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POUDRE.

POUDRE.

grains trop fins ou trop gros, après avoir été séchés,sont remis dans le baril à triturer avec de nouvelle com-position .

La poudre ainsi fabriquée est ronde ; la surface desgrains est assez dure, mais l'intérieur reste mou, ce quila rend peu propre à se conserver et peut occasionner deslongs feux dans le fusil.

On évite ce défaut par le moyen suivant :

On moqillo à 40 p. 100 d’eau les 2/3 des 20 kil. depoussier sortant du baril de trituration. On pétrit et onfait passer la pâte dans un crible fin, dont les ouverturesont 0",00085 de côté s’il est métallique, ou 0“,001 s'ilest en peau. On met le tout sur un drap de lit, auquel onimprime un mouvement de va et vient. Au bout dequelques minutes, les grains ayant pris un peu de corps,on projette de l’eau en gouttelettes très fines, avec unebrosse ou un balai de crin. On jette ensuite par portionssuccessives, et en continuant toujours le mouvement, le1/3 du poussier qui est resté sec et qui s’attache aux pe-tits grains par couches superposées. On arrive ainsi à lagrosseur de grains qui convient. L’eau projetée est npeu près le dixième du poids du poussier sec. L’opéra-tion dure de dix à quinze minutes.

L’égalisage donne les deux tiers de grains trop fins,qui sont traités de la meme manière au moyen de pous-sier préparé d’avance. Ainsi chaque opération fournitle petit grain pour la suivante. On ne se sert du grenoirfin que pour commencer, et ponr réduire les grains tropgros, qui se forment en très petite quantité.

On donne la compression nécessaire par le lissage, etenfin, on sépare les grains à canon et les grains à fusil.

Le même procédé peut s’appliquer ainsi qu’il suit àune fabrication permanente. Le drap est remplacé parune tonne de 1",3o de diamètre sur U“,62 de longueur,montée sur un axe horizontal, faisant de cinq à sixtours par minute ; l’un des fonds ouvert suivant un cer-cle concentrique de 0 n ’,60, pour qu’on puisse y jeter Jepoussier et y introduire la main sans arrêter le mouvement. L’eau d’arrosage y est portée par un tube paral-lèle à l’axe, percé d’un rang de trous capillaires, et re-cevant l’eau d’un réservoir élevé de 4 ou 5 mètres, ousous une pression équivalente. Quand le grenage d’unecharge est terminé, on la retire par une porte qui s'ou-vre sur le pourtour de la tonne.

On charge la tonne de 100 kil. de petit grain, noyau,pour faire de la poudre à canon, et de 150 kil. pourfaire de la poudre à fusil. Dans l’un et l’autre cas, onarrose avec 5 kil. d'eau et on jette 50 kil. de poussier.L’opération dure de quinze à vingt minutes. Si l’on vou-lait avoir un grain encore plus fin, il suffirait d*aug-menter la quantité de noyau.

L’égalisage donne, avec la charge :

Pour poudreà can. à fusil

Grains à canon.32 k 6 L

— à fusil.18 44

Sur-égalisures qu’on passe au grenoir

fin pour refaire du noyau. . . . o 4

Sous-égalisures servant de noyau. . 95 146

Si la tonne à grener était chargée de 100 kil. depoudre à fusil, l’addition de 5 kil. d’eau et de 50 kil. depoussier donnerait 150 kil. de poudre à canon.

On lisse dans une tonne pareille et ordinairementmontée sur le même axe. On la charge de 150 à200 kil. de poudre. On en prend de temps en temps unéchantillon, pour reconnaître sa densité avec la mesurede 35 centimètres cubes ou avec le gravimètre. !

La poudre ronde ainsi fabriquée ayant rendu plus ra- ;pide la destruction des bouches à feu, ce procédé a cessé jd’être employé ponr les poudres de guerre, malgré tousses avantages, au moins jusqu’à ce que l’expérience ait Ifait reconnaître les modifications qu’il convient d’y ap- !

porter. On continue à l’employer, dans plusieurs poudre-ries, pour les poudres de mine.

