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PRUSSIATES.

PRUSSIATES.

« L’ammoniaque est absorbé par l’acide sulmrique,et l’acide cyanhydrique seul se dégage du flacon pourse rendre dans un vase entouré d’un mélange frigori-tîque, après avoir été desséché par du chlorure de cal-cium. L’acide, ainsi obtenu, présente toute la puretéde l’acide obtenu par la décomposition du cyanure demercure au moyen de l’acide chlorhydrique.

« J’ai encore mis à profit cette même réaction ducharbon pour préparer du cyanoferrure de potas-sium, seulement la vapeur du cyanhydrate d’amraoniaque, au lieu d’être dirigée dans l’acide sulfuriqueaffaibli, est dirigée dans une dissolution de potassecaustique tenant en suspension du protoxyde hydratéde fer.

« A peine le dégagement a-t-il duré quelques in-stants que l’on voit se former de belles tables rectangu-laires de couleur jaune, consistant en cyanoferrure depotassium. L’ammoniaque éliminé par la potasse peutêtre utilisé.

« Si nous examinons les réactions qui font l’objetde cette note, sous le point de vue des applicationsindustrielles, il n’est pas de doute qu’elles méritent defixer l’attention, non qu’elles soient immédiatementapplicables, mais parce qu’elles peuvent amener quel-ques modifications dans le travail de préparation descyanoferrures alcalins, ou du moins parce qu’ellespeuvent servir à expliquer les phénomènes si compli-qués qui donnent naissance aux cyanures, et diminuerainsi l’incertitude des résultats que présente la fabrica-tion (Mémoires de la Société royale des sciences de Lille yannée 1840).

Il est évident qu’en faisant arriver le cyanhydrated’ammoniaque, produit, comme l’indique M. Kuhl-raann, dans une dissolution de sulfate de fer, on ob-tiendra du sulfate d’ammoniaque et du cyanure de ferqui peut être employé directement à faire du bleu dePrusse , ou peut être transformé en cyanoferrure parune quantité convenable de carbonate de potasse, quidonne du carbonate de fer ou du cyanure de potas-sium.

M. Baudrimont , qui a fait aussi depuis des recher-ches intéressantes sur ce sujet, fait remarquer que lecharbon décomposant l’eau à la température rouge, ilest presque inutile de dessécher le gaz ammoniaque ; ilsuffira, dit-il, de mettre une colonne de charbon d’unecertaine longueur dans le tube à réaction, colonneprécédant nécessairement le mélange de charbon et decarbonate de potasse.

Il ajoute encore qu’un moyen de tirer un parti avan-tageux du cyanure de potassium produit est de le mé-langer au cyanure de fer obtenu comme précédemment,de traiter le mélange par l’eau, et de soumettre im-médiatement à la cristallisation pour obtenir du cyano-ferrure de potassium.

En 1840, nous avons signalé un des premiers laprésence du cyanhydrate d’ammoniaque dans les pro-duits de la distillation de la bouille, soit dans les eauxammoniacales de condensation, soit dans les gaz et va-peurs ayant échappé à cette condensation.

La présence des substances cyauurées dans ces ma-tières n’a rien qui doive étonner, et il est très probable,du reste, que le cyanogène résulte là aussi de l’actiondu carbone sur l’ammoniaque au moment même oùelle prend naissance.

L’immense quantité de houille que les usines àgaz distillent aujourd’hui , quelque chose comme300,000 tonnes pour toute la France , permet de sup-poser qu’un jour l’industrie saura tirer un parti avan-tageux des produits cyanurés provenant de la distilla-tion de la bouille dans la fabrication du gaz.

