TABAC.
TABAC.
ouvriers, examine si les feuilles ont été bien classées,constate le poids des mannes afin de régler les salairesd’après la tâche accomplie, et enfin place les tabacsdans diverses cases, suivant leur destination.
4° Mouillade. La mouillade consiste à arroser lesfeuilles avec une dissolution de sel ordinaire (chlorurede sodium); elle a pour but de les disposer aux opéra-tions subséquentes en leur rendant la souplesse enlevéepar la dessiccation sur le terrain, et les mettant ainsien état de résister à la manutention sans se briser. Laprésence du sel dans le tabac a pour but d’empêcher lafermentation de devenir putride et d’en éloigner les in-sectes qui s’introduisent dans toute matière en fermen-tation. C’est à la présence du sel que le tabac doit prin-cipalement la propriété que tout le monde lui connaît,d’être hygrométrique.
L’atelier de la mouillade est à côté de celui de l’é-poulardage; la dissolution saline se fait au moyen de10 kil. de sel pour 100 litres d’eau. On superpose ph>sieurs lits de feuilles que l’on arrose successivement ;l’eau excédante s’écoule dans des rigoles.
En 1844, 601.705 kil. de sel ont été employés à lamouillade des 18.648.687 kil. livrés aux ateliers, cequi fait moyennement 52 grammes de sel par chaque tkilogramme de tabac fabriqué. La Régie achète son selgre\é de l’impôt, comme ferait un particulier. En 1844,elle l'a payé 39 e ,11 le kil.; comme le droit de consom-mation perçu par l’Etat est de 30 c., il en résulte quele trésor ne débourse réellement que 9 e ,11 par kil. desel qui est introduit dans le tabac.
Dans les ateliers, on laisse se perdre l’eau excédantede la mouillade; ou prétend, mais cela ne repose suraucune idée raisonnable, qu’elle ne saurait servir à ar-roser de nouveau le tabac.
5° Ecotage. Cette opération est réservée aux femmes,comme étant extrêmement facile; elle consiste à pren-dre d'une main les feuilles par uu bout, et à arracherde l’autre main la grosse côte dans toute la longueur dela feuille. Les ouvrières sont rangées de manière à pren-dre les feuilles dans des mannes placées à leur gauche,à jeter les feuilles écotées dans des mannes placées àdroite, et à jeter les côtes derrière les bancs sur les-quels elles sont assises. Les feuilles écotées sont por-tées ensuite sur des tables ou claies où des femmes sontoccupées à les repasser, à Ôter les nervures qui auraientpu échapper aux écoteuses et à faire tomber toute ma-tière étrangère. De là les feuilles passent dans les diversateliers auxquels elles sont destinées.
Les côtes et les caboches, ainsi que les balayuresd’ateliers, constituent les résidus de fabrication qui sontdétruits par la combustion. En 1844, les ateliers ontlivré aux magasins d’expédition 17.520.893 kil., et àla destruction-1.524.709 kil.; les résidus forment donc '8 p. 100 des matières premières. Il faut excepter les jcôtes des tabacs étrangers qui sont introduites dans les jtabacs de cantine (voir plus loin, § XVII). !
§ XI. Fabrication des cigares. De toutes les manuten- !tions du tabac, c’est la fabrication des cigares qui al- 1tère le moins la nature de la plante.
Des .femmes roulent des débris longitudinaux defeuilles entre leurs doigts et ensuite en les serrant, elles,les revêtent d’une robe, c’est-à-dire d’une feuille conve-nablement taillée qui ne présente aucune déchirure;avec un peu de colle de pâte, elles attachent enfin l’ex-trémité de la robe sur le corps du cigare
Après l’inspection du contre-maître qui doit vérifierd’une part s’ils ne sont pas trop ou trop peu serrés, demanière à ce qu’ils puissent être fumés, et d’autre parts’ils ont le poids moyen voulu; les cigares passent auséchoir, où ils sont exposés à une température qui nedépasse pas 30 degrés. Après la dessiccation ils sontportés au magasin et mis en boîte.