On pourrait obtenir du grain anguleux en établissantune presse, avec laquelle on transformerait en galettele mélange humecté. Il suffirait de réunir deux solivesà l’une de leurs extrémités par un cordage qui serviraitde charnière. La matière serait posée entre deux pla-teaux en bois de 0“\2 d’épaisseur, placés tout près de lacharnière. Un poids appliqués l’autre extrémité de lasolive supérieure, ou un second cordage, produirait lapression nécessaire.

Poudre anglaise. Tels sont les modes de fabricationsuivis eu France . Eu Angleterre, la série des opérationsest la même. Voici les quelques modifications qu’on yremarque :

Le charbon est toujours fait en vases clos. On dis-tille le bois dans des cylindres de fer creux disposés enlignes parallèles et fixés sur un mur en briques. Cescylindres ont 1*,20 de diamètre sur f“*,80 de long;ils sont placés horizontalement, de sorte que la flammed’un brasier joue autour de deux cylindres; les deuxextrémités sortent un peu du mur. On adapte avec forceà l’un des bouts de chaque cylindre un disque de ferfondu. Du centre de ce disque sort un tube en fer de0", 15 de diamètre, qui entre à angle droit dans letube principal de réfrigération. Le diamètre de ce tubedoit être de Ü“,25 à 0 ni ,35 selon le nombre des cylindres ;l’autre extrémité du cylindre est fermée par un disqueen fer luté tout autour avec du mastic et affermi pardes chevilles. La charge de bois d’un cylindre est à peuprès de 400 kil. On tient le brasier allumé tout lejour: la nuit on laisse les cylindres se refroidir, et lelendemain matin on ouvre la bouche du cylindre pourôter le charbon et mettre une nouvelle charge de bois.Le charbon ainsi obtenu est roux ; il pèse à peu près uncinquième du poids du bois.

On ne triture pas la matière dans des pilons, mairbien sous des meules. 25 à 30 kil. de composition son 4,placés sous deux meules verticales roulantes mises er.mouvement par une roue hydraulique. Ces meules re-posent sur une auge dont le lit est en fer ; elles roulen;en tournant autour d’un arbre vertical traversé pa?Taxe-horizontal qui leur est commun. Deux pièces debois nommées charrues suivent les meules, et refoulen 1la matière des côtés vers le milieu de l’auge. Deuxheures de travail suffisent pour la trituration.

La granulation s’opère par le procédé des tamismunis de disques en bois dur et pesant; mais cestamis ou cribles, au lieu d’être mus par des ouvriers,sont adaptés au nombre de trente environ sur deschâssis, auxquels un mécanisme fort simple commu-nique un mouvement excentrique.

Toute la poudre anglaise est lissée; on la met,quand elle est granulée, dans des cylindres de canevas,assujettis sur des cercles et renfermés dans de grandscylindres en bois. Ceux-ci, tournant rapidement surleur axe, obligent les grains à se frotter les uns contreles autr-es, et à acquérir aussi plus de lustre et dedureté. Le second cylindre en toile empêche le pous-sier, qui passe à travers la toile du premier cylindre, des’échapper et de se perdre. Ce poussier est mouillé ettravaille de nouveau.

Enfin, le séchage s'effectue à la vapeur. On met lapoudre sur des plateaux de cuivre, qu’on range en lignesur des planches posées les unes sur les autres. Lestubes de vapeur passent autour des plateaux et entrechaque étage. Il ne faut pas que la poudre soit séchéetrop vite, ni par une chaleur trop intense. La chaleurrequise est de 49° centigrades.

Embarillage. La poudre fabriquée, il faut ia mettreen barils. Cette opération ne laisse pas d'être délicate,et demande de grandes précautions.

Les poudres de guerre sont mises dans des barils de