- PRUSSIATES.
PRUSSIATES.
sable vert avec noyaux en terre ou en sable séché j ilssont coulcd, les noyaux suspendus. On retourne aussigénéralement les châssis comme dans le moulage desboulets. On y fixe aux bombes des anneaux en les en-gageant dans le moule avant la coulée ; ces anneauxservent à les transporter. Les projectiles creux ne sontpas rebattus ; on se contente de les ébarber, de les li-mer et d'en aléser Y œil avec un alésoir pyramidal à qua-tre faces.
PRÉSURE. Voyez fromage.
PRUSSIATES. Bien qu’à l’article bleu de frusse,on ait déjà décrit les principales propriétés et les diversmodes de préparation du prussiate jaune de potasse(cyanoferrure de potassium) et du bleu de prusse (com-posé de cyanure et de cyanide de fer), nous pensonsutile de revenir ici sur la préparation du cyanofer-rure de potassium, considérée aux points de vue théo-rique et pratique. L'emploi et partant la fabricationde ces cyanures augmentant tous les jours, plusieursnouveaux procédés de fabrication ayant été proposésplus ou moins récemment, la discussion que nous vou-lons entreprendre ne peut manquer d’intérêt, et nousn'avons qu’une crainte, celle de rester au-dessous denotre tâche.
Le seul procédé industriel employé jusqu'à présentconsistait et consiste encore à soumettre à une tempé-rature rouge un mélange de potasse, de matières ani-males calcinées, ou simplement sèches, et un pèu derognures de fer. M. Dumas ( Traité de Chimie , tome VII,page 657) dit qa’il paraît que la production du prus-siate est plus facile lorsqu’on emploie directement lamatière animale non calcinée. D’autres auteurs oufabricants prétendent le contraire et disent qu'on ob-tient autant de prussiate de potasse avec une matièreanimale chauffée jusqu’au point de ne plus donner decarbonate d’ammoniaque qu’avec une matière animaleséchée, mais non calcinée. Ces deux assertions sontcontradictoires; et pour éclairer la question, nous nepouvons faire mieux que citer des expériences faitesdepuis longtemps et auxquelles on attache de l’impor-tance depuis plusieurs années.
C'est à Schèele, le célèbre chimiste suédois, c'est-à-dire au siècle dernier, que nous devons remonter pourciter la première des expériences auxquelles nous fai-sons allusion. Ce savant est parvenu à obtenir du cya-nure de potassium en chauffant au rouge un mélangede charbon et de potasse sur lequel il a projeté du selammoniac.
En 1827 ou 1828, M. Desfosses, pensant que l’am-moniaque devait jouer un grand rôle dans la formationdu cyanure de potassium, a fait quelques essais dontnous citerons les principaux.
Un mélange de carbonate de potasse et de charbonchauffé au rouge dans un tube de verre à travers lequelon a fait passer du gaz ammoniaque ou du carbonated’ammoniaque, a donné une grande quantité de cyanurede potassium. Cette expérience a beaucoup d’analogieavec celle de Schèele.
En plaçant au fond d’un canon de fusil une once(30 gram. 50 centigr.) de corne de cerf râpée, et par-dessus un mélange de 4 gros (15 gram. 3 centigr.) decarbonate dépotasse et 2 gros (7 gram. 6 centigr.) decharbon, on a obtenu, après une calcination conve-nable, 48 grains (2 gram. 55 centigr.) de cyanure depotassium. Les mêmes matières mélangées n’en ontproduit que 26 grains (1 gram. 38 centigr.).
M. Desfosses conclut de ces expériences que pendantla calcination des matières animales avec la potasse, lecyanogène ne se produit point par la combinaison im-médiate de l'azote avec le carbone, mais qu’il se formeaux dépens de l’ammoniaque décomposée subséquem •ment par le carbone. Il cite encore, à l'appui do sonopinion, que l'on obtient la même quantité do cyanure
d’une matière animale seulement desséchée ou préala-blement carbonisée.
