TISSAGE.
TISSAGE.
machine dévide un certain nombre de canettes à lafois; mais pour les laines et surtout pour les fils enlaine cardée, au lieu d’employer un dévidoir pour pro-duire également plusieurs canettes simultanément, onles forme généralement encore Tune après Tautre abso-lument comme cela se pratiquait avant l’application dutravail mécanique. Les raisons qu’on donne pour opérerainsi ont si peu de valeur que nous sommes convaincusde voir bientôt adopter les canettières par l’industriedes laines cardées. C’est pour le tissage de la soie queles machines à faire les canettes ont été le plus perfec-tionnées. Dans toutes, on se propose d’en former dontle fil soit régulièrement disposé autour de la petitebobine de manière à se dérouler facilement jusqu’aubout sans se mêler.
Mouillage des trames . Tous les fils pour trame, ex-cepté ceux de la soie, sont susceptibles d’être mouillésdans certains cas, lorsqu’ils ne présentent pas assez derésistance ou lorsqu’on veut obtenir un tissu très serrépar l’augmentation du nombre de duites dans lunitéde surface. On mouille les canettes soit à l'eau pure,soit à l’eau de savon. Ce dernier liquide est surtout em-ployé pour les fils très fins, afin de faciliter leur glisse -ment entre ceux de la chaîne et leur tassement dansl’angle formé par eux. Ce mouillage a lieu tantôt parune simple immersion des canettes dansle liquide dont onles retire pour les faire égoutter, mais le plus souvent onse sert d’une pompe. M. Kohlerdu Yieux-Thann a ima-giné une petite pompe spéciale pour cette opération. Uneseule de ces machines suffit pour le mouillage des ca-nettes de 350 à 400 métiers.
Nous donnons (fig. 2447) une élévation de l’appareilde M. Kohler qui suffit pour le faire bien comprendre.
L’appareil se compose : du réservoir E qui contientl’eau pure ou la dissolution de savon ; le tube j sert àl’arrivée de vapeur pour faire la dissolution de savon ; dela caisse en fonte À dans laquelle on dispose les ca-nettes à mouiller, et qui est hermétiquement fermée,et de la pompe C destinée à faire le vide, de façonà faire arriver le liquide par le tuyau D sur lescanettes. Lcrsqu’on a établi la communication en-tre cette caisse et le réservoir E, et qu’on Ta inter-ceptée entre celle-ci et la pompe C, ce qui a lieu aumoyen de la relation des deux roues d’angle c quiexistent entre les deux robinets e et f, il suffit de diri-ger ceux-ci dans l’un ou l’autre sens par le man-che h. Le petit tube m est une éprouvette pour indiquerle degré de raréfaction de l’air qui est ordinairementsuffisante après 4 00 coups de piston qui sont impriméspar la tige k guidée dans des montants U qui maintien-nent la verticalité du piston. Pour disposer les canettesdans la caisse en fonte A, on les embroche d’abord*m nombre de 45 à 20 dans de petits fuseaux en lai-
ton ; on les dispose dans des espèces de doubles fondsen fer-blanc percés de petits orifices qu’on place ensuitedans la caisse. On met autant de ces plateaux ou dou-bles fonds que la caisse en peut contenir, on replaceensuite le couvercle b et on fait mouvoir la pompe C.Le vide étant opéré, on intercepte la communicationentre la pompe et la caisse pour la rétablir entre cettedernière et le tuyau D de la caisse E. On fait la mêmemanœuvre deux ou trois fois suivant la grosseur descanettes ou qu’elles sont plus ou moins serrées; onôte ensuite le couvercle b; on enlève les plateaux qu’ondépose sur la grille qui couvre l’appareil pour les lais-ser égoutter.
Remettage et armures . La chaîne étant enroulée etdisposée convenablement sur un cylindre ensouple dumétier à tisser, il s’agit d’établir la communication en-tre tous les fils et les leviers qui doivent les faire mou-voir, ce qui a lieu, comme nous l’avons vu, par l’entre-mise des lisses ou lames . L’opération qui a pour but defaire passer les fils dans celles-ci, et de leur faire occu-per les places convenables pour pouvoir effectuer descroisements déterminés entre eux, se nomme remettage.
Nous avons déjà vu qu’il fallait au moins deux lissespour faire l’étoffe la plus simple, et que ce nombre allaiten augmentant à mesure que Ton veut obtenir des des-sins plus compliqués par l’entrelacement des fils.
La réunion de lisses nécessaires à produire un effet dé-terminé est désignée sous le nom de remise.
Le nombre des lisses est toujours infiniment moindreque celui des fils d’une chaîne, chacune d’elles en re-çoit par conséquent une assez grande* quantité qui estgénéralement égale pour chaque lisse. Elle peut cepen-dant varier dans certains cas, comme on le verra plusloin.
Après le remettage, il faut établir la communicationentre les lisses et les leviers ou marches qui doiventleur transmettre le mouvement. Lorsqu’il y a plus dedeux lisses, on peut les faire mouvoir dans autant d’or-dres différents que l’on peut obtenir de permutationsavec un nombre égal à celui des lisses, mais les effetsde croisement différents qui en résultent sont assez li-mités et peuvent être déterminés à priori.
Les relations des lames avec les marches ont reçu lenom d'armure*. Ce nom est également réservé aux en-trelacements des fils qui en sont la conséquence.
Le remettage et la formation des armures reposentsur des principes du tissage qui ont tant de corrélationsentre eux, qu’il nous a paru indispensable d’en don-ner une description simultanée ; cependant nous croyonsdevoir expliquer auparavant avec quelques détails laconstruction des boucle*, mailles et maillons t et deslisses.
Une maille est une boucle formée par une petitecorde verticale destinée à livrer passage à un ou plu-sieurs fils de la chaîne. Un maillon, qui a la même des-tination, est un petit orifice, percé dans une plaque deverre ou toute autre matière solide, fixé égalementà une corde verticale. Une maille peut être forméede plusieurs boucles disposées les unes au-dessus des au-tres et un maillon peut être percé de plusieurs orificessuperposés. La fig. 2448 représente différentes mailloset maillons ; c est une maille à une boucle, désignée sousle nom de maille simple ou à crochet ; c’ est une maillecomposée de deux boucles réunies et est nommée mailleà coulisse . La maille l m, est une maille à grande cou-lisse composée d’une seule boucle allongée dans laquellele fil peut glisser de haut en bas et de bas en haut. Ondésigne enfin sous le nom de maille à culotte une demi-maille n o fixée par sa partie inférieure à la lisse etqui sert dans certains cas spéciaux à rabattre les filsqui sont passés dans une maille à grande coulisse; Fet F’ représentent les fils passés dans les maillet. Lemaillon c” est figuré avec trois orifices oo. Une lisse