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TEREBENTHINE .

TEREBENTHINE

dans des tonneaux mal joints dont les fentes servent defiltres. Les premiers produits qui s l écoulent sont lesplus liquides et les plus purs : on les vend sous le nomde térébenthine fine ou térébenthine au soleil.

Le procédé que nous venons de décrire exige un tempsassez long et entraîne nécessairement la perte d’unegrande quantité d'essence qui se dégage dans l'air ;aussi le remplace-t-on toujours aujourd’hui par uneméthode due à M. Chevalier et qui présente le doubleavantage d’améliorer les produits et d’augmenter desdeux tiers leur quantité. Cette méthode consiste à met-tre la matière brute recueillie au pied des pins dans unsac de toile, entouré d’un tissu d’osier et suspendu dansune chambre où l’on peut circuler. Un tuyau percé detrous sur toute sa largeur et par lequel on peut fairearriver de la vapeur, pénètre dans le sac. Quand latérébenthine brute est placée dans le sac, il s’en écouled’abord, même à froid, un produit très pur et très li-quidé qui peut remplacer avec avantage les térében-thines de Cliio et de Venise . On introduit ensuite lavapeur ; les matières se ramollissent, la térébenthines'écoule en abondance et l’opération est terminée enquelques heures. On doit modérer l’action de la vapeurpour éviter de liquéfier toute la résine qui, sans cetteprécaution, se mêlerait en trop grande quantité avec latérébenthine. Du reste, si cet accident se produisait,on y remédierait facilement en mêlant au produit unepartie de la térébenthine écoulée h froid.

Le résidu resté dans les sacs après l’action de la va-peur, ou dans les tonneaux, quand on opère au soleil,est fondu et filtré à chaud sur de la paille. Il sert à lapréparation de l’essence de térébenthine, dont il ren-ferme encore une certaine quantité, de la colopha-ne, etc., produits dont nous allons maintenant décrireles propriétés et le mode de préparation.

o. Huile essentielle de térébenthine. On obtient cettehuile essentielle en distillant dans un alambic la téré-benthine, quand on ne la.vend pas dans son état natu-rel, ou bien, ce qui a lieu le plus souvent, le résidufondu et filtré que l’on obtient après avoir séparé latérébenthine par l’action de la vapeur ou du soleil,comme nous l’avons indiqué ci-dessus. L’essence va secondenser dans le serpentin de l'appareil et il restedans la cucurbite la partie résineuse ou colophane. Ladistillation de 400 kil. de térébenthine fournit unedouzaine de kilos d’essence et un peu moins de 88 kil.de colophane.

L’essence du commerce renferme toujours de la ré-sine, formée par l’action de l’air, et une certaine quan-tité d'eau. Pour l’obtenir pure, il faut la mélanger avecuu peu de chaux vive qui s’empare de l’eau, la décanteret la distiller une seconde fois, et enfin, si on a besoind’un produit absolument pur, la laisser digérer avecdu chlorure de calcium et la redistiller avec beaucoupde précaution. L’essence ainsi préparée est incolore,limpide, très fluide ; sa densité à la température de 22°est de 0,86. Elle entre en ébullition à 156°. Son odeurest forte et désagréable. Elle renferme, d’après M. Du-mas, C 40 H 3î , ou bien :

Carbone. 88,5

Hydrogène. 41,5

400,0

Les flacons d’essence mai bouchés ou renfermant del’eau se tapissant avec le temps de cristaux blancs étoi-lés qui ont été étudiés par plusieurs chimistes et quiparaissent être un hydrate d’essence de térébenthine.Sans entrer ici dans l’histoire de cette substance, quin’a pour les arts aucun intérêt, nous dirons seulementqu’il faut éviter sa production parce qu’elle altère lespropriétés de l’essence.

