POTERIE.
POTERIE.
Composition générale des pâles .
Le principal élément des pâtes céramiques, qui sonttoujours essentiellement composées de silicates terreuxà base d’alumine, seule ou mélangée de magnésie, estune matière dont la plasticité permet de mouler et defaçonner la pâte : on dit que la pâte est longue ou courte ,selon qu’elle a plus ou moins de plasticité.
On emploie généralement comme matière plastique ,pour la fabrication de la porcelaine, des kaolins, et,dans quelques parties de l’Espagne et du Piémont, ducarbonate et du silicate de magnésie ; les argiles plas-tique, figuline, marneuse, etc., fournissent la matièreplastique des autres poteries. Les kaolins proviennenttoujours delà décomposition du feldspath et se rencon-trent dans les terrains granitiques, surtout dans laroche désignée sous le nom de pegmatite , et qui est pres-que uniquement composée de quarz et de feldspath; ilssont souvent recouverts, dans leurs gisements, d’uneroche micacée, ou sorte de gneiss, rouge et très fusible.Le principal gisement de kaolin, en France , est celui deSaint-Yrieix, à 28 kilomètres au sud de Limoges . Lekaolin de cette localité est généralement friable et d’unbeau blanc de lait; on en distingue trois variétés : lekaolin caillouteux, qui est grenu, friable, à grains par-tie quarzeux et durs, partie argileux et tendres; lekaolin sablonneux, qui est friable, très maigre au tou-cher, et dans lequel le quarz est à l’état de sable trèstin, mais visible; et le kaolin argileux, qui est moinsfriable et fait directement avec l’eau une pâte assezliante. Complètement desséché, le kaolin de Saint-Yrieix se compose à peu près de 0,545 de silice, 0,425d’alumine, et 0,030 de potasse et de chaux. Parmi lesargiles employées à la confection d?s poteries, on doitplacer au premier rang l’argile plastique , qui, lorsqu’elleest suffisamment pure, est infusible dans le four à porce-laine, et forme la base des poteries de grès, des cazettesà cuire la porcelaine, des faïences fines, etc. Vient en-suite l’argile figuline, qui donne une pâte liante, moinstenace que la précédente ; elle renferme jusqu’à 5 à 6p. 400 de chaux, et une certaine quantité de fer, desorte qu’elle se colore en jaune ou en rougo par la cuis-son ; à une haute température, elle se ramollit et secouvre d’une sorte de vernis. On s’en sert pour la fabri-cation des faïences communes, des terres cuites, desbriques, etc... La grande abondance, à la surface duglobe, des marnes argileuses , la facilité avec laquelleelles font pâte avec l’eau et se laissent façonner, la so-lidité et la dureté qu’elles acquièrent par une cuissonmodérée, les font presque èxclusivement employer dansla fabrication des poteries communes ; il en est à peuprès de même des marnes limoneuses , mais les marnescalcaires ne sont jamais employées comme matièresplastiques.
Si, d’un côté, la plasticité est une condition de pre-mière importance pour le façonnage des pâtes, d’unautre côté, une pâte très plastique éprouve, tant par ladessiccation que par la cuisson, un retrait considérable,qui a souvent pour résultat de déformer les pièces et d’ydéterminer des fissures. On obvie à cet inconvénient, endiminuant la plasticité de la pâte, par l'addition d’unematière aride ou dégraissante, c’est-à-dire d’une matièrequi ne soit pas susceptible par elle-même de prendredu retrait. Les matières dégraissantes sont le quarz,les ciments et les escarbilles. Le quarz hyalin , que l’ontrouve en quelques localités, est surtout employé pourles porcelaines. Les silex pyromaques, disséminés en no-dules dans les terrains de craie blanche, sont très em-ployés en Angleterre dans la fabrication des faïencesfines; certains sables quarzeux servent également à lafabrication de la faïence. Four les pâtes communes, onemploie fréquemment comme matières dégraissantes despâtes argileuses cuites, puis broyées plus ou moins fin,et auxquelles on donne le nom de ciment. Enfin, pour
quelques poteries très grossières et que l’on cuit à nnabasse température, on emploie comme ciment le ma-chefer et les escarbilles , qui tombent sous la grille desfours à réverbère.
