POTERIE.
avec les pieds de l'ouvrier, opération connue sous lenom de marchage % soit par le battage à la main, soitenfin au moyen de tonnes à mélanger (figures 2163à 2167).
2165.
2164.
2466.
2167.
Enfin, on améliore notablement la qualité des pâtesen les conservant en masse pendant longtemps, sou-vent même des années entières, dans un état constantd’humidité. Elles éprouvent alors pour la plupart cequ’on nomme la pourriture ; c’est une sorte de fe;men-
tation que Ton accélère en humectant les pâtes avec deseaux de fumier ou des eaux marécageuses. Les pâtesdeviennent noires et exhalent une odeur d’hydrogènesulfuré. Lorsqu’on en prend une faible partie et qu’onl’expose au contact de l’air, elle blanchit rapidementavec dégagement d’acide carbonique. Le dégagementdo gaz qui se produit pendant la pourriture des pâtes,par suite de la putréfaction des matières organiquescontenues dans l’eau, produirait, selon M. Brongniart,une espèce de pétrissage plus complet, ce qui explique-rait pourquoi les pâtes acquièrent parla pourriture plusde plasticité et d’homogénéité, en même temps qu’ellesprennent un retrait moindre et plus régulier que les pâtesneuves.
Façonnage des pâtes .
Le façonnage des pâtes se fait de trois manières dif-férentes, par tournage, moulage et coulage.
L débauchage des pièces se fait ordinairement sur untour d axe vertical ; à la partie inférieure cet axe porte une rouemassivo qui sert de volant, et quel'ouvrier met en mouvement avecle pied. Lorsque l’ouvrier a de gran-des pièces à exécuter, le tour estmis en mouvement par un autreouvrier au moyen d’une mauivclle.Nous donnerons, comme exemplede ce dernier genre de tour, le touranglais (fig. 2168) à ébaucher lafaïence fine : C, est la caisse outable du tour ; a, tête du tour ; a b,axe vertical du tour; c, roue mo-trice mue par un aide qui agit surla manivelle r; p, grosse pierre quisert à fixer le traîneau de la roue c ;f, poulie à plusieurs gorges sur la-quelle passe la corde sans fin en secroisant : d, autre poulie à gorgefixée sur l’axe du tour, et sur la-quelle passe la corde sans fin ; /c,banquette sur laquelle est assis letourneur ; e, banquette oblique surlaquelle le tourneur place ses pieds ;l , rebords servant à retenir les écla-boussures de la pâte ; h i , instru-ment mensurateur de l'ébauche ;D, pièce de pâte en partie ébauchéesur le tour. Lorsqu’on a un grandnombre de tours à faire marcher àla fois, on emploie comme moteurcommun une roue hydraulique ouune machine à vapeur.
Pour ébaucher au /our une pâte quelconque, l’ouvrierprend une masse de pâte humide proportionnée à lapièce qu’il veut faire, il la met sur la tête du tour,mouille ses mains avec de la barboiint, c’est-à-dire avecune bouillie claire de cette pâte, met le tour en mouve-ment, et amène peu àpeu la pâte à prendre 1sforme voulue en se ser-vant de ses mains, etsouvent d’une épongequi est destinée à éten-dre la surface de scsdoigts. Un seul instantpassé dans une fabriquede poteries fera mieuxcomprendre cette opéra-tion que les descriptionsles plus détaillées. Onaugmente au besoin lahauteur de la pièce ébauchée, en rapportant successivement des colombins de pâte à sa partie supérieure.La principale difficulté de l’ébauchage au tour, consisteà mouiller et à comprimer bien également la pâte àmesure que l’on élève la pièce ; sans cela, celle-ci scdéforme plus ou moins et même se fêle par la cuisson.
Certaines pièces, par leurs dimensions, ne peuvents’ébaucher sur le tour; on les élève alors à la main, aumoyen de colombius ou boudins de pâte successivementrapportés.
Les modèles pour le moulage se font en plâtre gâ-ché serré et pénétré d’huile siccative pour les durcir,ou en métal, étain ou bronze. Sur ces modèles-types,on prend des contre-épreuves ou mères en plâtre qui,surmoulées à leur tour, donnent les moules destinés à