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SOI K.

SOIE.

existe réellement une race blanche qui se perpétue, ousi la soie blanche pouvait être produite accidentelle-ment par la race jaune : ce dornier fait paraît démon-tré ; mais peut-être n’est-il que le résultat d’un croise-ment entre les deux races.

M. Robinet, qui s'occupe d’une manière spécialeet avec tant de succès de la production de la soie, afait des expériences du plus haut intérêt sur un trèsgrand nombre de races différentes, pour établir le rap-port entre le poids du ver et celui du cocon qu’ilproduit. Il a trouvé qu’en moyenne le poids du ver, aumoment de la montée, et par conséquent lorsqu’il con-tient encore toute la quantité de soie à l'intérieur, estde 4« r »,47 ; celui du cocon avec sa chrysalide de4* r -,87. Il y a donc là une différence de 2^',60. Elleprovient nécessairement de l'évaporation et autres per-tes, puisque, après la formation de la chrysalide, lasoie contient une quantité d’eau bien moindre qu’a-vant le travail du ver, et que l’insecte s’est en quelquesorte vidé.

M. Robinet a trouvé encore que cette différence entrele poids du ver, lors de la montée, et celle du coconétait très variable avec les races et les années. Ce ré-sultat est fort remarquable ; s’il a été obteuu dans desexpériences faites sur des produits amenés sous le mêmepoids au même degré de siccité. M. Robinet attribue lesdifférences signalées à l’état dans lequel on présente lesfeuilles aux vers ; ceux-ci prendraient un développementplus considérable, quand on les nourrit avec des feuilleshumides; et. quoique la réduction soit plus forte lors-que le ver est plus développé, la nourriture humiden’en serait pas moins favorable, parce que l’accroisse-ment de réduction n’est pas en raison directe de l’aug-mentation du volume; il en conclut que l’emploi de lafeuille humide favorise dans les larves le développementdes matériaux qui composent le cocon.

La variation des quantités de soie contenues dans lescocons se présente pour les races comme pour les indi-vidus. On admet donc généralement un rendement de40 à 18 p. 400, c’est-à-dire que 100 kilogrammes decocons peuvent rendre de 4 0 à 4 8 kilogrammes de soie.

Composition du fil de cocon. Le 61 obtenu par le dé-vidage du cocon n’est pas composé de soie pure, maisde matière hétérogène. On peut le considérer commeformé de trois tubes concentriques ; au centre est lasubstance fibreuse animale qui constitue la soie; elleest recouverte d’une double couche de gomme végé-tale, dont la composition chimique n’est pas la même.Les chimistes qui se sont occupés des analyses de lasoie ont évalué le poids des corps étrangers qui larecouvrent à 25 ou 30 p. 100 du poids total ; ces corpsdoivent disparaître complètement avant la teinture dela soie. La première couche de la surface peut être dis-soute à l’eau chaude ; la seconde no peut être enlevéeque par l’eau alcaline.

Ou a fait remarquer avec juste raison l’avantage dela présence sur le fil de soie d’une espèce de matière im-perméable à l’eau, qui préserve la chrysalide, dans l’étatsauvage, de l’humidité quilui serait si défavorable. Cetteprésence de la gomme empêche également le ramollis-sement du cocon lors du tirage, ce qui facilite considé-rablement son dévidage. On a donné le nom de soiegrège ou écrue à la soie telle qu’elle est obtenue par letirage du cocon; lorsqu’elle est débarrassée des corpsétrangers qu’elle contient on la nomme soie décreusée ousoie cuite.

Consommation de la soie en France . On évalue a3.000.000 de kilogrammes au moins la quantité de soiemise eu œuvre par an actuellement en France . Sa valeurest variable avec les années et les qualités de la ma-tière. On peut cependant l’estimer approximativementon moyenne à un prix de 55 francs le kilogramme.

Les 3.000.000 de kilogrammes de soie grége repré-

sentent donc une valeur en francs de 165.000.000,qui peuvent être considérés comme un des grands,reve-nus de notre industrie agricole du Midi. Malheureuse-ment une partie de la consommation, près d’un tiers,nous vient encore de l’étranger, et échappe par consé-quent à la production indigène.

Quelque considérable que soit l’importation de lasoie étrangère,. elle a diminné graduellement d’unemanière sensible depuis un demi-siècle. Toutes lessoies de belles qualités nous venaient alors de l’é-tranger, de la Chine surtout. Aujourd’hui, aucun paysne produit de meilleure soie que la France , et il en estpeu qui puissent atteindre à la. perfection des soiesfrançaises, auxquelles il n’y a d’autre reproche à adres-ser que l’élévation du prix, qui est supérieur, il fautle dire, à celui des soies qu’on offre en concurrence.Mais qu’une amélioration vienne à être introduite dansle tirage de la soie, qu’on diminue la quantité dudéchet au tirage des cocons, comme cela ne peut man-quer d'arriver bientôt^ l’agriculture indigène alimenteraà elle seule notre grande industrie séricicole, sans avoirbesoin d’augmenter les plantations de mûriers. Il estpermis de croire qu’alors nous acquerrons définitivementle premier rang dans toutes les spécialités qu’elle em-brasse.

Dans l’état actuel des choses, les pays étrangersd’où la soie est importée sont : les Etats sardes, pourplus des deux tiers ; la Suisse, la Turquie , une partiede l’Italie, l’Espagne pour le reste.

De toutes nos industries, celle des soieries travaillele plus pour l’exportation ; la moitié environ de la soieemployée est exportée sous forme de tissus. L’An-gleterre et les États-Unis forment nos principaux dé-bouchés. On ne saurait trop répéter que ces pays fontles plus grands efforts pour parvenir à se suffire; déjàils n’out rien à nous envier pour les étoffes unies, etnons sont supérieurs pour la production des foulards. Ilne nous reste donc que notre position favorable pour laproduction de la matière première, et notre supérioritéincontestable dans la fabrication des étoffes façonnées.Mais si le sol de l’Angleterre et des Etats-Unis ne se prêtepas à la culture du mûrier, les possessions anglaises desIndes produisent la soie grége sur une échelle gigantes-que : cette soie n’est pas d’une bonne qualité, il est vrai,et le rendement est faible. Ces faits pourraient nous ras-surer, si ces désavantages résultaient réellement de lanature des soies des Grandes-Indes. Il nous est, aucontraire, démontré que les inconvénients tiennent auxmoyens imparfaits employés jusqu’ici dans ces con-trées pour tirer parti des cocons. Les Anglais en sontconvaincus comme nous; aussi ne reculent-ils devantaucun sacrifice pour obtenir des améliorations. Ils nefont pas moins d’efforts pour atteindre à la perfectionde no3 tissus façonnés ; mais sur ce point nous sommesinvulnérables ; car notre supériorité résulte précisémentdu génie de notre nation, qui ne se transplante pas, nos’imite pas, et ne peut être surpassé par le bon marchéde la force motrice et la perfection des machines.

Nous savons que des abus existants neutralisentune partie des fruits que nous devrions retirer de notreheureuse organisation ; mais ces abus peuvent être etseront sans doute bientôt détruits.

Premier degré de préparation de la soie.

éducation des VERS a soie. L’édocation des versà soie qui a pour but la production des cocons, doitnécessairement être subordonnée à la plantation et à laculture du mûrier, car elle ne peut être pratiquée quedans les lieux mêmes où cette culture est possible,les feuilles vertes et fraîches de cet arbuste consti-tuant la nourriture exclusive des vers à soie. Lesprincipales éducations établies sur une grande échelleen France se trouvent dans les départements du Gard ,

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