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SUCRE.

SUCRE.

valle. Ces cylindres sont montés sur un axe incliné et ilsreçoivent sur cet axe un mouvement de rotation. Le sucs’introduit par la partie supérieure du cylindre inté-rieur; la température élevée qu’il éprouve le concentre,et à l’effet de cette température vient se joindre l’actiondu courant d’air intérieur qui s’établit de bas en hautdans l’appareil.

Les vapeurs produites par la concentration doiventêtre dirigées hors de la fabrique par une cheminée enplanches, sans cela elles pourraient gêner le travail del’atelier.

11 y a deux espèces de filtration : l’une qui a pour butde séparer le sirop des matières insolubles qu’il con-tient; l’autre qui agit sur lui comme décolorante.

Les premières se fout à l’aide d’une étoffe de coton ; ilarrive que les sirops, par l’effet de la chaux qu’ils con-tiennent , encroûtent les filtres et les rendent impro-pres à aucune espèce de lavage. Pour leur restituer leurpropriété filtrante, on a imaginé de laver ces sortes defiltres avec de l’acide bydrochlorique très faible. L’acidedissout les sels de chaux; il ne reste plus qu’à rincerparfaitement le filtre pour lui enlever jusqu'à la der-nière trace de l’acide.

La disposition des filtres de M. Taylor est très avan-tageuse. 11 leur a donné la forme d’un sac dont l’ouver-ture est plissée sur une douille conique. Lorsque le sacest plissé on descend l’anneau de la douille et on y faitentrer l’extrémité du sac qui se trouve ainsi arrêté surla douille. A la partie supérieure de celle-ci se trouveuu pas de. vis qui permet de la fixer à la partie infé-rieure d’une caisse doublée en métal intérieurement.

Lorsque l’on verse le jus dans la caisse, il s’écouledans les sacs, les traverse, et est recueilli dans le fondde la caisse inférieure où est placé l’appareil et où l’ona ménagé un robinet pour son écoulement.

Dans cette méthode de filtration il arrive qu’il seforme un dépôt sur les parois des filtres, de manièreque l’opération devient de plus en plus difficile. Aussia-t-ou imaginé des filtres qui fonctionnent de bas enhaut à l’aide de la pression d’une colonne de liquide àfiltrer ; mais cette méthode n’est point en usage.

Lorsque l’on veut que l’opération se fasse rapidementil est bon de laisser reposer le sirop de manière à cequ’il se soit éclairci complètement ; on filtre d’abord leliquide décanté et ensuite on fait passer à l’appareil lesdépôts.

M. Dumont s’est servi d’un- filtre ayant la formed’une pyramide quadrangulaire tronquée et renversée;dans la partie inférieure de ce filtre il place un doublefond percé de trous recouvert d’une toile humide sur la-quelle il met couche par couche du charbon animal hu-mecté préalablement et tassé à l’aide d’une espèce detruelle. Il le remplit ainsi de charbon jusqu’à 2 décimè-tres envirqn de sa partie supérieure et il recouvre le toutd’une toile métallique sur laquelle on fait arriva r lessirops qui le traversent et s’échappent par un robinetménagé au fond de l’appareil. On ménage dans la hau-teur du filtre un petit tube pour laisser échapper l’air.La toile métallique s’engorge quelquefois des particu-les que contient le jus, il est alors facile de la rempla-cer. Ce filtre doit avoir la capacité d’un mètre cube en-viron ; il doit être établi dans un endroit tranquille etloin de toute espèce de mouvement qui tendrait à l’ébran-ler. L’avantage de ce système est de réunir deux opé-rations en une, la filtration et l’action du charbon.

Les réservoirs destinés à alimenter cet appareil doi-vent être munis de deux robinets, un pour empêcher defonctionner à volonté et un autre disposé de mauière àmaintenir un niveau constant dans le filtre. La clef dece dernier est fixée à une tige qui porte une sphèrede métal creuse de manière à ce qu’elle ne s’enfoncequ’en partie dans le liquide. Lorsque celhi-ci baisse, lasphère le suit, agit sur la clef et ouvre le robinet; quand,

par suite de l’écoulement, la sphère remonte, elle agitsur l’extrémité de la tige et diminue l’orifice d’arrivée.

