TABAC.
TABAC.
bacs achetés et manutentionnés danS le courant del'année de 3 fr, 40 c. par 100 kil.
Dans les magasins ont été employés, Al 1844, 1310ouvriers tant gagistes que salariés. Le nombre des ga-gistes était de 118 qui ont touché 117.500 fr. 49 c.,soit pour la journée moyenne, sur 38,612 jours de pré-sence, 3 fr. 04 c. Les ouvriers salariés au nombre de1192 n’ont reçu que 240.779 fr., ce qui fait par ouvrier201 fr. 99 c., somme qui, au premier abord, paraittrès faible, mais qu’explique la position en provincede 19 magasins sur 20, et l’intermittence des travauxpour cette classe d’ouvriers.
§ IX. Transport des feuilles des magasins aux ma-nufactures, La Régie a fait transporter des magasinsaux manufactures, en 1844, 19.875.436 kil. de tabacsen feuilles et de tabacs saisis. En vertu d’un marchépassé en adjudication publique, le 18 août 1841, pourcinq ans, à partir du 1 er avril 1842, les transports s’ef-fectuent, par ferre, moyennant 2 e ,39 par quintal mé-trique et par kilomètre, et par eau, moyennant 1 e ,18,aussi par quintal et par kilomètre parcouru. Le tauxmoyen du prix de transport a été de 4 fr. 54 c. par cha-que quintal, somme qui augmente d’autant la valeurvénale du tabac.
§ X. Préparation générale du tabac dans les manu-factures. Les soins et les travaux dans les dix manufac-tures où se fabriquent tous les tabacs de la Régie ontporté sur 44.790.880 kil., savoir : 24.680.804 kil.existant à l’inventaire du 1 * r janvier 1844, et 20.110.076kil. nouveaux (comprenant les expéditions des maga-sins et 234.641 kil. pris directement en charge). Toutefois les ateliers n’ont reçu, à nouveau, que :
7.952.872 k en feuilles de France .
1.882.094 en feuilles d'Europe .
8.616.795 en feuilles d’Amérique .
126 en cigares de la Havane.
16.006 de tabacs renvoyés des entrepôts.169.959 de tabacs saisis.
10.835 décotes.
18.648.687 en totalité.
Cette liste indique les proportions respectives des di-verses sortes de tabacs manutentionnées annuellement.
Les dix manufactures de la Régie sont situées à Pa-ris, Lille, le Havre, Morlaix, Bordeaux, Tonneins ,Toulouse, Lyon, Strasbourg et Marseille . Elles occu-pent 4.083 ouvriers gagistes ou salariés. Chaque ma-nufacture est dirigée par un régisseur chargé de laresponsabilité générale de tous les travaux qui y sontexécutés; un inspecteur préside particulièrement à lafabrication, et un contrôleur exerce une surveillance,active sur toutes les opérations, sans pouvoir exécutif.Ces trois employés forment le conseil supérieur de lamanufacture, qui prend toutes les mesures nécessairesau besoin du service. Un sous-inspecteur est adjoint àl’inspecteur dans les principales manufactures. Un di-recteur-général et quatre sous-directeurs, dont deuxremplissent les fonctions d’inspecteurs spéciaux et ontpour adjoints deux sous-inspecteurs spéciaux, dirigentle service général et forment le conseil supérieur destabacs, chargé de prendre toutes les décisions relativésà la culture, aux achats et à la fabrication. Le servicede la fabrication se trouve ainsi composé de soixanteemployés supérieurs,, qui, depuis 1831, se recrutentparmi les élèves de l’Ecole Polytechnique , à moins quequelque protégé, fils ou parent d’un député ou d’un em-ployé du ministère des finances, ne parvienne à se pla-cer dans le service à l’aide d’un examen plus ou moinssérieux sur les mathématiques, la chimie et la physi-que. Cet état actuel de l’administration des tabacs n’apas été constitué sans quelques variations. D’abord ellefaisait partie de l’administration des contributions in-directes; elle en a été séparée en 1831 et placée sous la
direction d’un chef spécial qui vient d’être entouré duconseil supérieur dont nous avons parlé. Puis est arrivéeune organisation des bureaux en trois grandes divi-sions : personnel, achats et fabrication, comptabilité.C’est ainsi que s’est étendue une administration qui neformait autrefois que la moitié d’une des quatre divi-sions de l’administration des contributions indirectes.
