SOIE.
SOIE.
tant à rechanger les fils cassés on écorchés qu’à fabri-quer l’étoffe; ce qui l’engage souvent à savonner oun falsifier sa soie pour la faire conler plus aisément, etenfin beaucoup de pertes au fabricant, qui se trouve, enoutre, avoir une étoffe beaucoup moins bonne et beau-coup moins belle.
Le second inconvénient, qni résulte d? la méthode,est que la grosseur de tous les écheveau* n’est ja-mais la même, puisqu’elle dépend toujours du plusou moins d’attention de l’ouvrier. Les écheveau* de-vraient tous être petits et bien égaux; mais commele moulin va ordinairement jour et nuit, il arrive queceux qui se font pendant la nuit sont le double plusgros que ceux qui sont faits pendant le jour, ce quidépend de l’heure à laquelle on a capié le soir.
Le troisième inconvénient vient de ce que l’écheveause faisant toujours à la même place sur le guindre pourfaire place à un autre écheveau, quand le temps esthumide ou pluvieux, les lames en bois du guindre setrouvent considérablement enflées, et on a toutes lespeines du monde à faire glisser l’écheveau, et ce n’estordinairement qu’aux dépens de quantité de fils cassésou écorchés qu’on en vient à bout.
Ces inconvénients ont été prévus et ont été tousévités dans le nouveau moulin pour le dernier apprêt;les révolutions des fuseaux y sont toutes aussi régu-lières et toutes aussi constantes que dans le moulin dupremier apprêt, puisque le mécanisme est absolumentle même à cet égard ; la soie y monte eu écheveaux surdes guindres; mais tous les fils y sont conduits paries boucles ou guides attachés sur des tringles, quiont un petit monvement d’allée et venue, et qui pro-mènent insensiblement chaque fil de soie sur le guin-dre, et lui font former un écheveau de 10 lignes delarge sur un quart de ligne d’épaisseur.
Quand les guindres ont fait deux mille quatre centsrévolutions, et que chaque écheveau se trouve avoirdeux mille quatre cents tours, il part, sans qu’on tou-che au moulin, une détente qui fait subitement reculerles tringles où sont attachés les guindres, ce qui faitchanger de place à tous les fils de soie qui viennentformer un nouvel écheveau à côté du premier. Aprèsdeux mille quatre cents autres révolutions, la détentepart de nouveau, et tous les fils de soie se trouventencore dans une nouvelle place pour former un troi-sième écheveau, ce qui se répète constamment jusqu’àce que tous les guindres se trouvent couverts d’éche-veaux. Incontinent après le dernier tour du dernierécheveau, le moulin s'arrête de lui-même, et avertitl’ouvrier par une sonnette de lever les guindres quisont pleins et d’en remettre de vides.
On sent aisément que moyennant cette nouvelle ma-nière, les écheveaux faits sur ces moulins sont tous dela même grosseur, puisqu’ils ont tous exactement2.400 tours ; que les premiers et les derniers tours dechaque écheveau sont à très peu de chose près de lamême longueur, puisque tous les écheveaux n’ont qu’unquart de ligne d’épaisseur ; qu’il n’est plus besoin defaire passer chaque écheveau sur le guindre pour faireplace au suivant, puisque sans toucher au moulin lesfils de soie changent eux-mêmes de place, et viennentformer des écheveaux les uns à côté des autres, jusqu'àce que les guindres soient entièrement couverts. Il estbien vrai qu’on est obligé de changer plus souvent deguindres, parce que la largeur des écheveaux et la pe-tite distance qui les sépare ne permettent pas qu’il yen entre autant que par la manière ordinaire, mais letemps que l’on emploie à changer plus souvent de guin-dres, se trouve bien regagné par celui qu’on emploie or-dinairement aux capieuses ; ils ne se font point ici surle moulin. On a bien plus de facilité lorsque le guindreen a été ôté; on le fait beaucoup mieux et on y perdmoins de soie. On trouve d’ailleurs un avautage bien
considérable sur la main-d’œuvre, puisque une femmepeut fort à sou aise servir quatre de ces machines, tan-dis qu'il faut un homme très agile et très adroit pour enservir une à l’ordinaire. Enfin, il est facile de concevoirque les soies qui, après avoir été tirées de la coque avecsoin, seront montées sur ces nouveaux moulins y rece-vront un tors parfaitement égal dans toutes leurs par-ties, soit dans le premier, soit dans le second apprêt ;que ces soies ne seront pins si maltraitées à la teintureet au lustrage ; qu’elles seront plus aisées à travaillersur le métier, et qu’il en résultera des étoffes beaucoupmeilleures, plus belles, et fabriquées en beaucoup moinsde temps.
