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TËLEGRAPHIE.

TÉLÉGRAPHIÉ. *

signes. Ou assure que les ingénieurs anglais saventréduire le nombre des chiffres servant h écrire les dé-pêches en en tirant au moyen de logarithmes la racinecarrée ou cube ou d’une puissance très élevée. On peutainsi, par un seul chiffre, et avec d’autres signes peunombreux qui expriment la différence en plus ou enmoins sur le radical parfait, traduire une longue sérieformant plusieurs lignes.

Systèmes divers. À peine l’invention de Chappe fut-elle connue qu’un grand nombre de savants s’efforcè-rent de la perfectionner. En l’an vi, Bréguet et Bétan-court présentèrent à l’Institut un télégraphe à cadraucirculaire d'une composition très ingénieuse ; Peytes-Montcabrier essaya avec succès àRochefort un télégra-phe qu'il nomma vivigraphe et qu’on peut établir en24 heures ; Edelvrantz, dans un traité sur le-télégraphe,proposa des perfectionnements simples et ingénieux;en 1820, M. de Saint-Haouen inventa un nouveau mo-dèle.

Enfin on proposa divers systèmes pour éclairer lesbranches du télégraphe pendant la nuit soit avec desverres de couleur, soit simplement avec la lumière dugaz.

Nous ne saurions passer en revue ces nombreuses in-ventions. Nous citerons cependant le télégraphe deM. Vilallongue qui remplaçait le télégraphe de Chappepar des tours percées de trois orifices. Trois disquesgarnissant ces orifioes portaient sur fond noir une raieblanche; un système semblable se répétait de l’autrecôté de la tour.

En remplaçant les raies blanches par des glaces etéclairant puissamment l’intérieur de la tour, on trans-formera aisément le télégraphe de jour en télégraphede nuit. Les essais de ce système furent assez favora-bles.

M. Gonon a essayé aussi dans ces dernières annéesde faire adopter un appareil qui consiste en un systèmefixe, dont partie peut être cachée à l’aide de volets,mais tous ces systèmes sont de peu d’intérêt, aujour-d’hui que l’on possède dans la télégraphie électrique,que nous allons bientôt décrire, un système incompa-rablement supérieur à tons égards à l’ancienne télé-graphie.

DEUXIÈME PARTIE-

TÉLÉGRAFHIE PNEUMATIQUE.

Communications acoustiques à l’air libre. Le docteurArnolt raconte, que revenant d’Amérique en Europe,un jour, par une brise de terre, un matelot prétenditentendre le son des cloches. On était à eent lieues descôtes î Tout le monde de rire. Le docteur lui, prend lachose au sérieux; il remarque que la voile est concave,se place à son foyer, et entend distinctement le son descloches. Il prend note du jour et de l’heure, et six moisaprès, de retour en Amérique , il s’informe, et apprendqu’en effet, au jour et à l’heure de cette curieuse obser-vation, il y a eu branle-bas général des cloches à l’oc-casion de la fête de Rio-Janeiro .

Ainsi, àTair libre, le son s’était transmis à cent lieuesde distance.

Un autre jour, le même physicien entendit d’un côtéà l’autre d’un lac qui a sept lieues de large, les cris demarchands d’huîtres, et le bruit des rames.

Le docteur Arnolt ne doute pas qu’on ne puisse rem-placer ainsi les télégraphes par le langage parlé. Toutl’appareil consisterait en une surface concave placéesur une éminence, à une extrémité de la ligne, et à quel-ques lieues de là, à l’autre extrémité, en un porte-voixparabolique dirigé vers cette surface. On recueilleraitles sons en se plaçant au foyer de eelle ci. Ce serait là,il faut en convenir, un moyen de correspondance peudispendieux ; malheureusement son efficacité est aumoins fort douteuse.

