TELEGRAPHIE.
TELEGRAPHIE.
&e faire avec une rapidité presque incroyable, car il esttrè3 facile de construire des appareils qui en exécutentplusieurs centaines dans une seconde, et assurément l'onparviendrait sans peine à décupler ce nombre. Mais,comme on le voit, il y a là une condition essentielle àremplir, c’est un rapport nécessaire entre la vivacité duressort qui rappelle l’armature et la puissance attrac-tive de l'aimant qui l’entraîne en sens contraire, puis-sance qui dépend elle-même de plusieurs données, etsurtout* de l'intensité du courant.
« Ce mouvement de va-et-vient une fois obtenu avecla régularité et vitesse que l’on veut lui donner, ilest facile de le transformer en mouvement de rotationet d’avoir ainsi une aiguille qui peut, par exemple, par-courir un cadran sur lequel on inscrit ou les lettres del’alpliabet ou d’autres signes conventionnels. »
Pour aller pins avant, nous décrirons d’abord destélégraphes de France , dont jusqu’ici il n’a été questionnulle part, les auteurs qui se sont occupés de cet in-strument ayant toujours de préférence décrit et prônéles télégraphes étrangers au détrimeut de ceux de leurpays.
Ce n’est donc qu’un acte de justice que nous rem-plissons en insistant plus particulièrement sur les in-struments adoptés en France .
La France, l’Angleterre, les Etats allemands, la Bel-gique, la Prusse, les Etats-Unis , sont les pays où latélégraphie électrique a pris le plu6 de développement,et chacun possède à peu près son système particulier.
La France , en '1845, était tout à fait en arrière;mais à cette époque M. Arago, membre de la chambredes députés, fit un rapport qui appelait l’attention dugouvernement sur la nécessité d introduire dans notrepays ce système rapide de communication, et il fut voté,d’après les conclusions du rapporteur, un crédit pourétablir une ligne d’es«ai entre Paris et Rouen , dont ladistance est de 338 kilomètres. #
DES TELEGRAPHES USITES EH FRAXCE.
Les télégraphes y sont de deux sortes :
■1° Les télégraphes de l’Etat:
2° Les télégraphes employés sur tous les chemins defer.
Le premier représente les signaux du télégrapheChappe, et le second indique à la vue les lettres de l’al-phabet et une série de chiffres.
Dans chaque système le principe mécanique est lemême, c'est-à-dire qu’ils sont fondés sur le fait, qu’unaimant attire le fer; seulement, dans celui de l’Etat lemécanisme est double, et dans celui du chemin de feril esc simple.
L’aimant qui entre dans ces deux appareils, commenous venons de le dire, est ce qu’on appelle un aimanttemporaire; il consiste donc en un cylindre de fer en-veloppé par un fil de cuivre entouré de soie, dans le-quel on fait à volonté passer un courant électrique ; àce moment, le fer étant aimanté, attire un levier aussien fer, et quand on interrompt le courant, l’aimantationcessant, le levier en fer revient à sa position première,rappelé qu’il est par un ressort dispqsé à cet effet. On aainsi un mouvement de va-et-vient, que l’on a trans-formé en un mouvement circulaire.
Voici comment M. Bréguet s’y est pris pour rendrecet effet :
R dernière roue d’un rouage d’horlogerie (fig. 1);elle peut se mouvoir très vite et il faut peu de forcepour l’arrêter.
P, P’, deux petites pièces d’acier qui viennent s’op-poser l’une après l’autre au mouvement de rotation dela roue ; elles sont placées à l’extrémité du bras de le-vier OA, dont les centres de mouvement sont enC et C\
L, autre levier ayant les mêmes centres de mouve-
ment et d’une forme plate et rectangulaire. C’est cettoplaque que l’électro-aimant doit attirer quand il de-vient aimant par le pas-sage du courant, et qui doitretourner à sa premièreposition quand l’aimanta-tion vient à cesser.
Dans ce moment, unedent de la roue appuie surla pièce P’, et si, par l’ai-mantation , L est attiréeen avant, P’ ira en arrière,quittera la dent de la roue;celle-ci avancera, mais nepourra le faire que d’unedemi-dent, parce que l’au-tre pièce P viendra se pla-cer devant ladent suivante ;l’aimantation cessant, unressort ramène le levier O A,la pièce P quitte la dent dela roue, qui vient alors sereposer sur P’, en ayantencore avancé d’une demi-dent; cette opération serépète autant de fois quol’on veut et avec les mêmescirconstances.
La roue a quatre dents,par conséquent elle avance de 4/8* de circonférencechaque fois ; donc si l’on place une aiguille sur l’axe dela roue, cette aiguille prendra huit positions différentesautour de son centre ; c’est ainsi que se font les in-dications de télégraphe que M. B. construit pour l’E-tat; seulement dans la même boîte il y a deux mou-vements d’horlogerie, deux électro-aimants et deuxleviers O A (fig. 2). Il y a donc aussi sur le cadran,extérieurement, deux aiguilles,4 A A’ pouvant prendre indépen-
\ ; dainment l’une de l’autre leurs
huit positions autour duecen-C\ | tre C, C’. Ces huit positions,
\ I ^ combinées les unes avec les
A autres, donnent soixante-qua-
tre signaux, que l’on est par-\enu à doubler par un signalde convention. En un mot, ce télégraphe rend tousles signaux du vocabulaire Chappe, et a permis decombiner le télégraphe électrique avec la télégraphieaérienne, ce qui était un avantage immense surtoutau début de l’application du nouveau système.
A cet appareil, que l’on domine récepteur , parcequ’il reçoit les signaux, il faut adjoindre un autrequi distribue, ou mieux établit et interrompt le cou-rant électrique dans le récepteur ; cet instrument estce que l’on nomme le manipulateur. Cet appareil estdouble, ou plutôt composé de deux colonnes sembla-bles.
La fig. 3 représente une colonne vue en perspec-tive.
La colonne repose sur une embase, dans le haut elleest traversée par un axe À, qui sur le devant porte lamanivelle M, et de l’autre côté la roue R, qui porteune cannelure de forme quadrangulaire.
D, diviseur fixé par des vis sur le haut de la colonneet concentrique à l’axe de la manivelle ; c’est une rouequi porte huit entailles, dans lesquelles peut entrer unedent d’acier, faisant partie de la manivelle C, centre demouvement des deux leviers L et l.
I porte un galet g qui entre dans la cannelure de laroue R.
L peut se mouvoir entre deux contacts métalliques1 K et K’, fixés sur une plaque en ivoire ; ils portent
%