SOUDE.
SOUDE.
sulfate; elle est toujours en grès et dure à peine quel-ques mois, à cause de l’action énergique de l’acide sul-furique. On fuit tomber l’acide sulfurique sur le sel ma-rin au moyen d’une ouverture pratiquée dans la voûteLe sulfate de soude produit est retiré par une porte la-térale du four et reçu sur le sol de l’usine. On le broieensuite avec du charbon et de la craie, et on introduitle mélange dans la première partie du four, dont lasole doit être rouge. On brasse la matière de quartd’heure en quart d’heure ; au bout de quelques instantselle devient pâteuse et puis entre en fusion; il se dégagealors une foule de bulles d’oxyde de carbone qui vien-nent brûler au contact de l'air. Il se. dégage aussi del’acide hydro-sulfurique et de l’hydrogène carboné,do.it l’hjirogène est fourni par l’eau qui se trouve dansles matières employées. Lorsque l’opération est termi-née, on enlève la soude au moyen d’un rable eu fer,avec lequel on l’attire dans de grands plateaux en fonte.
Avec un four dont la sole du premier compartiment a3“,30 de long sur 2’",65 de large, et celle du deuxièmecompartiment 2“.65 de long sur 2",30 de large, onpeut décomposer en vingt-quatre heures 1.600 kil. desel marin au moyen de 2.000 kil. d’acidc sulfurique à50°, et l’on obtient 2.000 kil. de sulfate de soude qui,mêlés avec 2.000 kil. de craie et 1.000 à 1.060 kil. decharbon, sont transformés en soude, et en fournissent1.300 kil. de bonne qualité.
Dans quelques usines on a imaginé, pour mieux pro-fiter encore de la cludeur perdue, de disposer le four entrois compartiments. Le plus éloigné du foyer sert à ladécomposition du sel ; l’intermédiaire termine cettedécomposition ; enfin, celui qui est le plus près du foyerest destiné à transformer le sulfate en soude brute.
Ce procédé du four double ou triple présente, pourla condensation de l’acide hydrochlorique, des obsta-cles insurmontables; car le tirage qu'exige la fabrica-tion de la soude est si grand, qu’il est, pour ainsi dire,impossible d’y appliquer avec fruit aucun des moyensde condensation décrits sans nuire au succès de l'opé-rution ; de plus, les produits gazeux, formés dans latransformation du sulfate de soude en carbonate, nuitsingulièrement à la condensation des vapeurs d’acidehydrochlorique et à la qualité de l’acide recueilli. D’unautre côté , l’absence de condensation peut être lasource de très graves inconvénients; car l’acide, en-traîne dans la cheminée, cause aux environs des dom-mages considérables pour la santé des habitants, pourla végétation qu’il détruit, et même pour les habita-tions qu’il détériore. Ainsi, dans les environs desfabriques de soude, tous les clous des toitures en ar-doises sont rapidement corrodés, lorsque l’acide n’e6tpas condensé ou ne l’est qu’incomplétement.
Aussi des règlements do police, auxquels on ne tientpeut-être pas ass« z la main, ordonnent expressémentaux fabricants de soude de condenser tout l’acide hy-drochlorique.
Pour arriver à ce but, on opère la fabrication dusulfate dans un four spécial double à réverbère, c’est-à-dire que la décomposition du sel, commencée dansla partie la plus éloignée du foyer, se termine dansla partie la plus rapprochée. On décharge le deuxièmecompartiment du four, lorsque le dégagement d’acidehydrochlorique cesse d’être abondant, fet que l’état defluidité a diminué très sensiblement. On tire alors lamatière par une ouverture latérale sur les dalles engrès de l’atelier, ce qui causerait un dégagement devapeurs acides nuisibles aux ouvriers, si le four n’avaitpas, dans le deuxième compartiment, deux parties,l’une pour défourner, l’autre en face et au dehors pourrecharger. Dans l’origine, il se trouvait, dans cedeuxième compartiment, une bassine en plomb, danslaquelle on faisait agir l’acide sulfurique sur le selmarin. La bassine eu plomb a été, comme nous l’avons
dit, remplacée par des dalles en grès. L’appareil q< enous venons d’indiquer porte quelquefois le nom debastringue.
On dirige la fumée dans une série de condenseurs,au sortir desquels elle est conduite dans la cheminéed’un four à soude, qui forme appel à cause de songrand tirage; ou bien encore on dirige les vapeur»dans une vaste chambre remplie de blocs de carbonateH chaux, et de la elles passent daus un long canal ougalerie garnie de semblables moellons plus tendres etplus spongieux superposés à sec, de façon à laisserentre eux beaucoup d’interstices libres, et dont lesparois sont faites aussi avec des blocs calcaires; et,quand on le peut, on adosse ce canal à une colline,de manière à le faire servir en même temps de chemi-née. Dans le cas contraire, il faudrait élever à l’extré-mité une cheminée d'appel pour la fumée. Quand on ades masses d’eau convenable pour concourir à cettecondensation, il est toujours possible d’y parvenir; ilsuffit de faire passer le gaz à travers une tour rempliede cailloux, qui sont arrosés sans cesse par un filetd’eau. Un canal en pente ferait le même effet qu’unetour.
Les vapeurs d’acide hydrochlorique attaquent le car-bonate de chaux, forment du chlorure de calcium solu-ble, et dégagent de l’acide carbonique : la plus grandepartie de l’acide hydrochlorique peut être ainsi éli-minée avant que les gaz n’arrivent a la cheminée. Cemode de condensation, assez efficace, offrait cependantun inconvénient assez grave : les murs des canauxde condensation, promptement attaqués, exigeaient desréparations fréquentes et dispendieuses. Ii paraît que,il y a plusieurs années, on est parvenu, après bien desessais, à préserver ces murs au moyen du marc ourésidu du lessivage de la soude brute, qu’on y appliqueen couche épaisse et fortement tassée.
C’est spécialement pour les fabriques de soude deMarseille qu'un procédé économique de condensationoffre beaucoup d’intérêt. Nous avons entendu direque dans deux fabriques de sulfate de soude qui four-nissent les verreries du bassin de Charleroy (Belgique ),on appliquait a la condensation de l’acide hydrochlo-rique des appareils présentant pour la forme et le fonc-tionnement beaucoup d’analogie avec les condenseursdes machines à vapeur. Il est évident que ces pompesdoivent être garnies de plomb à l'intérieur.
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La figure 2361 représente le plan, et la 6gnre 2362la coupe d’un four de très grande dimension (four de