établis les systèmes d’amarrage. Ces massifs doiventêtre calculés de façon que l’effort qui tend à souleversoit moindre que la composante de son poids dans ladirection de cet effort, et que la composante horizontalede la tension soit moindre que le produit du poids dela maçonnerie par-le coefficient de frottement 0,76. Sila chaîne, après son inclinaison, est perpendiculaire, ondonne au massif 1 mètre cube pour 1 O0ü k de tension. Pourformer le massif de retenue on réunit la culée par desmurs en retour d’équerre que l’on fait servir à suppor-ter la traction (fig. 2137). Une bonne disposition con-
siste à réunir les puits par une voûte en arc de cercledont les retombées aboutissent aux puits d’amarrage,et viennent ajouter à la stabilité par leur poids et parcelui des terres que supporte la voûte. Les câbles sont re-tenus dans les puits par de forts goujons en fer qui pas-sent dans les croupières et s’appuient sur une plaque defonte solidement encastrée dans la maçonnerie (Kg.2138).
2138.
Il est important que le point d’inflexion se fasse au des-sous du sol afin que les assises de pierre ne glissent pasles unes sur les autres entraînées par la tension, à moinscependant que l'on appareille les pierres en voûte. Ondoit aussi prendre garde que la résultante au point d’in-flexion ne sorte pas de la culée. Quand l'amarrage estterminé, on remplit les cheminées de chaux pour con-server lo fer et on recouvre leur orifice d’une dalle enpierre ou en fonte. On ménage toujours une ouverturequi permet de descendre dans le puits et de visiter lespoints d’attaches. Dans certaines circonstances, si lesol est très résistant, on n’a plus besoin d’élever unmassif en maçonnerie pour faire équilibre à la tension,on se contente d’assujettir les câbles dans le sol lui-même au moyen de voûtes renversées. C’est ce qui aen Heu au pont de Fribourg.
Piles, Les piliers se construisent tantôt en maçonne-rie, tantôt en fonte. Lorsqu’ils sont en maçonnerie ilsont la forme de portiques plus ou moins ornés de co-lonnes ou de pilastres. Les câbles peuvent y être atta-chés ou ne faire qu’y reposer. Quand ils y sont fixéson fait usage d’un chevalet en fonte avec patin, munide 4 forts tirants en fer, qui descendent jusque dans lebas de la pile, où ils sont scellés ; ce chevalet porteun fort goujon en fer forgé auquel sont assujettis lescâbles. On peut aussi faire passer les câbles de chaquecôté du pilier en les courbant, et les amarrer dans
la pile; alors la pile joueréellement le rôle de culée etporte ce nom. Nous en don-nons un exemple fig. 2139.Dans tous les cas, il faudracalculer l’épaisseur de lamaçonnerie, en prenant lemoment de la composantehorizontale, appliquée ausommet du pilier et l’égalantau moment de la résistancequi est le poids du pilier etde la pile, appliqué au cen-tre de gravité. Si le câble nofait que reposer sur la pile,on le supporte au moyend’on chariot, ou système derouleaux en fonte, reliésentre eux, qui a pour butde permettre le glissementdes câbles et une répartitionde la charge. Afin d’éviterl’emploi des piliers en maçonnerie qui sont coûteux etobstruent quelquefois la vue, on a souvent imaginé dese servir de la fonte à laquelle en donne la forme debielles ou de colonnes : quand on les voit de face ellesont la configuration des solides d’égale résistance ; la-téralement, elles ont une forme trapézoïdale, dont leplus grand côté est à la base, afin qu’elles aient plusde stabilité; leur hauteur estde2 m ,75, et leur largeur àla base 0“,92. Elles sont terminées au sommet par unepartie circulaire, afin que le câble vienne s’y étendreen s’aplatissant et ne se courbe pas brusquement, cequi pourrait occasionner des ruptures dans les fils. Lapartie inférieure a la forme de couteau et est placéedans un coussinet en fonte, de telle sorte que la biellepeut prendre un mouvement d’oscillation ; le tout reposesur un socle en pierre. Telle était la disposition adoptéeau pont de Bry. D’autres fois, comme aux ponts deSaint-Denis, de Triel on donne à la fonte la formed’une colonne terminée par un couteau à sa partie infé-rieure et par un chevalet et un fort goujon au sommet:Au pont de Curel on a dissimulé le fût de la co-lonne sous une base rapportée. Lorsque l’on fait usagede supports en fonte dans des ponts qui ont plusieurstravées, il est indispensable de les rattacher aux pilesou culées au moyen d’un hauban, ou câble oblique quipart du sommet et se fixe dans la maçonnerie, commeles câbles de tension. En effet, il pourrait arriver qu’unede ces travées fût chargée de poids considérables, tandisque l’autre ne le serait que fort peu, alors elle seraitsoulevée et la colonne prendrait des oscillations nuisi-bles à la solidité du pont, si même elle n’était pas de-versée. Une autre innovation, qui n’est pas moins bonneque la première, consiste à employer du fer pour for-mer les pièces de pont auxquelles on donne la formede solides d’égale résistance. Elles sont composées debarres de fer cintrées et réunies entre elles par des ti-rants et des pièces obliques, qui empêchent leur défor-mation ; elles n’ont pas l’inconvénient de fléchir et nesont pas sujettes à se pourrir comme les pièces de ponten bois qu’il est difficile de remplacer. M. Chaley a em-ployé pour poutrelles des tuyaux ou cylindres en fontequi ont complètement réussi. Pour terminer ce qui re-garde les ponts suspendus, il nous reste à dire un motde ceux qui sont les plus remarquables. Le pont deFribourg, qui tient le premier rang, n*a qu’une seuletravée de 26o“, nécessitée par la profondeur de la val-lée sur laquelle il est établi. Ses chaînes sont supportéespar des portiques de 20“ de hauteur et de 5“ d'épais-seur ; elles viennent ensuite s’attacher dans le roc de lafaçon que nous avons indiquée déjà. Ce pont, d’uneconstruction si hardie et si élégante, n’offre pcut-ètic
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