PLOMB.
PLOMB.
à peu de frais la majeure partie de l’argent contenudans un plomb pauvre dans une faible partie de ceplomb, et d’obtenir ainsi un produit assez riche pourpouvoir être soumis avec bénéfice à la coupellation,(voir argent, — affinage par cristallisation , p. 21*).Généralement le plomb est assez argentifère pour pou-voir être directement coupelle ; la coupellation (voirargent, p. 206) produit des crasses (abzugs et ab-strichs), des litharges noires, des litharges marchandes,jaunes ou rouges, des litharges riches, et enfin de l’ar-gent de coupelle. Les abzugs, abstrichs, litharges ri-ches et fonds de coupelles, sout ordinairement repassésdans les lits de fusion comme matières plombeuses, oufondus séparément. Les litharges noires sont quelque-fois repassées dans le lit de fusion, mais le plus souventon les réduit et on en retire un plomb antimonial aigre,qui est vendu à bas pria pour la fabrication du plombde chasse, etc. Les litharges rouges sont presque tou-jours livrées au commerce après pulvérisation préalableau bocard ou entre des cylindres. Les litharges jaunessont tantôt versées directement dans le commerce, tan-tôt revivifiées, suivaut la valeur relative du plomb etde la litharge et les débouchés ; elles donnent du plombtrès pur, très doux et d’excellente qualité.
La revivificaiion des litharges s’opère soit dans desfourneaux à manche, et rentre alors dans les méthodesde la deuxième classe, soit dans des fours à réverbère.Lorsqu’on emploie des fourneaux à manche, la fonte estconduite très rapidement, et la perte en plomb est de4 p. 100 ; on obtient une petite quantité de scories ri-ches que l’on repasse, partie dans l’opération même,partie dans les fontes pour plomb d’œuvre. On peutaussi employer le fourneau écossais, qui est plus éco-nomique sous le rapport de Ja consommation en com-bustible et de la main d’œuvre, et qui ne donne qu’uneperte en plomb de 2 p. d 00 ; les crasses du fourneauécossais sont repassées au fourneau à manche. La perteest également insignifiante au four à réverbère. Oncharge d’abord une couche de houille de 5 à 6 centi-mètres dVpaisseur sur la sole, qui est inclinée vers uncanal servant à l’écoulement du plomb réduit ; l’inté-rieur du fourneau étant arrivé au rouge sombre, oncharge la litharge sur toute l’étendue de la sole, enfragments assez gros mélangés de deux ou trois fois sonvolume de menue houille ; on conduit le feu de manièrea maintenir le fourneau au rouge sombre, de sorte quela litharge ne fonde pas et que le plomb réduit se sépare par liquation. Les crasses et fumées du four à ré-verbère sont repassées au fourneau à manche.
A Freiberg, en Saxe , on avait imaginé, ily a quelquesannées, de réduire les litharges en les faisant tomber, à lasortie du fourneau de coupelle, dans une espèce de pa-nier ou fourneau mobile plein de charbons embrasés.Ce procédé, très prôné lors de sa découverte, a étéabandonné depuis.
Statistique
viron #52.000 q. m., savoir :
Angleterre. 392.Ü00‘^••••
Hartz (haut et bas). . , . . 53.000
Empire d’Autriche ( Carinthie ,
852.800’-“*
qui, au prix moyen de 50 fr. le quintal métrique, réprésentent une valeur de 42.640.000 fr.
L'Amérique produit aussi une quantité de plomb con-sidérable. , P. DEBETTE.
PLOMB GRANULE ou plomb de chasse (angLlead-shot, ail. schrot). Le plomb acquiert la propriétéde se granuler par l’addition d’une certaine quantitéd’arsenic, d’autant plus grande qu’il est plus aigre,c’est à-dire plus antimonial ; cependant on le fabriquepresque toujours avec les plombs aigres venant de la ré-duction des litharges noires, à cause du bas prix au-quel on les trouve dans le commerce. On ajoute à peuprès 0,003 d’arsenic aux plombs doux, et jusqu’à 0,008d’arsenic aux plombs aigres. Le mélange d’arsenic sefait de deux manières, soit en préparant d'abord unplomb très chargé d’arsenic que l’on ajoute ensuite encertaine proportion au plomb à granuler, soit en intro-duisant directement dans les bains de plomb, ordinai-rement à l’état de sulfure, ou orpiment , la quantitéd’arsenic nécessaire. Lorsque la quantité d’arsenic ajou-tée est trop forte, les grains sont lenticulaires ; lorsque,au contraire, elle est trop faible, les graius forment lacoupe, c’est-à-dire qu’ils sont aplatis d’un côté et pré-sentent un creux dans le milieu ; enfin, lorsque la pro-portion d’arsenic est beaucoup trop faible, les grainsforment la queue, ils s’allongent davantage et ont encoreun creux vers le milieu. Un fond à la fois, dans unechaudière en fonte, 2.000 à 2.500 k de plomb sous unecouche de cendres et de poussier de charbon ; quand leplomb est fondu, on enlève à l’aide d’un écumoir lescrasses et les cendres qui sont à la surface du bain, eton y introduit par petites portions le sulfure d’arsenic oul’alliage de plomb et d'arseuic, en brassant la matièreà chaque addition, et on enlève aa fur et à mesure lescrasses qui se forment. On essaie de temps en temps lebain pour reconnaître s’il renferme assez d’arsenic pourdonner des grains bien sphériques. Lorsqu’on est ar-rivé à ce point, on verse le plomb sur les pastoires, de-mi-sphères en tôle percées do trous parfaitement ronds,dont les dimensions varient suivant les numéros duplomb quo l’on veut obtenir ; ces passoires sont placéessur des espèces de réchauds et entourées de charbon al-lumé pour empêcher le plomb de s’y îiger ; elles sontplacées au-dessus de tours ou puits profonds, au basdesquels se trouvent des cuves à demi-pleines d’eaudestinées à recevoir le plomb granulé» à mesure qu’il seforme. Ou garnit intérieurement les passoires avec lesdernières crasses retirées du bain, et qui sont blancheset poreuses; le plomb que l’on verse dessus doit avoirune chaleur telle qu’il filtre au travers, de manière à sediviser en gouttes et à se grenailler en passant par lestrous des passoires. Les grains que l’on obtient dansune même passoire ne sont pas toujours égaux ; on lesclasse au moyen de cribles de <}ififérentes grosseurs ; onen sépare ensuite les grains qui ne sont pas bien ronds,en faisant couler le plomb sur des tables en bois incli-nées ; les grains informes s’arrêtent en route et sont misà part pour être refondus, tandis que ceux qui sontbien ronds, animés d’une plus grande vitesse, conti-nuent leur marche. On lisse enfin ces grains en les faisant tourner avec un peu de graphite en poudre dansdes tonneaux traversés par un axe horizontal en fer.
PLOMB LAMINE. Lorsqu’on veut obtenir du plomben feuilles, on le coule ordinairement en plaques, surtable, et on le lamine à froid. Quelquefois on le coulesur des tables en pierre légèrement inclinées ; dans cecas, il faut que la feuille n’ait pas plus de 5 à 6 milli-mètres d’épaisseur, sans quoi la table se fendrait parsuite de l’excès de chaleur qui résulterait d’une tropforte masse de plomb. On peut se procurej par le cou-lage des feuilles de plomb très minces, en coulant leplomb sur une toile de coutil graissée avec du suif,bien tendue et inclinée d’environ un sixième. Dans tous