10 centimes; les autres cigares proviennent de la Ha-vane, de Manille, de la Colombie , de la Nouvelle-Gre-nade, de Bahia. Les cigares à 10 centimes sont ditsétrangers; ils se font effectivement avec des feuillesétrangères de Maryland et de Havane. On n’en fabriquequ’aux manufactures de Marseille, Bordeaux, Tonneins et Paris , qui, en 1844, en ont livré aux magasins d’ex-pédition :
on 1.851.250 cigares.2.583.850497 50011.300.500
Totaux. 64.932 kil. , 16.233.100 cigares.
Les cigares à 5 centimes sont faits avec des feuillesde France ; ils sont à paille on ordinaires. Il s’en fabri-que six fois plus environ que de cigares à 10 centimes;six manufactures en ont livré, savoir :
Marseille . 218.778 kil.Toulouse . 26.876Bordeaux . 23.030Tonneins . 35.164Strasbourg.10.902Paris . 46.731
Totaux. 361.481 kil.
54.694.500 cigares.6.469.000
5.507.5008.791.000
2.725.50011.682.750
89.870.250 cigares.
On voit que la manufacture de Marseille fabrique lesdeux tiers de ce genre de produits.
§ XII. Fabrication des rôles. On entend par rôles,comme nous l’avons dit, les tabacs à mâcher ou à chi-quer. On en distingue de deux espèces : les rôles menusfilés qui sont classés parmi les tabacs supérieurs, et quisont faits en feuilles de Virginie pures ; les gros rôlesdont la consommation est plus ordinaire. La fabrica-tion de ce genre de produits est un peu plus compliquéeque celle des cigares; toutefois la feuille de tabac yconserve encore sa nature. Elle se compose de cinqopérations successives : filage, mise en rôles, passageà la presse, ficelage, mise à l’étuve.
1° Filage. Le filage se fait au rouet, qui se composed’un cylindre de bois mobile d’abord sur son axe et en-suite sur un autre axe perpendiculaire au premier.L’ouvrier fileur reçoit des mains d’un enfant les feuillesde tabac tendues en écheveaux plus ou moins gros, selonle diamètre que doit avoir le boudin; un autre enfantlui prépare les robes; il contourne ces dernières autourdes premières feuilles, et alors à un signe qu’il fait, untroisième aide tourne la manivelle et fait tourner lerouet autour de l’axe perpendiculaire au cylindre debois; le fileur pendant ce temps.appuie le boudin surune table tandis que le tabac se tord. Quand environun mètre de boudin se trouve filé, le troisième aide faitenrouler ce boudin sur le cylindre de bois du rouet ; undéclic empêchera ce cylindre de se dérouler, tandis quele rouet tordra le bout suivant.
2° Râlage. Lorsque les rouets des fileurs sont pleins,on les transporte dans l’atelier des rôleurs où le tabacfilé est dévidé de dessus le rouet et enroulé sur des bo-bines, simples chevilles de bois, de manière à donnerdes rôles d’un kilogramme ou d’un demi-kilogrammepour les gros rôles ; d’un demi ou d’un quart ou d’un hui-tième de kilogr. pour les rôles menus filés. Les boutsétant coupés sont ensuite attachés avec de la ficelle.
3° Pressage. Les rôles sont introduits dans des mou-les ou trous cylindriques de dimensions convenables,lesquels sont rangés sur une table de manière à ce quedes cylindres de bois, percés en leur centre pourlaisser passer les chevilles, pénètreut dans les moules etpuissent y peser sur les rôles. On met sur un chariotplusieurs lits horizontaux des rôles ainsi arrangés, demanière qu’ils occupent une hauteur de 1“,50 environ,et on pousse le chariot sur le plateau mobile d’uaj
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