SOIE.
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plus grosse de moitié, la vitesse est diminuée d’uncinquante millième; enfin, toutes ces différences dediminution peuvent opérer par degré à chaque mouve-ment du va-et-vient, et toujours proportionnellementaux différentes grosseurs de soie. Le va-et-vient n’yreçoit pas son mouvement par une manivelle ; mais ilest produit par la révolution d’une portion de cercledenté, qui engrène alternativement avec des cré-maillères, ce qui rend la vitesse très uniforme, aumoyen de quoi tous les pas de l’hélice, formés parle fil do soie sur la bobine, se trouvent parfaitementégaux entre eux et dans tous les temps, soit que lesbobines soient vides ou pleines, au quart ou à lamoitié ; elles tirent toujours à chaque tour qu’ellesfont une même longueur de soie, pendant que les fu-seaux ont tous fait un même nombre de révolutions,d’où il résulte une soie toujours également apprêtée,c’est-à-dire toujours également tordue dans toutes sesparties.
Le plan du moulin forme un parallélogramme de46 pieds de long sur 45 pouces de large; outre quecette forme est beaucoup plus avantageuse pour le ser-vice du moulin, qui se trouve partout éclairé, elleépargne la moitié du terrain.
La construction est beaucoup plas légère; elle estentièrement dégagée de toutes ces grosses masses et deces longues pièces de bois, qui sc déjettent considéra-blement, et qui dérangent toujours la forme des mou-lins; tous les mouvements y sont fort libres; il n’y apas la moitié des frottements qui se trouveut dans lesmoulins ordinaires : aussi ne faut-il qu’une très petiteforce pour le faire mouvoir.
Le travail du moulin s’y fait beaucoup plus com-modément. Quand il faut augmenter ou diminuer l’ap-prêt, on est obligé, dans un moulin ordinaire, dechanger soixante et douze pignons. Un seul suffit dansle moulin nouveaupour augmenter oudiminuer la vitessede toutes les bobines,et par conséquentpour changer toutl’apprêt.
Lorsque la soie areçu un premier ap-prêt, c’est-à-dire lors-qu’elle a été tordue àun bout, on joint plu-sieurs de ces boutsensemble, qu’on dé-vide à la main surde nouvelles bobines,qui sont ensuite por-tées sur un autre mou-lin pour tordre cha-que fil double ou tri-ple à contre-sens dupremier, et le fairemonter en écheveausur un guindre. Lafig. 2305 représenteun guindre : on donnece nom aux moulinsde second apprêt, quel’on fait mouvoir plus communément avec une cour-roie sans fin qui embrasse tous les fuseaux. On voitque la courroie fait tourner les fuseaux avec moinsd’irrégularité que les maillons de la chaîne, parcequ’elle appuie continuellement sur eux et ne les aban-donne jamais, au lieu que les maillons ne viennent lestoucher que par intervalles.
Mais quand on observe ce mouvement avec quelqueattention, on voit que, pour peu que la courroie soit
plus ou moins tendue, la vitesse des fuseaux est plusou moins grande, et que, s’ils ne sont pas disposés surun cercle parfait, ceux qui sont plus en dedans sontmoins pressés par la courroie, et tournent par consé-quent plus lentement que ceux qui sont plus en dehors.Ainsi, on peut, sans se tromper de beaucoup, regarderles révolutions des fuseanx, dans ces moulins, commeétant aussi inégales que celles des fuseaux dans le mou-lin du premier apprêt.
La soie, au lieu de monter de dessus les fuseaux surdes bobines, comme dans le moulin du premier apprêt,moute ici sur des guîndres. Ces guindres sont des es-pèces de dévidoirs ou chevalets composés de quatrelames de bois de 3 pieds environ de longueur attachéesvers leurs extrémités sur deux croisillons montés surun même arbre. Le pourtour de ces chevalets ou guin-dres a environ 26 pouces.
Chaque fil de soie, qui se trouve double ou tripledans ce moulin, est conduit sur ces guindres par unepetite boucle de fer fixe et s’y dévide en écheveaux.Quand l’ouvrier juge que l’écheveau est assez gros,il en fait la copieuse, c’est-à-dire qu’il casse le filmontant pour le plier autour de l’écheveau qui vientd’être achevé ; il fait ensuite glisser cet écheveau decôté pour donner place à un autre, qui ne peut se for-mer que vis-à-vis la petite bonde de fer qui conduitle fil de soie ; et comme tous les écheveaux se trouventfaits à peu près dans le même temps, l’ouvrier répètela même opération sur tous les autres en faisant letour du moulin. Il résulte trois grands inconvénients decette méthode.
Premièrement, le fil de soie, qui est conduit surle guindre par une boucle immobile, s’y dévide tou-jours au même endroit, et forme un écheveau en talusfort étroit et fort épais, parce que les fils de soie, mon-tant toujours l'un sur l’autre, font des tours qui aug-
mentent continuellement de grandeur, au point que lesderniers ont 18 ou 24 lignes de plus que les premiers.Or, quand ces écheveaux se trouvent entre les deuxchevilles du teinturier ou du lustrage, il faut que lasoie des plus petits tours s’écorche ou se casse pourque l’action de la cheville arrive jusqu’aux plus grands.Cela occasionne un déchet très considérable dans lodévidage de ces soies; beaucoup de perte de temps àl’ouvrier, parce qu’il en emploie presque toujours au-