Moulin à dévider. Lorsque la soie a été ouvrée, il estnécessaire de la dévider de nouveau pour la disposer sousforme d’écheveaux, composés eux-mêmes d’échevettesou flottes séparées. Ce nouveau dévidago est indispensa-ble pour pratiquer surlasoie les opérations de lacuite, dudécreusage, de la teinture. On emploie en France , depuisune dizaine d’années, avec assez de succès, un- moulinà dévider qui a été imaginé par M. Belly, de Lyon . Lafig. 2307 présente une vue horizontale du moulin, priseau-dessus des guindres. Ce moulin étant circulaire, onn’a représenté que le quart de la machine, le resteétant symétrique.
La fig. 2306 est une élévation de la machine.
Elle se compose d’uue table ronde p, supportée parun bâti sous forme de T, dont on voit un pied en B. Lesguindres à dévider se trouvent disposés en un certainnombre, ordinairement au nombre de 16, autour de latable comme on le voit en r,r.Les guindres sont assem-blés à leur partie inférieure dans les poignées à char-nières, qui leur permettent de s’incliner.
Les roquetins qui doivent recevoir la soie des guindres ^pour la transformer eu bobines, sont disposés dans despoupées sur le champ de la table, tout autour de sa cir-conférence, en un nombre égal à celui des guindres.Ces roquets ont un mouvement circulaire autour de leuraxe. Ce mouvement leur est transmis par despouliesz,;,dont les axes ont leurs extrémités placées entre deuxpointes fixées dans des poupées évidées x , x. Une desextrémités des broches des roquets est garnie de drap,et vient s'appuyer contre une face de la poulie disposéeobliquement. Le frottement qui en résulte, lorsqu’ondonne l’impulsion aux poulies, fait tourner les roquets ;on peut augmenter ou diminuer plus ou moins le frot-tement, en serrant ou desserrant les petites vis que portele système.
Les fils, pour passer des guindres sur les roquets, tra-versent les barbins y.
La fig. 2306 fait comprendre comment le mou-vement est imprimé aux différentes parties. Au pieddu moulin se trouve une manivelle d, attachée à unebielle y , qui est mise eu mouvement par la tige à char-nière e, à la partie inférieure de laquelle elle est fixée.Pour imprimer le mouvement, l’ouvrière qui est assisedevant la machine pose un pied sur la pièce oscillantede la tige à articulation c, qui peut prendre alors la po-sition indiquée en lignes ponctuées sur l’axe de la ma-nivelle; au-dessous d’elle on a placé un croisillon detrois bras, terminés chacun par une lentille pesante. Cecroisillon remplit les fonctions de volant. Au côté opposédu croisillon la manivelle porte sur son axe la roue e,engrenant avec le pignon à, disposé sur le canon verti-cal <?, qui repose à sa partie inférieure dans un pivot dela traverse a du bâti, et à sa partie supérieure dans uncercle qui forme la base des montants m du bâti. Le ca-non g porto une poulie t, munie de huit gorges, et à la-quelle e&t fixé un second croisillon à lentilles II. Au-dessus de la poulie t, sur le même canon g , est une vissans fin À‘, qui engrène avec une roue a, dont l’axe bcommunique le mouvement à un pignon c\ Le pignonc’ transmet successivement la vitesse aux roues d'e y f*.