L’essence de térébentiiine forme avec l’acide chlo-rhydrique une combinaison connue sous le nom de cam-

phre artificiel (voyez camphre), que nous n’examine-rons pas en ce moment, mais qui paraît destinée àjeter quelque lumière sur la nature intime encore assezmal connue de l’essence de térébenthine.

b. Colophane ou Ârcanson. Ce produit est le résidude la préparation de l’essence de térébenthine. Il estd’autant plus pur que les matières premières l’étaientelles-mêmes davantage. La térébenthine obtenue à lavapeur ou au soleil donnerait la plus belle qualité. —Cette substance est employée dans quelques vernis etpar les luthiers. Son nom vient, dit-on, de Colophon ,ville d’Ionie , où on la préparait autrefois.

La colophane peut être représentée par de l’essence detérébenthine oxygénée : sa formule paraît être C 80 H € * O*.Mais il ne faut pas la regarder comme un produit sim-ple; c’est un mélange de trois résines au moins, dontdeux sont acides et ont reçu les noms d’acides sylviqueet pinique. Ces composés, déjà étudiés avec soin, mé-ritent de fixer l’attention des industriels, car ils jouent,sans aucun doute, un rôle très important dans la fabri-cation des savons résineux dont les applications tendentsans cesse à s’étendre davantage.

c. Résine commune , ou Poix mina, ou Drai sec . Quandau lieu de recueillir la colophane au moment où cessele dégagement des vapeurs d’huile essentielle, on laverrse bouillante dans un vase de bois où on la brassefortement avec 40 p. 100 d’eau environ, on obtient larésine commune que l’on verse dans des moules en sablede 0“,50 de diamètre et de 0 m ,40 à 0®,42 de profondeurdans lesquels elle se solidifie. Ce produit ainsi préparéretient environ 6 p. 4 00 d’eau ; il est opaque, beaucoupmoins coloré et moins fragile que la colophane, quel’on est forcé d’emballer dans des barriques, tandis quela résine peut s’expédier dans de simples bâches enroseau. La résine fond plus facilement que la colophaneet s’attache moins au fond des vases. Elle est solubledans les alcalis, les huiles grasses et dans l’éther. L’al-cool en dissout le tiers de son poids. Sa densité est de4,073, suivant Thomson.

La résine mélangée avec du soufre et du suif formeune excellente matière pour le calfatage des navires.Elle sert également à la préparation du mastic de fou-tainier, qui n’est autre chose qu’un mélange d’une par-tie de résine avec deux parties de brique finement pul-vérisée et fondues ensemble. — On peut prépareravec la résine un gaz d’éclairage de très bonne qualité(voyez éclairage), mais dont le prix est malheureu-sement trop élevé.

La résine soumise à la distillation produit une huilefixe et une huile volatile. Ces liquides ont été jusqu’àprésent peu employés en France (voyez graissage).Ils paraissent cependant susceptibles de nombreusesapplications qu’il serait intéressant de découvrir.

d . Barras ou Verrine. On désigne ainsi le produit ob-tenu en faisant fondre et filtrer à une douce chaleurles matières résineuses solidifiées à la surface des in-citions.

e . Poix de Bourgogne . C’est du galipot filtré aveo 6oiuet convenablement épaissi par la chaleur.

f. Brai gras. La paille p travers laquelle on a filtréles térébenthines, les tonneaux qui ont servi é àles ren-fermer, et en général tous les résidus des préparationsprécédentes, renferment une certaine quantité de ré-sines et de térébenthine que l’on utilise, comme nousallons l’indiquer, pour la préparation du brai gras. Oncharge toutes ces matières par l’ouverture supérieured’un four présentant la forme d’un cône renversé, ovaleou circulaire, de 3 m à 4"* de hauteur et de 4 m ,80 à 2"de diamètre. Une ouverture, ménagée à la partie infé-rieure de ce four, permet aux produits de cette espècede distillation de couler dans une rigole qui les conduitdans des baquets en bois remplis d’eau dans lesquels ilsse rassemblent. Ou obtient ainsi une masse d’un brun