Tubes acoustiques. Denys le tyran recueillait de sonlit les plaintes des malheureux qui gémissaient dans sescachots ; les juges du Saint-Office entendaient de leurtribunal les vœux quhme voix, brisée par la torture,murmurait au tribunal de la pénitence; en Angleterre,en Russie , il y a des hôtels et des ateliers, où le maîtrepeut, sans sortir de son cabinet, donnera tous les étagesdes ordres verbaux . Ces faits indiquent que l’on a connude tout temps la propriété qu’ont les tubes cylindriquesde transmettre le son à certaines distances. Mais cen’est que de nos jours qu’on a eu l’idée d’employer cemode de communication entre des distances considéra-bles, par exemple, entre deux villes éloignées l’une del’autre de plusieurs lieues.

Le son fait, comme on sait, 340 mètres par seconde ;c’est bien peu par comparaison à l’électricité ; cepen-dant, toute désavantageuse que soit la comparaison, leson fait 306 lieues à l’heure, 7.344 lieues en un jour.Si donc le son pouvait être transmis sans s’altérer dansdes tuyaux cylindriques, on voit que, fût-on obligéd’établir sur de longues lignes de nombreuses stationsintermédiaires, il offrirait un moyen de correspondancequi, même en présence des télégraphes électriques, neserait pas à dédaigner. Ce mode de correspondancepourrait d’ailleurs être établi à peu de frais. On tiremaintenant, en Angleterre, des tubes de fer de tout dia-mètre, de 20 à 25 pieds de long, qui reviennent moinscher que ceux de plomb.

Non seulement les tubes propagent très bien le son,mais ils en accroissent énormément la puissance. D’aprèsM. Bouvard, un coup de pistolet tiré à l’une des extré-mités d’un tube, fait entendre à l’autre extrémité lebruit du canon. M. Jobard a reconnu que le mouvementd’une montre qui n’est pas sensible à la distance de30 centimètres, s’entend très bien au bout d’un tuyaude 46 mètres sans que la montre touche le métal, etmême lorsqu’elle en est éloignée de plusieurs pieds.MM. Biot et Hassenfratz ont fait des expériences plusdécisives encore.

Ces messieurs placèrent des tubes dans nn aqueduc.Les tubes soutenus par des supports de pierre qui lesisolaient du soi, faisaient de nombreux retours sur eux-mêmes, circonstance qu’on peut supposer désavanta-geuse. Mqis en revanche, les expériences étaient faitesla nuit, au milieu du plus profond silence. Dans cesconditions la voix la plus basse se fit entendre à prèsde 4 kilomètre, à 954 mètres de distance : suivant lesauteurs de cette expérience , « le seul moyen de ne pasêtre entendu à cette distance , eût été de ne pas parler dutout. » «

M. Jobard répéta ces expériences. Il fit placer600 j^ieds de tubes de zinc de 3 pouces do diamètre dansun vaste atelier. Ces tubes, dont les diverses portionsétaient mal jointes, formaient entre eux onze coudes àangles droits : ils montaient et descendaient d’étage euétage; partie était appeudue aux murs, partie étaitcouchée sur le plancher. « Plusieurs centaines de per-sonnes ont constaté qu'on s'entendait parfaitement mêmeà voix basse. »

Cette expérience a mis hors de doute un point quecelle de MM. Biot et Hassenfratz ne résolvait pas, c’estque le bruit extérieur n’entrave pas les communica-tions acoustiques. Pendant cette expérience des ma-chines à vapeur marchaient; des tours, des limes, etdes marteaux ébranlaient tous les étages de l’ate-lier.

L’établissement de tubes acoustiques a été l’objet desétudes d’ingénieurs distingués. On a reconnu que lesconditions du succès résident dans la nature des tubesqni doivent être composés de métaux sonores, cuivre,zinc, fer, etc...., et dans l'isolement le plus completpossible de ces tubes par rapport au sol. Enfin, M. Jo-bard pense avec raison, ce nous semble, que le diamètre