L’action du charbon animal est décolorante, maiselle a aussi pour but de séparer une foule de matièresétrangères au sucre, et que l’on désigne par le nom demucilage.

Il existe un nouveau filtre, appelé filtre à charge per-manente et à fonctions continues; il est dû à M. Peyron,et a beaucoup d’analogie avec celui de M. Dumont ;leur différence consiste en un couvercle qui les recouvrehermétiquement et permet d’y introduire par des tubesbien ajustés le sirop, qui donne ainsi une pression assezconsidérable et aide beaucoup la filtration. En outre,le fond de cet appareil communique avec la partie su-périeure d’un autre filtre sur lequel se rend le liquidepour subir une nouvelle filtration. La forme de ces fil-tres est cylindrique, ils ont 4 mètre de diamètre et 2“,5üde haut.

Lorsque l’on veut faire fonctionner cet appareil, voicicomme oh procède : les filtres sont préalablement char-gés de noir fortement tassé et mis par couches; on lelave à l’eau froide par une colonne d’eau qui vient d’unréservoir situé à 41 mètres au-dessus du filtré, et quipar conséquent, possède une pression considérable. Celavage a pour but d'enlevefles particules fines de noiranimal qui pourraient troubler la première filtration dusirop. Après le lavage on fait arriver le sirop sur lesfiltres d’un réservoir placé à 1 mètre au-dessus du cy-lindre ; on reçoit d’abord l’eau dont le. charbon est im-prégné, on la jette et on laisse l’opération se faire.Lorsque le sirop est suffisamment filtré on le fait coulerdans la citerne avec les sirops réunis pour la cuite.

Après la filtration le charbon est lavé afin de lui ôteiles parties de sirop dont il est imbibé ; ce lavage se faità l’eau bouillante et se continue jusqu’à ce que l’eausorte comme elle y est entrée. Le charbon alors netarde pas à entrer en fermentation, et cet état dure24 heures ; après cette fermentation qui détruit toutesles matières organiques enlevées au jus, on lave de nou -veau le charbon, afin de le purifier et de lui rendre sa'propriété décolorante. Pour cela on introduit dans lesfiltres un jet de vapeur à deux atmosphères pendantune demi-heure, et on lave avec de l’eau jusqu’à cequ’elle sorte claire et limpide.

Cet appareil peut fonctionner pendant un laps dotemps considérable sans que le charbon perde sespropriétés décolorantes ; et suivant des expériences ré-centes ces propriétés peuvent se conserver jusqu’aprèsonze mois d’opérations consécutives.

La clarification s’opère avec du sang, ou du lait etdu charbon réduit en poudre fine : pour bien clarifier lesirop on commence par délayer à froid 4/2 litre de sangpar hectolitre de sirop, on mélange bien et l’on ajoutede 4 à 2 kilogr. de charbon fin, par hectolitre de sirop,puis l’on agite encore et l’on chauffe jusqu à ce que latempérature ait atteint 55 à 50° centigr. ; on cessealors d’agiter, le charbon se précipite, mais l’albuminedu sang ne tarde pas à se coaguler et à envelopper lecharbon qu’elle entraîne à la surface de la chaudière etqui ne laisse plus aucun dépôt au fond. On fait alorsmonter quelques bouillons jusqu’à ce que les écumes sefendillent; et si la liqueur est neutre on obtient ainsiune parfaite clarification. Si le sirop est acide, l’albumine reste en dissolution et la clarification ne peuts’opérer complètement. Si, au contraire il est alcalin, lamême chose arrive, l’albumine reste dissoute pour re-paraître à la cuite en écume très abondante.

Si l’on emploie le lait, il faut joindre de la chaux aumélange ou un peu d’acide sulfurique étendu au 40*pour que la clarification puisse s’opérer.

Pour s’assurer de l’état du sirop, on peut faire usagedu papier de tournesol, et si le sirop est acide, il faut yajouter un lait de chaux pour le neutraliser.