment à une très grande quantité de mercure provenantdu lavage à l’hyposulfito. D’autres personnes, et c'estle plus grand nombre, admettent une explication ana-logue à celles que nous venons de donner, à cela prèsqu’elles supposent que dans le lavage, l’hyposulfite desoude enlève intégralement le proto-îodureet le deuto-lodure de mercure, de sorte que les noirs seraient seu-lement produits par le bruni de la plaque et le dépôtd’argent métallique extrêmement divisé; et même, se-lon quelques-unes, au bruni seul de la plaque.
C’est ainsi que nous rendious compte, dans notredernière édition, de la découverte de Daguerre. Depuiscette époque bien des modifications et des perfection-nements ont été introduits. Nous allons très succinc-tement parler des plus importants. Avant cela nousdécrirons le pro'édé actuel. Puis nous parlerons suc-cessivement des différents papiers photographiques(photographie sur papier). La photographie sur verre(nu collodion et à l’albumine) viendra ensuite. Nousdirons quelques mots des divers essais qui ont été ten-tés pour métamorphoser les épreuves en planches gra-vées (voyez gravure), et nous terminerons en décri-vant sommairement les procédés de photo-lithographie.
Objectif. La partie la plus essentielle de la chambrenoire est sans contredit l’objectif; celui-ci doit êtreachromatique. Les objectifs pour vues, pour reproduc-tion de gravures, d’objets d’art, ont en géuéral un longfoyer, l’étendue de l’image qu’ils donnent est un peuplus de la moitié de leur distance focale ; avec un longfoyer, les images sont plus grandes, mais aussi ellesont une lumière moins intense. On affaiblit encorecette lumière en plaçant à distance, et devant ces ob-jectifs, des diaphragmes qui, en revanche, augmententbeaucoup la netteté de l’image; l’opération pour ieevues est donc beaucoup plus lente que pour les por-traits, mais on conçoit que la question de temps est àpeu près indifférente alors qu’il s’agit de reproduiredes objets inanimés.
Les objectifs à portrait*, ou ceux destinés à repro-duire des groupes, des animaux vivants, doivent avoirun foyer très court et un grand diamètre, afin d’opéreraussi rapidement que possible. Cependant il y a cer-taines limites qu’on ne peut dépasser impunément. Sil’objectif a un diamètre trop grand relativement à soufoyer, l image produite n’est nette qu’au centre.
Des substances accélératrices . M. Daguerre n’em-plovait que Tjode pour rendre sensible à la lumière laplaque de doublé d’argent. On a combiné de mille ma-nières l’iode, le chlore et le brome; il en est résulté unefoule de composés qui ont pris le nom de ceux qui lesont proposes; nous citerons seulement par ordre dedate : le chlorure d’iode de M Claudet, l’eau broméede M. I'izeau, le bromure d’iode de M. Gaudin aîné;substances toujours excellentes, mais auxquelles quel-ques opérateurs ont préféré depuis la liqueur Vaillat,la liqueur Thierry, lesquelles, à leur tour, sont pres-que exclusivement remplacées par le chloro-bromurede chaux de M. le baron Gros, lequel avait été pré-cédé lui-même par le bromure do chaux proposé parM. Bingham,
Du ftxoge des épreuves. Uue immense améliorationest due à M. H. Fizeau , amélioration qui a doublé lavaleur de l’image daguerrienne en la reudant ineffaça-ble par l’emploi d’un sel d‘or. Dans cette opération,nue partis de l’argent se dissout ; l’or en dissolution seprécipite sur l’argent et sur les globules de mercure.
Les noirs de l’image résultant du bruni de l'argent de-viennent plus noirs, et les lumières formées par l«.*jglobules de mercure augmentent de solidité et d’éclat.
PROCÉDÉ ACTUEL (î)
Par procédé actuel nous entendons décrire le pro-cédé de Daguerre, c’est-à-dire la photographie surplaque de double d’argent t avec, toutes les modifica-tions qu’on y a apportées, en un mot telle qu’elle e-tpratiquée aujourd’hui par les meilleurs opérateur.-.La plaque de doublé, par son harmonieuse dégra-dation des teintes, par la finesse des détails, par ;«rapidité de l’opération, est éminemment propre à re-produire les portraits et les objets d’histoire natu-relle. La première opération consiste, aprè^ avoir faitchoix d’une plaque de doublé, à abattre ses angles, àcourber légèrement ses bords et à la fixer sur la plan-chette à polir. On la sanpomlre de tripoli extrêmementfin (2), on y verse quelques gouttes d’alcool, puis avecun fort tampon de coton ou promène la pâte qui en ré-sulte sur toute la surface, de manière à la sécher le plusuniformément possible; cela fait, on recommei.ee l’o-pération jusqu’à ce que la plaque soit devenue assezbrillante.
Polissage . Ce n’est là que le poli préparatoire, le der-nier s’obtient à l’aide d’une sorte de grand rabot enbois, long de 30 à 50 centimètres, sur lequel est colléeune peau de daim préalablement dégraissée. Aprèsavoir frotté plusieurs fois la plaque avec le tsrapoudont nous avons parlé, on la saupoudre de rouge à po-lir, et l’on promène vivement dessus un grand polis -soir en peau. Ce frottement doit avoir lieu en croisantle sens du poli, et on doit le terminer dans un sens pa-rallèle aux lignes horizontales de l’épreuve que Ton vaexécuter. Le polissage est terminé quand la plaque aacquis un poli bien \if et sans raies.
Iodage. La plaque avivée comme nous venons dedire présente un beau poli. On l’expose au-dessusd’une double cuvette de porcelaine couverte d'uuoglace iodée, et contenant d’uu côté de Tiode et de l’au-tre du chloro-bromure de chaux ; on la place d’abordau-dessus de Tiode, la face polie du côté de cette sub-stance; ou la regarde de temps en temps et on la laissejusqu’à ce qu’elle ait pris une teinte jaune rosé, oujaune orangé. On la reporte alors au-dessus de la se-conde cuvette, et on l’en retire quand elle a acquis lateinte lilas foncé pour la remettre île nouveau sur l’iode,où on la laisse, sans la regarder, un peu moins de tempsqu’il n’eu avait fallu d’abord pour obtenir la teintejaune orangé. Il faut alors la garantir de toute lumièreet la mettre dnus le châssis à coulisse qui doit la re-cevoir.
Exposition à la chambre noire. Après avoir fait poserla persoune, on dirige la chambre noire vers l’objet oula vue que Ton désire reproduire; on regarde sur laglace dépolie l’image qui vient se peindre, on juge ail'éclairage est convenable, on ajuste au point de vueen éloignant ou en rapprochant ladite glace de l’objec-tif, puis on fixe le tiroir ( >).
0) Pour plus de détails, voyez les Traités de photogra-phie, par MM. de Valicourt, baron Gros, Lerebours et Se-crelan, et autres, et le plus récent de tous (octobre 4853),Derniers procédés du daguerréotype, par F. Colas.
(2) La terre pourrie, la ponce sont egalement bonnes sielles sont porphyrisées.
(3) Dans toutes les reproductions, pour ne pas fausserles lignes de perspective, on doit avoir soin de mettre lachambre nuire horizontalement. Celte condition embarrassasouvent les artistes, quand, placés devant un monument enhauteur, sans recul possible, ne pouvant s’élever au-dessusdu sol, Us voudraient le prendre en entier; il est clair qu’n-lors il faut, ou se résigner à n’avoir sur l’épreuve que i.ipartie inférieure du monumeot, ou bien consentir à avo r
; les lignes verticales inclinées, ce qui a fait dire que les mo-
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