TEINTURE.
TÉLÉGRAPHIE.
rance. — 2° Mordant, 4 kil. alun, 7 k ,5 sulfate de fer.
mantsau de la vallière (922 B.), 3 draps, bonteint. 4° Pied de bleu (T. C., 3 S.), et sans pied de bleuet un peu de campêche pour le petit teint. — 2° 6 bot-tes de gaude. 48 kil. alun. — 3° 25 kil. Fernamboucet 20 kil. Sainte-Marthe. — 4° 12 kil. alun, 48 kil.Sainte-Marthe et 7 kil. Fernambouc; pour tirer bienles bois, on les fait rebouillir deux fois sur bains neufs.
noir (2 A.). 3 draps. 4° 3 bottes de gaude, 10 kil.bois violet, 3 k ,5 galle. — 2° 3 k ,5 garance, un évent.
— 3° Mordant, 20 kil. sulfate de fer. Revient à 25 fr.puce (944 B.), 3 draps. 4° Mordant, 4 4 k ,95 alun,
3 kil. tartre, 42 bottes de gaude, 60 kil. bois jaune. —2° 9 k ,5 garance et 55 k ,5 calliatour. — 3° Bruniture,9 kil. sulfate de fer. Revient à 32 fr. l’un. %
brun (672 B.). 4 draps. 1° 40 sumac, 34 kil. boisjaune, 8 bottes de gaude, 8 kil. campêche, 8 kil. santal.
— 2° 24 kil. garance. — 3°-Bruniture, 20 kil. sulfatede fer. Prix de revient : 42 fr.
amàranthe (3 A.), 2 draps. Premier bain, 6 k ,5alun, 30 kil. ancien bois de Fernambouc; deuxièmebain, 8 kil. garance ; troisième bain, 4 k ,5 composition,25 kil. Sainte-Marthe. Revient à 62 fr.
cramoisi (15 À.), 1/2 drap. Premier bain, 3 kil.aluxf; deuxième bain, 3 kil. belle garance; troisièmebain, 8 kil. beau Fernambouc. Une fois le bouillon d’a-lun fini, donner la garance et finir le remontage fauxpar le Fernambouc ; au ton rouge on ajoute un peu decomposition. Prix de revient : 77 fr.
alezan (16 A ), 4 drap. 4° 4 k ,75 alun, 4 bottesgaude. — 2° 45 kil. bois jaune, 5 bectogr. calliatour,
4 k ,5 garance. Revient à 36 fr.
tête de nègre (I7 A.), 2 draps. 4° 4 k ,5 galle,47 kil. bois violet, % kil. Sainte-Marthe, 4 kil. callia-tour. — 2° Bruniture, 46 kil. sulfate de fer. Revient à30 fr.
bleu sans indigo (20 A.). 4 draps. 4° Mordant,43 kil. alun, 40 kil. crème de tartre. —2° Teinture,50 kil. bois violet ; selon le besoin de corser, on yajoute un ou deux seaux d’urine. Prix de revient :32 fr.
bronze foncé (21 A.), 4 drap. 4° En bon teint,pied de cuve en faux, forcer en campêche (T. Ç., 4 S.).
— 2° Mordant, 4 k ,5 alun, 4 kil. tartre rouge. —3° 40 kil. bois jaune, 1 botte gaude. — 4° Teinture,2 k ,5 garance, 7 kil. calliatour, 4 k ,5 bois violet (ou40 kil. en faux). — 5° Bruniture, 2 kil. sulfate de fer.Prix de revient : 50 fr. Bon teint.
américain (26 A.), 4 drap 1/4. On a manœuvrédans un bain pour deux draps. 4° 4 botte gaude, 1 kil,galle, 2 k ,5bois violet, 2 k ,5 Fernambouc, 4 kil. garancede Hollande. — 2° Mordant, 4 kil. alun. — 3° Bruni-ture, 6 kil. sulfate de fer. Prix de revient : 42 fr.
vigogne (32 A.), 3 draps. 1° 4 k ,5 galle, 2 k ,5 boisjaune, 4 botte 4/2 gaude, 1 kil. Sainte-Marthe, 1 kil.calliatour, — 2° Mordant, 4 k ,5 alun. — 2° Bruniture,4 k ,54 sulfate de fer. Prix de revient : 45 fr.
nota. Dans le commerce de la draperie, on qualifiegénéralement de bon teint les couleurs piétées à la cuved’indigo, ou celles dans lesquelles il entre une assezforte proportion de garance ou de cochenille. Mais dansle système de teinture suivi aujourd’hui, cette qualifica-tion n’est jamais rigoureuse, à cause des diverses sub-stances de faux tçint qu’on y introduit; il est donc as-sez'difficile de trancher nettement ces deux qualités deteinture. Cependant les couleurs de faux teint de la plusbasse qualité ne se font qu’avec le campêche, le Brésil ,le curcuma, la dissolution de Saxe, la graine d’Avignon ,le rocou, le fustel, etc. M. d. gonfreville.
