TENUE' DES LIVRES.
TENUE DES LIVRES.
trioitë à l’aide des forces naturelles, des puissances hy-drauliques, par exemple, c’est le moyen de décomposerl’eau et par suite de produire de l’hydrogène, c’est-à-dire de la chaleur. Nous ne croyons pas que les essaistentés jusqu’ici, et dont le plus remarquable est l’ap-plication de la machine de Clarke, fondée sur les beauxtravaux de Faraday sur les courants d’induction, soientencore bien rapprochés du succès, mais la possibilité del’atteindre industriellement ne paraît nullement con-traire à ce que nous savons déjà. breguet.
TENON. Voyez assemblage.
TENUE DES LIVRES. Nous empruntons à un rap-port de M. Costaz, fait à l’Académie des sciences , unexposé très lucide des principes de la tenue des livreseu parties doubles, méthode qui a pour objet la solutiondu problème suivant :
Etant donné un capital composé d’une manière connue ,destiné à être successivement engagé en totalité ou parparties dons divers emploi», et à subir par des causesquelconques des modifications dans sa grandeur et danssa nature , euiure ce capital dans ses transformationssuccessives , déterminer pour une époque prise à volonté lavaleur, la nature et la position de chacune de ses par-ties, les augmentations ou les diminutions qu’il a éprou-vées, faire connaître les causes de ces variations et la partque chaque cause a eue soit dans l’effet total, soit danschaque effet partiel. *
La méthode qui résout le mieux ce problème, la^eule peut-être qui le résolve dans toute son étendue,est celle qui est connue parmi nous sous le nom deTenue des Livres en parties doubles, et dans d’autrespays sous le nom de Méthode italienne, parce qu’elle aété découverte en Italie , dans le moyen âge, lorsquece pays, à qui l’Europe moderne doit la renaissancede tous les arts, de toutes les sciences et de la bonneméthode philosophique, était l’intermédiaire des com-munications commerciales entre l’orient et l’occidentde l’ancien monde. La plus grande partie de la no-menclature actuellement en usage dans la pratique decette méthode, porte encore l’empreinte d’une origineitalique, et l’on cite un traité explicatif de ses procé-dés, publié en italien, vers l’année 4495, par Fra LucaPaciolo di Borgo.
Toute comptabilité exige indispensablement rem-ploi de deux livres ou registres.
Dans le premier, les opérations sont inscrites parordre de dates, avec tous les détails nécessaires pourconstater la nature et tous les effets de l’opération. Celivre, qui est le fondement de la comptabilité, estjugé si important par les lois, qu’elles ont réglé et fixéquelques-unes des conditions de sa forme et de sa te-nue. Il porte le nom de Journal ; les affaires y sont rap-portées sans aucun égard à leur analogie ou à leurdissemblance; il constate leur existence, mais il nemontre pas leur situation. Cet objet est rempli aumoyen d’un autre livre qui s’extrait du journal, etqui, dans le langage technique, est appelé quelquefoisLivre de raison , et plus souvent le Grand-Livre . Toutesles affaires dont on veut suivre la marche y ont unarticle séparé ou compte, dans lequel elles sont inscri-tes sans aucun mélange avec les affaires d’une naturedifférente. On caractérisera en peu do mots, et sousla forme concise du langage algébrique, la destinationet le service de ces deux registres en disant que : Dansle Journal les affaires sont ordonnées par rapport autemps et dans t le Grand-Livre par rapport â leur nature.
La dénomination de méthode à parties doubles usi-tée en France provient de ce fait, que toute opérationcommerciale, tout transfert ou mouvement de valeurconstitue nécessairement un débiteur et un créancier oucréditeur. ,
Le créancier et le débiteur sont souvent des person-nes avec qui celui au nom duquel la comptabilité est
tenue est en correspondance d’affaires ; mais ces motspeuvent aussi désigner des emplois de quelque partiedu capital : par exemple, si un négociant achète pourmille francs de marchandise et qu’il paye comptant, lamarchandise sera débiteur de la caisse ; ou détermi-nera toujours avec sûreté quels sont le créancier et ledébiteur par une règle déduite de cette considération,que pour qu’il y ait lieu à reconnaître un nouveaudébiteur et un nouveau créancier, il faut que quelquevaleur ait fuit un mouvement et ait changé de placeou emploi. Le créancier est au point de départ, le débiteurau point d’arrivée.
Le grand-livre contient donc une équation toujourssubsistante, dont chaque nouvelle opération modifiequelque terme, mais sans troubler l’égalité. Dès qu’onaperçoit que cette égalité n’existe plus, on est sûrqu’il a été commis quelque faute de calcul qu’on doitse hâter de rechercher et de rectifier. Cette propriétéoffre un moyen d’assurer l’exactitude arithmétique descomptes.
Le rapprochement des deux membres de l’équationplacés terme à terme en regard l’un de l’autre, formece que dans la pratique on appelle le Bilan ou la Ba-lance.
Au mérite de constater l’exactitude des écritures, labalance réunit celui de présenter sous la forme la plusconcise et la plus nette le résumé, et, en quelque sorte,l’image des effets de la gestion à laquelle le capital aété soumis ; si le capital initial a reçu des accroissementsou subi des diminutions, et sert à en déterminer lemontant et les causes.
Lorsqu’une comptabilité est organisée, c’est-à-direlorsque les différents points de vue 60 us lesquels uneentreprise doit être considérée sont déterminés, et queles comptes dans lesquels les différentes opérationsdoivent être coordonnées sont établis, la méthode desparties doubles conduit en quelque sorte le praticienpar la main ; il n’a besoin que du degré d’attentionnécessaire pour ne point commettre d’erreur dans latranscription et la pose des nombres. Mais la déter-mination des comptes nécessaires à établir pour porterla lumière dans toutes les parties d’une comptabilité,est une opération qui demande des raisonnementsquelquefois compliqués et délicats : c’est comme lamise d’un problème en équation. Elle suppose une con-naissance entière de l’entreprise dans laquelle on veutengager le capital, des règles de l’administration ougestion à laquelle il doit être soumis, et une analysecomplète des moyens qu’on aura à sa disposition et dela manière d’en faire usage.
Le résumé succinct qui précède renferme tout l’espritde la comptabilité, connue sous le nom de tenue des li-vres en parties doubles.
Nous ajouterons quelques mots sans pouvoir toute-fois entrer dans des applications nombreuses qui formentla substance de tous les traités de tenue des livres.
Comme nous l’avons dit dans l’introduction, l’espritde cette méthode est la même que la notion des quanti-tés positives et négatives en algèbre. G’est sur le mouve-ment des comptes positifs et négatifs que repose toutela tenue des livres, et c’est la somme algébrique (c’est-à-dire avec les signes + et—) de ces comptes quidonne le bilan, la position de l’affaire en chaque instant.
Pour ce qui est de la multiplicité des comptes à éta-blir, il est de règle de réduire au nombre strictementnécessaire ceux qui se rapportent aux valeurs mca-riab/es, qui, telles que le numéraire, entrent et sortentdes comptes pour le même chiffre. 11 y a au contrairepresque toujours pour l’industriel grand avantage àmultiplier tous les comptes se rapportant à des objetsdont les valeurs sont variables, et surtout à ceux quientrent comme parties essentielles de la fabrication.C’est par des comptes bien entendus de matériel, ma-