SOI K.
SOIE.
2283.
dérer nn cocon comme réellement formé par quatre co-cons concentriques légèrement collés entre eux; etchacun d’eux peut être envisagé lui-même commeétant également le résultat d’un grand nombre decouches concentriques superposées et plus fortementcollées. Si on examine une de ces couches dévelop-pée , on voit comment tous lesbrins s’enchevêtrent. Si on com-pare différentes couches ainsi déve-loppées, ou reconnaîtra facilementque le fil est plus resserré dans lescouches intérieures que dans cellesde la surface extérieure ; et cela seconçoit, puisque ce dernier périmè-tre est plus grand que celui de l’in-térieur par lequel l’inserte finit sontravail. Si on dévide séparément lefil formant chacune des quatre cou-ches, et qu’on en détermine le titre,c’est-à-dire si on compare le poids à la longueur, ontrouve qu’à poids égal la longueur augmente de la pre-mière à la quatrième couche, si nous désignons parpremière celle de la surface extérieure du cocon.
Mais comme le fil d’un cocon eèt continu de la sur-face au centre, il en résulte que la grosseur de ce filn’est pas uniforme, comme on le suppose souvent à tort,mais qu’elle va en diminuant du commencement à lafin du dévidage. On peut évaluer la'différence de fi-nesse d’un fil de cocon de -1/3 à 1/4. Il est donc dans lerapport de 3 à 4 fois plus gros à une extrémité qu’àl’autre.
Longueur du fil. La longueur totale d’un fil de coconest en général proportionnelle à la grosseur du cocon,
11 est évident que plus la chenille aura fourni de soie,plus la longueur devra être considérable. Cependant,cela n’est pas toujours exact, car il peut arriver que lachenille, qui après le filage se transforme en chrysa-lide ou nymphe, n’ait pas toujours un volume en rap-port avec celui du cocon, et que la tissure du coconsoit plus ou moins serrée. On ferait alors une faussoappréciation si on voulait juger du rendement d’un co-con d’après sa grosseur. Ce rendement peut varier de
12 à 18 p. 100 du poids du cocon pour la même es-pèce.
Le papillon du ver à soie est de la classe des papil-lons nocturnes ou des phalènes à antennes pectinées quin’ont point de trompe sensible et ne mangent point. Lacouleur de ces papillons est d’un blanc sale ou jaunâtre.Lorsqu’on laisse percer la coque ou cocon, le fil est na-turellement interrompu, et ne présente plus de bouts.Aussi ne laisse-t-on éclore que ceux dont les papillonssont destinés à la reproduction.
La longueur d’un fil de cocon dévidable d’une manièrecontinue a été estimée par plusieurs naturalistes etentre autres par Malppighi , à mille quatre-vingt-onzepieds et quelques pouces. Cette longueur est au-des-sous de celle que peut fournir un cocon ordinaire dé-vidé avec quelque soin. On peut avaucer qu’elle estmoyennement double; quoique dans l'état actuel desconnaissances industrielles, un tiers à un quart au moinsde la soie continue ne puisse être dévidé et ne soitutilisé que comme bourre ou frison , les premières et lesdernières couches du cocon sont dans ce cas; les pre-mières, parce qu’elles ont été moins régulièrementdisposées par l’insecte, comme nous l’avons vu; lesdernières, celles qui enveloppent la chrysalide, parcequ’elles n'offrent plus assez de résistance pour être dé-veloppées par les moyens pratiques usitésj les ruptures
soie n’est pas complètement transformée dans l’intérieurde l’insecte lorsqu’il commence à filer et que les interrup-tions sont des conséquences naturelles des quatre quantitésüisliuctes de soie assimilée lors des quatre âges du ver.
trop fréquentes s’opposent alors au dévidage complet.
Ces difficultés naturelles, qui n’ont pas permis jus-qn’ici d’utiliser complètement la riche dépouille du verà soie, ne nous paraissent pas insurmontables. Bientôt,sans doute, nous aurons de nouveaux progrès à signalerdans cette intéressante spécialité.
Tous les cocons n’affectent pas la même forme ; ondistingue tout d’abord celui du mâle de celui de la fe-melle par le volume. Le cocon femelle est en généralplus fort et plus rebondi par le milieu. Le mâle pré-sente, au contraire, assez ordinairement une courburerentrante et symétrique, comme l'indique la fig. 2283.
Cette forme est considérée comme la forme normale.
Celle des cocons pointus est moins estimée, comme selaissant moins facilement dévider. Cependant il existedes races entières de vers dont les cocons n’affectentpas d’autre forme. Les cocons des Inde » anglaises deCalcutta , par exemple, ont un volume moindre d’envi-ron 1/3 de celui des cocons ordinaires; ils sont poin-tus aux deux extrémités. Cette disposition en pointeparaît être la forme normale de ces cocons; il est vraiqu’ils se dévident en général avec difficulté, l’on n’enpeut retirer que la moitié en fil continu, l’autre moitiéne peut être employée que comme frison ; mais il nousparaît démontré d’après de nombreuses expériencesque nous avons répétées avec M. Locatelli, sur descocons de Calcutta , que la difficulté du dévidage noprovient pas de la forme des cocons, mais plutôt de ceque les couches sont à peine* collées entre elles, ouparce que leur formation a lieu dans des climats chaudsdont l’atmosphère ne contient pas toujours un degréd’humidité suffisant. Les petits cocons des Indes pro-viennent de vers habituellement élevés dans les mai-sons; ils ne constituent pas la seule race de ces pays,il existe une espèce sauvage, dont les cocons ont lagrosseur d’un petit œuf de poule; la soie de ces coconssert aux lignes à pêcher; souvent on ne laisse pas l’in •secte former son fil, on le fait périr avant et on tire lamatière soyeuse comme une espèce de cire molle pour enobtenir les gros fils destinés à la pêche, et connus sousle nom de crins de Florence .
Récolte de la soie. On sait que notre récolte de soieest limitée au produit d’une seule éducation par an.Mais dans tous les climats où il est possible d’obtenirdeux pousses de feuilles de mûriers dans une saison,on fait jusqu’à 7 à 8 éducations pendant l’été commecela se pratique en Chine (1).
On compte en Europe jusqu’à trente variétés de co-cons provenant d’autant de races de vers à soie ; maisil en est beaucoup que l’industrie séricicole distingue, eules classant à part, et qui cependant ne présententpas ordinairement un caractère tranché. Des lieux deprovenances différents, des noms d’éleveurs ont suffipour établir ces distinctions, qui n’offrent plus d’incon-vénient lorsqu’on en connaît la valeur. Ainsi on distin-gue les races Pesaro, ùandolo , etc. ; les races d 'Aubenas de Loudun ; la race milanaise y etc., etc.
Il n’y a réellement de différence marquée entre lescocons de ces races que celle de la quantité de matièrequ’ils renferment. La plus grande distinction à établirdans les caractères des cocons de nos climats est relativeà leur couleur, qui est tantôt blanche et le plus ordinairement jaune. Les cocons blancs sont, en général, lesplus estimés. La qualité de la soie qu’on en retire estsupérieure ; on n’a pas besoin de la décolorer, et sablancheur naturelle a toujours quelque chose de plusfranc que celle de la soie jaune décolorée artificielle-ment.
Les entomologistes n’ont pu préciser encore s’il