Dans quelques cas particuliers, pour obtenir desvases moins fragiles, on incorpore dans la pâte de lnsciure de bois, du poussier de coke, ou du graphite. Ilparait qu’en Corse, et dans le même but, on introduitdans certaines pâtes de l’amian/e ou asbeste , pierre fila-menteuse qui vient se ranger à la suite, soit de l’amphi-bole, soit dupyroxène.
Dans les poteries cuites à une basse température etfaites avec des marnes argileuses, le calcaire joue le rôlode matière dégraissante ; on en ajoute quelquefois dansce but dans des circonstancesanalogues.
Enfin, soit pour rendre la combinaison des élémentsplus intime, soit pour donner aux produits une translu-cidité plus ou moins prononcée, une imperméabilité plusou moins grande, etc., on ajoute souvent à la pâte desmatières qui augmentent sa fusibilité; ces matières, di-tes fondantes , sont ordinairement du feldspath, presquetoujours mélangé de quarz, et du calcaire. Quant auxsubstances qui sont employées pour former les couvertesou glaçures qui recouvrent la plupart des poteries, ellessont très nombreuses, et nous en parlerons à l’article dechaque genre de poteries.
Avant de terminer ce paragraphe, nous rappelleronsque nous avons vu que, pour les alliages métalliquesmultiples (voyez alliages, page 423), l’ordre dans le-quel on combine les éléments est de la plus grande im-portance, et que, toutes choses égales d’ailleurs, eninversant cet ordre, on pouvait obtenir des produits decomposition identique ayant des propriétés essentielle-ment différentes. Ici, un phénomène analogue se pré-sente : il ne suffit, pas pour obteuir des poteries d’unenature donnée, d’arriver à combiner ensemble les élé-ments simples (silice, alumine, etc.,) dans les proportionsindiquées par l’analy6e, mais il est encore indispensableque les matières premières do la fabrication à établir,qui renferment les éléments simples ci-dessus, présententà peu près les mêmes modes de combinaison et d'agré-gation que les matériaux ordinairement employés dansla composition de cette sorte de poterie.
Préparation des pâtes ,
Il est essentiel que les pâtes céramiques soient ame-nées à présenter, dans leur masse, une homogénéitéd’autant plus parfaite que la température de leur cuis-son sera plus élevée, afin que le retrait soit bien égal etno donne pas lieu à la déformation des pièces. A ccteffet, on fait subir aux matières premières deux sériesd’opérations: les premières ayant pour but d’obtenir desmatières séparément bien homogènes et réduites en par-ticules très ténues, les secondes servant à produire unmélange intime des matières préparées comme il vientd’être dit.
Lés kaolins et les argiles sont préparés par un lavagepar décantation. A cet effet on les laisse sécher, on lesréduit en poudre grossière, soit à la batte à main, soitsous des meules verticales, on les humecte d’une petitequantité d’eau, on les laisse s’en pénétrer pendant vingt-quatre heures au moins, puis on les délaie en les faisanttomber dans une cuve pleine d’eau, et dans laquelle semeut un agitateur muni de bras. On laisse ensuite reposer quelques instants, puis on décante l’eau trouble dan»des cuves de dépôt échelonnées, où on la laisse jusqu’àce que les particules argileuses qu’elle tenait en suspen-sion se soient déposées. Le délayage des argiles se faitbien plus facilement dans l’eau chaude que dans l’eaufroide ; on y applique avec avantage l’eau de condensa-tion de la machine à vapeur, lorsqu’il y en a une dansl’établissement.
Les autres matières doivent êtï« soumises à un