Band 
G-Z.
JPEG-Download
 

POUDRE.

POUDRE.

la contenance de 50 à 400 kilogrammes qu’on ren-ferme eux-mêmes dans des chapes.

Les douves ou douelles et les fonds ou enfonçuresdes barils et des chapes doivent être en chêne ou enchâtaignier, refendu et non scié. Ces bois, ainsi débi-tés, s'appellent merrains ; ils doivent être très sains ettrès durs.

Les cercles sont en chêne ou en châtaignier blan-châtre; le rouge doit être rejeté; on les dépouille del’écorce.

Emmagasinage. Les dangers énormes qui environ-nent tout amas un peu considérable de poudre ont faitadopter certaines dispositions réglementaires toutes lesfois qu’il s’agit d’en conserver.

Les bâtiments qui servent de magasin pour la poudre

2494.

s’appellent poudrières (fig. 2494). Leur toit est sup-porté par une voûte, et de plus ils ont encore une voûtesous leur sol ; le plancher est en madriers de chêne etsans clous; l’air doit circuler sous le plancher. Les ba-rils sont disposés sur six rangs, isolés les uns des au-tres et des murs latéraux. Les chantiers sur lesquelsils reposent sont en chêne bien sain, sans aubier, as-semblés par deux épars de même bois, placés sur desdés cubiques correspondant autant que possible* auxlambourdes du plancher.

On peut absorber une partie de l’humidité d’un maga-sin au moyen du chlorure de calcium, qu’on renouvellede temps en temps, et que l’on place dans une caisse ou-verte suspendue à la voûte. De la poudre jetée sur de lachaux vive, qui absorbe l’eau avec une grande activité,pourrait s’enflammer. 11 faut de plus aérer le magasinquand le temps est sec et le ciel serein, et établir desmoyens de ventilation; enfin, n’entrer qu’avec dessandales, et déposer au-dehors vtout ce qui serait sus-ceptible de produire des étincelles.

Chaque poudrière est munie de paratonnerres, qu’ona trouvé avantageux de placer près le bâtiment: lemieux est de leur donner deux conducteurs, l’un ducôté où se forment le plus fréquemment les orages, l’au-tre du côté opposé.

Epreuves. Avant de se servir d’une poudre ou de lamettre en magasin, on doit l’éprouver. Pour cela, ilfaut faire ouvrir au moins un baril sur vingt, en ayantsoin d'en prendre un de chaque date de fabricatiou.

La poudre doit être d’un grain égal, ne s’écraser quedifficilement sous la pression du doigt, et ne laisseraucune trace de poussier quand on la fait glisser sur lamain.

On prend dans chacun des barils ouverts quatre échan-tillons de 92 grammes de poudre chacun, qu’on pèseavec soin, et qu’on renferme dans des gargoussesétiquetées pour les transporter au champ d’épreuve.

On vérifie avec la plus grande exactitude le diamètreintérieur de l’éprouvette (qui est un petit mortier), celui

I de la lumière et celui du globe qui lui sert de pro! jectile. Le diamètre de l’éprouvette doit être d<:7 p°- O 1 . 9p., et celui de la lumière de 4i. 6p. ; le diamè-tre du globe de 7po., et son poids de 29 k ,30. On notetoutes les altérations, même les plus légères.

On choisit pour la chute des globes uu terrain qui nesoit ni pierreux ni trop dur. On dispose le mortier-éprou-vette sur une plate-forme bien horizontale, établie surun massif en maçonnerie, formée de lambourdes euchêne jointives de 9“,46 sur 0 m ,40, assemblées solide-ment par deux fortes traverses, et posées dans le sensde la ligne de tir.

On place une étoupille dans la lumière, on verse dansla chambre, au moyen d’un entonnoir coudé, les 92grammes d’un des échantillons sans refouler ; on place leglobe dans l’éprouvette au moyen dela poignée, qu’on remplace ensuite parle bouton vissé; et on met le feu.

On tire, pour chaque poudre, troÎ3coups, dont on prend la portée moyeune.En commençant l’épreuve, on tire uncoup, qui no compte pas, pour flamberle mortier.

Dans les poudreries, le règlementexige une portée de 225 mètres aumoins pour les poudres neuves, et de240 pour les poudres radoubées.

Les éprouvettes ne tardant pas à sedétériorer et donnant des portées deplus en plus faibles, on corrige les por-tées des poudres soumises à l’épreuve,au moyen d’une poudre-type choisieparmi les poudres de guerre ( grain àcanon), de fabrication courante, la-quelle est conservée avec soin dans des bouteilles deverre ou des bottes en fer-blanc bien desséchées et fer-mées hermétiquement. La portée actuelle de cette pou-dre, comparée a sa portée primitive dans la même éprou-vette , fait connaître la perte due aux altérations del’instrument et la correction à faire. La portée de lapoudre-type se détermine par un tir de six coups, er.prenant la moyenne des cinq derniers.

Lorsque les portées de la poudre-type sont descen-dues à 200 mètres, il est nécessaire de renouveler lemortier-éprouvette ou seulement le globe.

Dans le service , une poudre neuve n’est rejetée quelorsque sa portée, après la correction faite, reste au-I dessous de 240 mètres.

i L’on a soin de constater le nom de la poudrerie■ et l’année de fabrication. — La nature de la poudre :à canon, de mousqueterie, de mine, de traite, dure,friable, ronde, anguleuse, bien ou mal époussetée. —i La densité déterminée au gravimètre. — La portée dej chaque coup et la portée moyenne. — Les altérationsde l’éprouvette et de son globe. — L’état hygrométri-que de l’air, la direction du vent relativement à la ligne! de tir, la hauteur du baromètre et du thermomètre! au moment de l’épreuve.

I Moyens d'épreuve à employer dans des circonstancesj particulières. On peut éprouver la poudre en la compa-. rant avec celles des approvisionnements : 4 U au moyend’un obusier, à petites charges; 2° au moyen d’uncanon de fusil monté en pendule : les reculs de ce pen-dule sont proportionnels aux vitesses imprimées à laballe.

Enfin, il existe plusieurs éprouvettes particulièresauxquelles on peut être obligé d’avoir recours ; les deuxsuivantes sont le plus généralement employées.

Eprouvette Régnier , peson gradué au moyen de poids.On remplit de poudre une petite cavité qui en contientenviron un gramme. L’explosion écarte un obturateurporté à l’extrémité d’un ressort, et un index glissantsur un limbe gradué marque le nombre de degrés que le