TERRASSEMENT.
TERRASSEMENT.
rougeâtre et presque liquide, on la décante pour séparer les impuretés et on la fait bouillir dans une chau-dière en fonte jusqu’à ce qu’elle atteigne la consistanceconvenable.
g. Poix noire. On désigne sous ce nom le brai grasmélangé de noir de fumée ou autres matières charbon-neuses.
h. Goudron. Le goudron est une matière liquide, deconsistance sirupeuse, d’un brun noirâtre, demi-trans-parente et d’une odeur empyreumatique particulière.Quand il est de bonne qualité, il communique à l’eauou à la salive une légère teinte rosée et une apparencelactescente quand il est moins bon. Exposé à l’air, encouches minces, il se transforme en une croûte d’unnoir brun, luisante et qui adhère fortement aux boissur lesquels il se trouve appliqué. Le goudron soumisà l’action de la chaleur se liquéfie, bout en répandantdes fumées abondantes et finit par se transformeren brai gras, ou plutôt en poix noire. Il brûle facile-ment, mais avec une flamme très fuligineuse, au milieude laquelle on voit s’élever de petites bulles enflam-mées.
On fabrique, dans les environs de Bordeaux , unegrande quantité de goudron avec les pins épuisés detérébenthine. On coupe, à cet effet, les arbres partronçons de 0“,65 de largeur que l’on refend en bû-chettes de quelques centimètres seulement de diamètre..On entasse le bois ainsi préparé dans un four circulairede 6“ à 7® de diamètre, dont la sole est percée d’uneouverture centrale, par laquelle le goudron s’écouledans les vases destinés à le recevoir. On a d'ailleursle soin de recouvrir le tas de gazon avant d’y mettrele feu et de conduire l’opération avec tous les soinsindiqués au mot carbonisation. Le goudron ainsiobtenu se trouve mélangé d’une certaine quantité d’eauet d’acide acétique dont on le débarrasse par l’actionde la chaleur. On pourrait opérer une séparation pluscomplète de l’acide par l’addition d’une faible quantitéde carbonate de chaux en poudre, dont l’emploi, peucoûteux, produirait certainement de bons résultats.
' Le goudron sert à enduire les cordages, les voiles etles bois des navires. Pour le calfatage on le mélangeavec du brai gras ou avec de la résine : ce derniermélange est connu sous le nom de poix végétale ounavale.
Les goudrons de Suède, de Norwége et de Russie sont très renommés et connus depuis longtemps. Onles extrait principalement du pmus rubra, L. Mais onpeut affirmer que nos goudrons du département de3Landes ne le cèdent en rien à ceux* du Nord et sontmême presque toujours vendus aujourd’hui pour cesderniers ; c’est une fraude que d’anciens préjugés ren-dent malheureusement encore nécessaire.
i. Poix bâtarde. C’e>t un mélange de goudron, de
poix noire et de brai gras. #
Les térébenthines et leurs dérivés forment, commenous venons de le voir, une série de produits nombreuxet qui sont pour quelques-uns de nos départements unesource de prospérité destinée probablement à s’accroî-tre chaque jour, car les résines peuvent fournir à l’in-dustrie une foule de vernis, d’enduits, etc., dont on estloin encore d’apprécier toute l’utilité.
Terminons enfin en renvoyant le lecteur aux arti-cles suivants du Dictionnaire, qui se rattachent plus oumoins directement au sujet qui vient de nous occuper :BAUMES, LAQUE, MASTIC, NOIR DE FUMEE, VER-NIS, etc. ' H. MANGON.
TERRASSEMENT. Quand on trace une voie decommunication, route, canal ou chemin de fer, on estastreint à certaines règles, conséquences de la destina-tion de cette voie. Parmi ces règles il en est quelques-unes, celles qui concernent les pentes et les courbes,dont on ne doit pas se départir, sous peine de diminuer
le degré d’utilité de la voie que l’on veut créer, ou mêmed’en rendre l’usage impossible. C’est l’application deces règles inflexibles qui donne naissance à la partie laplus importante, et comme travail et comme dépense,de la construction des voies de communication. Ainsi,pour faire passer à travers un pays une route, un canal,un chemin do fer, il faudra souvent combler les vallées,percer les montagnes, les abaisser, les niveler, exécuterenfin des déblais et des remblais, en un mot faire desterrassements.
A moins de cas très exceptionnels, la masse des terresà remuer pour la construction des routes n’est pas con-sidérable. On n’emploie gukre à ce travail que la brouetteet le tombereau. La raison en est simple, les per-tes d’une route de terre peuvent sans inconvénient s’é-lever à 3, 5,8 et même \ 0 centimètres par mètre. Quantaux courbes, on admet très bien des rayons de 50 à \ 00mètres.
Les canaux exigent de plus grands mouvements deterre. On rachète les pentes par des chutes ou écluses ;mais entre cleux écluses le plafond du canal doit êtrehorizontal : en multipliant les écluses, on rachète despentes considérables, et on peut par là éviter de grandsterrassements : cependant les travaux de cette naturoforment un article important de la dépense d’ouverturedes canaux. Pour les courbes, ou adopte celles qui per-mettent à nn bateau de circuler, avec aisance, sans en-dommager les berges : les dimensions de ces bateauxvarient avec la section du canal, et par suite on peutadmettre des courbes d’un rayon moindre sur les ca-naux à petite section que sur ceux à grande section.
Les conditions dn tracé des*cheimn$ de fer sont, pourainsi dire, absolues ; c’est-à-dire que leur exploitationexige des pentes faibles et des courbes de grand rayon :horizontalité et alignements droits, tels sont les termesde la perfection pour le tracé de ces nouvelles voies decommunication. On conçoit que pour satisfaire à cesconditions, il soit nécessaire de faire des déblais et desremblais énormes; aussi est-ce depuis qu’on a com-mencé ces grands travaux que les idées des ingénieurset des inventeurs se sont tournées vers la recherche desmoyens propres à accélérer le maniement des terres età diminuer la dépense qu’il entraîne. A Paris , ces re-cherches ont trouvé un stimulant dans l’entreprise desfortifications qui entourent la capitale et qui ont dûêtre exécutées dans un espace de temps très limité. Ce-pendant nous devons nous hâter de dire que l’érectiondes fortifications n'a permis d’étudier qu’une face de laquestion, puisque dans ces travaux, on se borne en gé-néral à creuser un fossé dont les terres sont déposéesen cavalier, soit du côté de l’escarpe, soit du côté de lacontre-escarpe. Tandis que les terrassements de canauxet de chemins de fer comprennent non seulement le dé-blaiement des terres en un point donné, mais encoreleur transport à des distances pins ou moins considé-rables.
Pour donner à nos lecteurs une idée de l’importancedes travaux de terrassements que nécessitent les che-mins de fer et de la dépense qu’ils occasionnent, nousavons réuni quelques chiffres pris tant en France , qu’enBelgique et en Allemagne . Quant à la dépense, nousdonnons un premier tableau qui comprend le prixqu’ont coûté les terrassements par kilomètre, et le prixtotal du kilomètre, y compris même le matériel. Il eûtété mieux de dégager le chiffre qui représente la con-struction proprement dite ; mais noas n’avons pas trouvédans les ouvrages que nous avons consultés des rensei-gnements assez certains pour pouvoir présenter avecconfiance \es résultats de ce travail. Disons seulementque nous avons pu constater qu’en général la dépensedes terrassements est à peu près les trois cinquièmes dela dépense des travaux d’art et des terrassements réunis.Ainsi, si cette dépense monte à 400.000 fr., 60.000 fr.