Nous avons donué depuis plusieurs années desmoyens d’extraire assez économiquement ces cyanuresdes résidus de l'épuration du gaz au moyen des sels

ou oxydes métalliques. Les cyanures métalliques qui seforment dans cette opération, sous l’influence des mé-taux et du cyanhydrate d’ammoniaque, sont inso-lubles, et c’est du bleu de Prusse qui se produit lors-qu’on emploie dansl’opérationun composé ferrugineux;il suffit de traiter le résidu insoluble par une lessivealcaline pour obtenir un cyanoferrure alcalin en dis-solution assez étendue qui peut servir soit à la fabri-cation des cyanoferrures, soit à la préparation du bleude Prusse . Cette dernière opération est la plus simple,suivant nous. Nous avons produit ainsi, et M. Lamingen a fait autant, d’assez grandes quantités de bleu dePrusse et de cyanoferrure de potassium j mais ces pro-duits renferment nécessairement un ou des composésencore mal connus et mal définis, car ils ont présentéet présentent des difficultés dans l’emploi commercial,difficultés qui en restreignent la consommation.

En 1844, M. Jacquemyns, professeur de chimie àl’athénée de Gand , a publié, dans les Annales de p/iy-sique et de chimie y une note sur la fabrication qui nousoccupe. Préoccupé aussi de l’action de l’ammoniaquesur la potasse et le fer à une haute température, etaussi de l’utilisation des gaz ammoniacaux qu’on laissegénéralement perdre dans la carbonisation des os dansles fabriques de noir, il a songé à faire servir ces gaz àla formation du cyanoferrure de potassium.

Voici l’expérience qu’il a faite à cet égard. Il a placédans une cornue des os qu’il a calcinés en dirigeant lesproduits de la distillation dans un tube de fer chaufféau rouge et contenant de la potasse et du fer ; à la sor-tie de ce tube, les gaz se lavaient dans de l’acide sul-furique étendu d’eau, puis passaient sur un lit dechaux hydraté ; cat M. Jacquemyns espérait pouvoirfaire servir à l’éclairage les hydrogènes carbonés pro-venant de la distillation et épurés des matières étran-gères par Pacide et la chaux.

De 1 kilogramme d’os calcinés, M. Jacquemyns aobtenu 640 grammes de noir ; le mélange du tube àpotasse fut agité dans l’eau ; la dissolution obtenue futfiltrée, puis traitée par du sulfate ferrique, ce qui pro-duisit 0s,86 d’un beau bleu de Prusse . Le gaz ayantété reçu daus un petit gazomètre, on en mesura 125 li-tres donnés par le kilogramme d’os *, seulement ce gazne jouissait pas d’un pouvoir éclairant satisfaisant.Peut-être le passage dans l’acide sulfurique avait-il unpeu altéré ce pouvoir éclairant, et il est évident queM. Jacquemyns serait arrivé d’un seul coup à l’épu-ration complète du gaz, à l’absorption de l’ammo-niaque et de l’acide carbonique avec une dissolutionmétallique neutre. M. Jacquemyns a oublié sans douted’indiquer la quantité de sulfate d’ammoniaque obtenuparle passage des gaz dans l'acide sulfurique.

Malgré ces diverses recherches et les données four-nies par la science à l’industrie, on n’emploie toujours,à peu de chose près, que les anciens procédés pour lafabrication du prussiute de potasse. En 1844, on aessayé en France sur une grande échelle, trop grandemalheureusement pour les expérimentateurs, un pro-cédé de MM. Possoz et Boissière, qui consistait à fairearriver de l’air, comme source d’azote, sur un mélangede potasse et de charbon chauffé au rouge blanc; iln’était pas question de fer dans le mélange. La pré-sence de l’oxygène étant nuisible à la réaction, il étaitabsorbé et fixé par des tournures de fer aussi chaufféesau rouge. Le contact de l’azote avec le mélange euquestion, dans les conditions indiquées, donnait lieu àdu cyanure de potassium.

On aurait dû payer à ces messieurs un juste tributd’éloges s’ils étaient parvenus à obtenir, dans la fabri-cation du prussiate, des résultats plus satisfaisants, aupoint de vue économique, avec ce procédé qu’aveol’ancien. Malheureusement l'application manufactu-rière a démontré qu’il y avait, dans la mise en pra-