POTERIE.
POTERIE.
variations brusques de température, et cette pâte doitêtre plus difficile à ramollir et par conséquent plus ré-fractaire que les poteries qu'on doit y placer ; on con-çoit dès lors que pour certaines poteries qui se cuisentà une température très élevée, comme les porcelaineset les grès, les supports et étuis ne peuvent se fabriquerqu’avec des argiles extrêmement réfractaires, bien la-vées et auxquelles on ajoute du ciment ou débris d’an-ciennes cazettes cuites grossièrement pulvérisés.
L 'encastage, ou l’action de placer les pièces à cuiresur des supports ou dans des étuis, varie suivant quela pâte est ou non ramollissable au feu.
Lorsque la température de cuisson est insuffisantepour que les poteries se ramollissent au feu, et lorsqu’el-les n’ont aucun vernis ; tantôt on les empile sur la soledu four, quand les pièces sont assez épaisses pour quecelles qui sont à la base puissent supporter sans défor-mation le poids des pièces supérieures ; tantôt, dans lecas contraire, on emploie l’encastage en échappage ouen chapelle , qui consiste à diviser la hauteur du fourpar plusieurs planchers formés de plaques de terre cuitesupportés par des piliers de même nature, et sur les-quelles on entasse les pièces à cuire ; tantôt enfin onles met dans des étuis ou cazettes, qui n’ont pour objetque de les garantir, de l’action trop immédiate de laflamme, de la fumée et des cendres qui pourraient enaltérer ou en colorer la surface : c’est par l’une de cesméthodes que l’on encaste les poteries sans glaçures,comme les poteries grossières, le biscuit de faïence, ledégourdi de porcelaine. Mais si ces poteries sont recou-vertes d’un vernis vitrifiable, on les dispose de manièreà ce qu’elles ne puissent se toucher et à ce qu’ellesaient le moins possible de points de contact avec leurssupports, qui présentent des pointes ou des arêtes ai-guës, et sur lesquels on les place généralement de tellesorte qu’elles se trouvent supportées par trois points :ces supports portent, suivant leur forme, le nom depernettes, de colifichets ou de pattes de coq.
L’encastage des poteries dont la pâte est ramollissa-ble à la température à laquelle s’opère la cuisson, estune chose beaucoup plus délicate. 11 est indispensablede‘soutenir les pièces par une surface ou des pointstellement choisis et en nombre suffisant pour qu’il n’yait presque pas de porte-à-faux ni de parties en sailliesusceptibles de se déformer par le ramollissement ; ilen résulte des difficultés énormes pour la cuisson decertaines pièces, et cette considération a une grandeinfluence sur le choix des formes de cette espèce de po-teries : nous y reviendrons en parlant de la porcelainedure. Les difficultés d’encastage deviennent encore bienplus grandes lorsque ces poteries sont recouvertes d’uneglaçure qui se cuit au même feu ; c’est même pour leséviter en partie qu’on a fait de la porcelaine tendredont la glaçure se cuit à unç température inférieure àcelle qu’exige le biscuit et dans un autre feu.
L’encastage terminé, on procède à V enfournement ;ce dernier se fait en charge , quand on entasse seule-ment les pièces les unes sur les autres (briques, tuiles,poteries communes); en échappade ou en chapelle ,quand on emploie l’encastage du même nom ( faïencescommunes) ; en étuis ou cazettes , quand les pièces sontplacées dans des étuis que l’on range en piles verticalesdans l’intérieur du four (faïence fine, porcelaine) ; quelque soit le mode d’enfournement employé, il faut que laflamme puisse circuler également et librement entretoutes les pièces ; comme, malgré tous les soins, cer-taines parties du four chauffent toujours plus que lesautres, on y place les poteries plates qui exigent plusde feu que les poteries creuses et celles qui repassentau feu pour une cause quelconque.
Pour la cuisson de la porcelaine seulement, on em-ploie généralement du bois séché à l’air ; nous avonscependant vu employer du lignite, en Bohême, et de la
houille, en Saxe. Ce progrès est aujourd’hui réalisé àla Manufacture de Sèvres , grâce à la fréquence deschargements de ia houille.
Les regards qui sont ménagés sur les parois desfours permettent de reconnaître si les foyers ou lesalandiers tirent également bien et d’en régulariser lamarche ; outre la couleur du four, qui suffit souvent aun potier exercé pour reconnaître si la température dufour est assez élevée, on l’apprécie, soit au moyen demontres ou petites pièces de poteries, de la même pâteque celle de la fournée, et qu’on a introduites avant lamise en feu dans des parties du four dont on peut ai-sément les retirer, soit par le glacé que prend une cou-verte mise sur cette pâte ou la nuance que certainsvernis colorés prennent à différentes températures : lepremier procédé accuse, outre la température du four,l’état de cuisson de la fournée.
Division des poteries.
Dans le remarquable ouvrage que nous avons cité aucommencement de cet article, M. Brongniart divise lespoteries en trois classes et neuf ordres, savoir :
1 4° Terres cuites (briques, tuiles, terrescuites).—Pâte argilo-sableuse, surface matte: sans glaçure.
2° Poteries lustrées. — Glaçure mince,silico-alcali ne.
3° Poteries vernissées. —Glaçure plofn-bifëre.
4° Poteries émaillees (faïence com-mune). — Glaçure stannifère.
II. Poteries à pâte J 6® Faïence fine. — Pâte incolore : glar-dure y opaque, i çure vitro-plombique.argilo - sili-< 6® Grès-cérame.-— Pâte colorée ; sansceuse; infu-1 glaçure ou avec glaçure silico-al-sible. ( câline.
1 7° Porcelaine dure. — Pâte kaolini-que; glaçure feldspathique.
8° Porcelaine tendre naturelle. — Pâteargilo-saline, phosphatique, kaoli-nique ; glaçure vitro-plombique ,1 boracique.
19® Porcelaine tendre artificielle. —PâteF marno-saline, frittée; glaçure vi-\ tro-plorabique.
Nous ne saurions mieux faire que d’adopter la mêmedivision.
UI. Poteriesàpâ-te dure , trans-lucide, argilo-siliceuse , al-'câline, ramol-lissable.
I. POTERIES A PATE TENDRE.
1° Terres cuites.
La pâte de ces poteries est ordinairement peu dure,d’une texture lâche et poreuse ; elle se fait avec de l’ar-gile figuline ou de la marne argileuse, marchée ou ma-laxée dans une tinne ou tonne à corroyer, rarement la-vée, et dégraissée avec du sable, du ciment ou des es-carbilles ; la cuisson se fait en tas ou dans des fours àfoyer inférieur.
Briques. Les briques sont probablement les premiersobjets en terre cuite que l’on ait su fabriquer, et ce sontcertainement ceux dont la forme est la plus simple.Nous nous sommes déjà occupé de leur fabrication dansun article séparé, de sorte qu’il ne nous restera que peude choses à ajouter. Les briques communes peuvent sefaire avec toùtes sortes de terres argileuses que l’on dé-graisse au besoin, comme nous venons de le dire ; lesbriques réfractaires au contraire exigent l’emploi d’nneargile plastique très pure, mélangée de ciment de lamême argile. Généralement on ne lave pas la terre àbriques ; onia marche ou on la corroie dans une tinne.On moule presque toujours les briques à la main ; nousavons décrit, à l’article brique , quelques-unes desprincipales machines inventées pour les faire par pro-