SOUDE.
SOUDE.
par de& eaux qui sont plus ou moins chargées, en sorte |qu'il a pu s'en faire des dépôts plus ou moins considé-rables dans les temps anciens.
Bi-carbùfiate. Ce sel contient deux fois plus d’acidecarbonique que le carbonate neutre. Bien préparé, il esttrès blanc; il u’a qu'une faible saveur alcaline, maisverdit sensiblement les couleurs bleues végétales. Si onfait bouillir sa dissolution, une partie de l’acide se dé-gage et il se forme du sesqui-carbonatc.
11 est susceptible de cristalliser, mais généralementon le trouve sous la forme de croûtes d’une texture feuil-letée. Il n’est pas très soluble dans l'eau, car 100 partiesd’eau n’en dissolvent que 2,33.
Nous venons d’énumérer les principales propriétés descarbonates de soude et de l’hydrate de soude, parlonsmaintenant des procédés de fabrication.
Bien longtemps le carbonate de soude s’est extraitexclusivement, en France et en Espagne , des plantesqui croissent sur le bord de la mer, telles que le salkor-rua europœa , le salsola tragus , Yatriplex, le nalsola kali.On cultive avec soin, sous le nom de barillc, l’espèce laplus estimée des salsola. Ces plantes contiennent deî’oxalate de soude, qui est transformé en carbonate parla calcination.
Les plantes étant coupées et séchées, ou les brûle enplein air dans des fosses. La chaleur résultant de cetteopération et la proportion des substances salines souttelles que, si on brasse fortement les cendres lorsqu’ellessont encore rouges, elles forment de petites masses eudemi-fusion. On trouve, après le refroidissement, uuemasse très dure, de couleur ardoisée, et très riche enalcali, à laquelle on donne le nom de soude. Les soudi-sbrutes, ainsi obtenues, renferment en proportions di-verses du carbonate et du sulfate de soude, du sulfurede sodium, du sel marin, du carbonate de chaux, de lasilice, de l’oxyde de fer, et enfin du charbon échappé àl’incinération.
Les soudes lep plus estimées sont celles d’Alicante , deMalaga, de Carthagène ; elles contiennent de £5 à 30p. 100 de carbonate de soude sec. Les soudes que l’onrécolte en France ne sont pas aussi riches ; la soude deNarbonne contient 1 4 à 15 p. 100 de carbonate de soude,et la blanquette^ ou soude d’Aigues-Mortes , 3 à 8 p. 100.
Enfin, on connaît dans le commerce sous le nom desoude de Varech un produit que sa composition rendtrès digne de figurer parmi les potasses. La soude deVarech se prépare sur la côte de Normandie , au moyende plantes marines connues sous le nom de goémon;c’est un fucus, qui peut flotter sur l’eau, que l’on ex-ploite. Cette propriété permet d’en former des radeaux,que l’on fait aisément arriver aux endroits où iis doi-vent être brûlés. La combustion s’en fait dans une fo^se,et à mesure que le résidu de l’incinération entre en fu-sion on le rassemble en masse; c’est ce qu’on appelle lasoude brute. Pour en extraire les sels de Varech, onlessive cette soude et on évapore la liqueur. On obtientdes sels formés à peu près de :
Sulfate de potasse.19 i
Chlorure de potassium. . . . 25 > 100
Sel marin.56 (
M. Gay-Lussac , qui en a analysé plusieurs, regardecette composition comme une moyenne. Comme on levoit, ces sels sont d’un grand intérêt par leur richesse enpotasse, ce qui permet de les appliquer à la fabricationde l’alun et à celle du salpêtre. On reconnaît les sels deVarech à la présence de quelques traces d'iodure de po-tassium.
Avant la révolution française on ne connaissait dansles arts que les soudes naturelles, et comme notre paysest peu riche en ce produit, c’étaient principalementles soudes d’Espagne , d’ailleurs très estimées, qui ali-mentaient la consommation. En 1793, lorsque la guerre
vint interrompre les relations commerciales eutre lesdeux pays, le Comité de salut public, pour répondreaux besoins de nos manufactures, et surtout de nos fabri-ques de savon, fit un appel à tous les chimistes français pour la recherche d'un procédé propre à la production.A cette glorieuse époque de dévouement et de prodigesde toute espèce, on décrétait, pour ainsi dire, les décou-vertes utiles à la patrie en même temps que les vic-toires, et l’ère de la régénération politique fut aussicelle de la science. L’appel du Comité de salut publicfut entendu; plusieurs procédés furent proposés et es-sayés ; mais de tous, celui de Leblanc, chirurgien fran-çais , est seul resté. Une fabrication de trente ans n’y aguère apporté de modifications ; c'est donc, à très peu dechose près, le procédé de Leblanc que nous allons dé-crire.
Delnmétherie avait donné, dans le cours de chimiequ'il faisait au collège de France , avant la révolution,les premières indications sur la fabrication de la soudeartificielle. 11 conseillait l’emploi du sulfate de soude etdu charbon. Leblanc, qui s’occupait alors de chimie etsuivait les cours de cet illustre professeur, essaya ce pro-cédé: mais, ne réussissant pas, il fut, dans la suite deses expériences, conduit à ajouter du carbonate dechaux.
Le sel marin est le produit uaturel qui sert de base hl’opération ; ce chlorure de sodium est transformé parl’acide sulfurique en sulfate de soude, qui passe lui-même à l’état de carbonate sous l’action simultanée dela chalepr, du charbon et de la craie.
On sait déjà ce qui se passe dans la réaction de l’acidesulfurique sur le chlorure de sodium. Pour transformerle sulfate de soude sec en carbonate, on emploie 100 par-ties de sulfate de soude, 100 de craie et 55 de charbon.Il y a formation de carbonate de soude et de sulfate dechaux, qui est réduit par le charbon à l’état de sulfurede calcium, qui s’unit à une partie de chaux provenantde la décomposition du carbonate de chaux. La dose dusulfate de soude varie avec sa pureté. Le sulfate desbastringues (voir plus bas) ne contient que 3 à 4 p. 100de matières étrangères, tandis que le sulfate des cylin-dres en renferme 20 à 22 p. 100 ; aussi faut-il, pour lui,porter sa dose de 100 à 125.
11 a été parlé à l’article acide hydkochlokique des.appareils que l’on emploie quelquefois pour la fabrica-tion du sulfate de soude, mais quand cette fabricationest très importante, le procédé des cylindres n’est pasemployé pour plusieurs motifs : d’abord parce que ladécomposition n'est pas complète (1 ) dans les cylindres,et que le sulfate de soude qui en provient contient tou-jours du fer et un excès d’acide nuisible dans beaucoupd'emplois: ensuite, parce que le procédé des fours, dontnous allons parler, est plus économique. Cette transfor-mation du sel marin en sulfate de soude, qui est trèsfacile en elle-même, cause de grands embarras, précisé-ment à cause de l’énorme quantité d’acide hydrochlo-rique, dont il est quelquefois impossible de trouver leplacement (2), et dont on ne peut obtenir la conden-sation sans de grands frais. Si cet acide pouvait sansinconvénient s’échapper dans l’atmosphère, voici le pro-cédé qu’on suivrait généralement dans les localités oùon ne peut tirer parti de l’acide hydrochlorique, procédéqu'on a suivi et qu’on suit encore quelquefois.
On fabrique dans un même four le sulfate de soudeet la soude. C’est ce four double à réverbère dont la soleest divisée en deux compartiments elliptiques et dont lavoûte est très basse. La première portion de la sole, cellela plus rapprochée du foyer, est destinée à la fabricationde la soude. La seconde est réservée à la fabrication du