TÉLÉGRAPHIE. De deux mots grecs TeXr.efyçoKfxo,j’écris au loin. Ce mot a été imaginé pour désigner uneiuvention française au moyen de laquelle on transmetd’un lieu à un autre des nouvelles, des avis, ou des or-
dres, à l’aide de signaux visibles, répondant aux lettresde l’alphabet, à des chiffres ou à des mots. A ce systèmeprimitif, de nouveaux systèmes sont venus s’ajouter.L’électro-magnétisme et l'acoustique ont fourni desmoyens de communication intellectuelle, et aujourd’huile mot télégraphie s’applique par extension à tout sys-tème de correspondance lointaine, que ce système em-ploie des signaux aériens ou graphiques, des sons mu-sicaux, l’écriture, la voix humaine, etc. Nous allonsétudier ces divers systèmes qui se classent naturelle-ment dans les trois catégories suivantes :
4 0 Les télégraphes aériens ;
2° Les télégraphes pneumatiques ;
3° Les télégraphes électriques.
PREMIÈRE PARTIE-
DE LA TÉLÉGRAPHIE AÉRIENNE.
La télégraphie est d’origine française, personne uenous conteste l’honneur de la découverte. Ce n’est pascependant qu’on n’ait longtemps avant les frères Chappeemployé des signaux pour transmettre des avis à degrandes distances. L’idée remonte sans doute à l’originedes sociétés. Ce qui est nouveau, ce qui appartient àChappe, c’est l’invention d’un véritable système de cor-respondance; ce qui revient à la France , c’est la gloire*d’avoiç la première appliqué ce moyen puissant de gou-vernement.
Origine de la télégraphie . Les feux, la fumée, lesétendards, les sons des instruments, furent employéscomme moyens télégraphiques par tous les peuples pri-mitifs.
Dans la première scène d 'Agamemnon, Eschyle nous représente un vieux serviteur épiant depuis deuxanuées le feu allumé sur le mont Ida , qui, répété,sur le mont Athos , doit faire connaître à Clytemnes-tre l’événement à la fois désiré et redouté de la prisede Troie. La langue grecque est d’ailleurs remplie demots relatifs à l’art des signaux. César nous apprendque les Gaulois, d’une province à l’autre, s'avertissaient,au moyen de feux allumés sur les montagnes, de tousles mouvements de son armée. La France offre les restesde tours bâties par les Romains,* et qui nous font con-naître le mode de télégraphie usité chez eux. Dans undes compartiments les plus éle\és de la colonne Tru-jane est figuré un officier, le casque en tête et l’épée àla main, commandant les signaux. L’instrument con-siste en un flambeau de poix-résine suspendu au boutd’un longue perche : cette perche sort de la fenêtred’une guérite et y rentre tour à tour. Aux signauxfaits avec des torches ou des drapeaux, on substituaplus tard des bâtons ou des planches. Polybe fuit men-tion d’un certain Cléoxène qui avait inventé une mé-thode à l’aide de laquelle on pouvait'faire lire à unegrande distance ce qu’on voulait communiquer. Végècc,qui écrivait au quatrième siècle, parle de la brachyographie comme d’un procédé si connu, qu’il juge inutilede le décrire. Tamerlan se servait de drapeaux pourdicter des conditions aux villes assiégées. Et enfin lesChinois ont, à ce qu'il paraît, poussé fort loin l’art de lacorrespondance aérienne.
L’art télégraphique ne pouvait réellement se dévelop-per que par suite des progrès de l’optique. Pour écrire deloin il faut voir de loin. Ce fut un denosacadémicienslesplus distingués, Amontons , qui à la fin du xvu* siècleproposa d’employer les lunettes d’approche à l’observa-tion des signaux transmis de loin. Les essais d’Amon-tons ne firent qu’exciter la curiosité, mais n'eurent pasd’application. Ils préparèrent, sans doute, les succès deChappe, conjointement avec les essais de Hooke et Hoff-mann, qui imaginèrent un petit nombre de signaux mo-biles (4); Hooke inventa en 4695 une machine fort
(I) Ilooke a publié son procédé en IG95.