C’est dans le Journal de Pharmacie (tome XII) quenous trouvons relatées ces expériences. Le rédacteur dece journal, critiquant l’opinion de M. Desfosses, pré-tend que la différence de rendement en cyanure de potas-sium, dans les denx expériences, ne dépend pas de la cir-constance assignée par l’auteur, la superposition aulieu de la mixtion de la potasse et de la matière ani-male. L’essai, dit-il, qui a été fait en grand du pre-mier moyen a donné un résultat plus désavantageuxque celui obtenu par l’ancien procédé ; mais M. Des-fosses l'explique en prétendant que l'action s’est bornéeà la surface de la masse saline. Il ajoute qu’en faisantpasser du gaz azote sur un mélange de potasse et decharbon chauffé au rouge, on obtient du cyanure depotassium en quantité très notable, mais inférieure àcelle que fournit le procédé ordinaire.
En 1838, M. Kulilmann, dans ses belles expériencessur la production artificielle de l’acide nitrique et del’ammoniaque, a constaté qu’en faisant passer sur dol’éponge chauffée les composés d’azote vaporisables encontact avec les carbures d’hydrogène ou avec l’oxydode carbone, lorsque le composé azoté contient de l’hy-drogène, on obtient de l'acide cyanhydrique ou ducyanhydrate d'ammoniaque ; c’est ainsi que, conformé-ment à la dernière proposition, il a obtenu avec l'am-moniaque et l’oxyde de carbone du cyanhydrate d'am-moniaque. Il rend compte de cette réaction parl'équation suivante :
2CO + 2Az 2 H 6 = Az 8 C 8 H*. Az s H« -f- 2H*O.
Ce résultat porta M. Kuhlmann à répéter, en 1840,une expérience indiquée par M. Clouet ; c’est la pro-duction de l’acide cyanhydrique par l’action de l’am-moDiaquc sur le charbon incandescent. L’expérienceréussit parfaitement bien ; mais, ainsi qu’on devait lopenser, c’est du cyanhydrate d’ammoniaque qu’onobtient, car l’acide cyanhydrique libre serait facile-ment décomposé à la température élevée à laquelle laréaction a lieu ; il se dégage en même temps un carbured’hydrogène (carbure tétrahydrique), la réaction pa-raissant devoir être formulée comme suit :
3C 4- 2As 8 H 6 = As 8 C 8 H 8 . Az 8 H 6 + CH*.
« Cette réaction, qui se produit avec une étonnantefacilité, ne m’autoriserait-elle pas à penser, dit M. Kuhl-mann, que lors de la calcination des matières azotéesen présence d’un oxyde alcalin, il se produit d’abordde l'ammoniaque qui, en contact d’un excès de charbonet de l’oxyde alcalin, se transforme en cyanogène et enoxyde de carbone. Ce mode de réaction, s’il n’a paslieu toujours, doit avoir lieu du moins dans un grandnombre de circonstances. En faisant passer sur un mé-lauge d’oxyde de potassium et de charbon chauffé aurouge dans un canon de fusil un courant d’ammoniaquedesséché, on obtient du cyanure de potassium avec lamême facilité que si l’on y faisait passer nn courant decyanogène pur.
« En tirant parti de l'action énergique du carbonesur l’ammoniaque à une haute température, je suisparvenu, par un procédé qui n’est pas très compliqué, àpréparer de l’acide cyanhydrique avec de l’ammoniaque.
« Voici comment je procède t
« Je produis un dégagement d’ammoniaque qne jedirige, après l’avoir desséché par du chlorure de cal-cium, dans un tube de porcelaine contenant du charbonde bois en petits fragments et chauffé au rouge. Lesgaz qui, sortis du tube, contiennent une grande quan-tité de cyanhydrate d’ammoniaque, sont obligés detraverser une couche d’acide affaibli et chauffé à unetempérature de 50° environ.