Sur les dix manufactures, il y en a neuf qui fabri-quent les tabacs ordinaires à priser et à fumer du prixde 7 fr. le kil. elles tabacs supérieurs à fumer du prixde 11 fr. 10 c. A Marseille , on ne fabrique que descigares, soit à cause du peu d’étendue des bâtiments,soit parce qu’avant le monopole, ce genre de fabrica-tion avait pris dans cette ville un assez grand dévelop-pement qu’on lui a laissé depuis. A Paris seulement, onfabrique du tabac à priser supérieur du prix de 11 fr.10 c. Morlaix et Tonneins fabriquent spécialement destabacs en carotte. Enfin les manufactures de Lille et deStrasbourg produisent des tabacs à priser et à fumerd’un prix inférieur, tabacs auxquels on a donné le nomde tabacs de cantine. Ces tabacs à prix réduits ont pourobjet de diminuer l’introduction frauduleuse des ta-bacs étrangers sur la frontière, en diminuant les avan-tages que les fraudeurs peuvent retirer de la contre-bande.
La fabrication du tabac a pour but l’obtention dedeux produits principaux, la poudre ou tabac à priser,le scaferlati ou tabac à fumer ; les cigares ne formentqu’une annexe de ce dernier genre; les carottes sontdestinées à tenir lieu des deux produits ; enfin, les rôlesou tabac à mâcher, sont destinés à satisfaire un goûtsingulier qui ne tend point à se généraliser; quant autabac de cantine, nous venons de voir qu’il a surtoutun but fiscal à atteindre. Nous allons expliquer com-ment s’obtiennent ces divers produits, en commençantpar les procédés de fabrication qui altèrent le moins lanature des feuilles ; auparavant nous décrirons les opé-rations préliminaires auxquelles sont soumises les feuil-les, quelle qùe soit d’ailleurs leur destination : l’ouver-turedes boucauts, l’époulardage, la mouillade, l’écôtage.
1° Ouverture des boucauts. Les feuilles de tabac arri-vent dans les manufactures renfermées dans des bou-cauts, des nattes ou des ballots de grosse toile. Le pre-mier soin de l’inspecteur de la fabrication est de faireprendre le poids brut des boucauts, d’en faire briserl’enveloppe et d’en peser la tare, afin de prendre seule-ment en charge le poids réel. Chaque boucaut est alorsséparé en plusieurs fragments cylindriques qui, d’aprèsleur état, sont expédiés à l’atelier d’époulardage, lesplus beaux pour le tabac à fumer, les autres pour letabac à priser.
2” Ecabochage. C’est une opération qui ne se pratiqueque pour certaines espèces de feuilles, comme celles deliolhmde, qui ont été réunies par les planteurs en ma-noques ayant des têtes ou caboches formées uniquementde grosses côtes. On coupe les caboches avec un cou-teau à bras, mobile à l’extrémité d’une table, autourd’un point d’attache; les feuilles séparées sont placéesdans des mannes et portées à l’époulardage.
3° époulardage consiste à délier les manoques, à lessecouer de manière à faire tomber le sable et la pous-sière qui souillent les feuilles, à détacher celles-ci lesunes des autres, aies trier, aies placer dans différen-tes mannes dont est entouré l’ouvrier, suivant qu’il jugequ’elles sont propres à telle ou telle destination, patexemple, à servir de rob« pour les cigares, à entrer dansla confection des rôles, ou bien seulement, à cause deleur mauvais état de fermentation , à être réduites enpoudre.
C’est une des opérations les plus essentielles de lafabrication, et une des plus pénibles pour l’ouvrier, àcause de la poussière continuelle dont il est entouré.
Le maître-ouvrier reçoit les mannes des mains des