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TISSAGE.

TISSAGE.

jetant un coup d’œil sur les fig. 2499 et 2500. L’ou-vrier , en posant le pied sur uuc marche, fait enroulerune corde autour d’une poulie, et fait tourner un petitarbre sur ses tourillons ; eclui-ci porte deux petitsmanchons dans des boîtes, autour desquelles s’enve-loppent les chaînes ou courroies attachées à la griffe g,qui reçoit par conséquent son mouvement ascensionnel,et eulève les crochets qui n’ont pas été repoussés parle prisme et son carton ; pendant que- la griffe monte,l'ouvrier chasse la navette comme à l'ordinaire, et batla trame par le battant; on laisse redescendre le sys-tème, et lorsqu'il est revenu à sa position primitive,les ressorts y>, après la disparition de la résistance ducarton et du prisme, ont réagi contre les aiguilles quiles avaient comprimés, et celles-ci sont revenues à leurpremière position, les crochets ont repris d’eux-mêmesleurs places sur les lames, et tout est prêt de nouveaupour recommencer le même mouvement.

Mais à chaque mouvement, c’est un nouveau cartonqui se présente pour repousser les aiguilles qui no le sont,pour ainsi dire, jamais dans le même ordre. Afin quecette succession de cartons se fasse bien régulièrement,ils sont enlaces les uns aux autres de manière à formerune chaîne sans fin, comme on le voit dans la fig. 2505.Celte espèce de chaîne a, à scs extrémités, des trous t'dans lesquels s’engagent *de petites cames que porte leprisme et qui la font avancer. Le quart de révolutionque le prisme lui-même doit faire à cet effet, est com-mandé par les mâchoires ou loquets articulés f y qui lesaisisseut par ses lanternes g\ g’, disposées à son ex-trémité; cette impulsion est donnée par une cordepassant sur une petite poulie qui se trouve sur l’arbre de la presse.

Nous ne nous arrêtons pas aux autres dispositions dece métier, qui n’offrent rien de particulier. Le bâti T T,composé de montants et de traverses solidement assem-blés et maintenus par des ferrures boulonnées, est sur-monté de petits bâtis a, a,destinés à supporter et à ser-vir de point d’appui au mécanisme à la Jacquart.

Le montage de la chaîne est obtenu avec un méca-nisme de tension, et un régulateur d’enroulement,comme dans les métiers à tisser.

Nous espérons que les détails dans lesquels nous venons d’entrer auront rendu facilement compréhensiblecette admirable invention qui a illustré a si juste titrele nom de son inventeur, sans qu’on doive oublier tou-tefois que Yaucanson avait déjà employé le cylindre,mais sans les cartons.

Depuis l’emploi du métier à la Jacquart, on atenté d’y apporter des modifications de toutes espèces,mais sans pouvoir rien changer au principe fondamen-tal; on en a étendu l’application à de nombreux articlespour lesquels on l’aVait d’abord jugé insuffisant; pourtoutes les spécialités, on est parvenu à en tirer un heu-reux parti. Le tissage mécanique des étoffes façonnées,des plus riches tapis, basses-lisses, des tulles même, aprofité plus ou moins de cette magnifique inventionqui est loin encore d’avoir rendu tous les services qu’onest en droit d’en attendre.

Les améliorations qu’on a constamment tentées onteu pour but les moyens de manœuvrer les maillons etleurs plombs, de faire mouvoir le métier mécanique-ment, d’assurer davantage le jeu parfait des aiguilles.Les ressorts ne les repoussant pas toujours exactementquand ils sont mauvais ou usés, MM. Dhomme’ et Ko-magny ont fait dans ce sens une tentative ingénieuse,qui a été décrite avec une clarté remarquable par M. lebaron Séguier, dans un des Bulletins de la Société d’en-couragement. On est arrivé, aussi à diminuer le nom-bre des aiguilles nécessaires pour produire un effetdonné; mais ces derniers résultats tiennent plutôt à descombinaisons de commandes ou d’empoutages, qu’à lamachine elle-même, et leur description trouvera par

conséquent 6a place ailleurs. La dépense assez considerâble de cartons qu’on est obligé de faire, quand on ades dessins compliqués, a fait cbercher souvent un autremoyen. On avait proposé de les remplacer par des feuil-les de fort papier. Cette innovation, qui avait d’abordeu quelques succès, a été cependant généralement aban-donnée, mais de nouveaux essais se font en ce momentqui paraissent avoir plus de chances de réussite. Toutle monde a pu voir également, à la dernière exposition,l’ingénieuse tentaÿve de M. Pascal, qui présentait unmétier à la Jacquart fonctionnant sans cartons.

Voici en quelques mots les principaux points sur les-quels est basée cotte invention :

Les cartons sont remplacés par une toile métalliquede cinq cents duites au mètre destinée, par conséquent,à remplacer cinq cents cartons, représentant une sur-face de cinq cents fois un côté du prisme ou environ40 mètres de développement. Les mailles de la toilemétallique sont remplies d’un vernis, et le tout recou-vert d’une couche de caoutchouc; on se sert de cettesurface pleine comme on le ferait du carton. Le lisageet le piquage du dessin se font simultanément au moyenrie la machine à lire à touches. Une fois hic, la toileest posée sur un mécanisme spécial qui établit la com-munication avec les aiguilles.

Il y a certes dans cette découverte une idée heureusedigne de succès; nous faisons des vœux pour que lemodeste auteur de cette machine parvienne à la modi-fier, de mauière à la rendre applicable aux tissus descomptes les plus élevés; nous lui souhaitous aussi assezde persévérance pour qu’il puisse, une fois cet avan-tage obtenu, lutter contre tous les obstacles d’une autrenature réservés immanquablement à une innovation dece genre.

En attendant qu’on parvienne à éviter complètementles dépenses que nécessitent les cartons et leur lisage,on cherche à les diminuer en faisant des prismes dontles trous sont rapprochés le plus possible. Les fabricantsallemands en emploient à trous très serrés ; ils ont aussiétabli des machiucs à la Jacquart,. avec des crochets\erticaux en bois, modification qui a autant pour butd’éviter l’oxydation des aiguilles pendant le repos de lamachine que de faire une économie dans sou établis-sement. M. Forticr, fabricant de châles, a rapporté uneJacquart ainsi disposée lors de son voyage à l’exposi-tion de Vienne.

Ici se termine oe que nous avons cru nécessaire dedire des métiers à tisser à basses-lisses. Il n’est pas unemachine de cette espèce qu’on ne parvienne à compren •dre facilement, si on s'est pénétré des principes que nousvenons d’exposer, et si on a bien suivi la description desmécanismes. Les métiers qui paraîtraient s’éloigner leplus, au premier coup d’œil, de ceux que nous venons dedécrire, pourront, après un examen comparatif de quel-ques instants, leur être assimilés. Celui destiné àtisser plusieurs rubans à la fois et qu’on connaît sousle nom de métier à la barre , va nous en offrir unepreuve.

A la première vue il ne présente de ressemblancoavec aucun autre; il n’a presque pas de hauteur, salargeur est considérable, toutes ses commandes sonten dehors du bâti aux deux extrémités. Mais si l’onveut faire abstraction de son ensemble, suivre avec quel-que attention le travail exécuté pour un seul ruban, sicelui-ci est simple, son tissage ne diffère en r en de ce-lui de la toile; s’il est façonné, les moyens sont ceuxque nous avons décrits pour les dessins exécutés autissage; on se convaincra enfin que la particularité ap-parente que présente ce métier ne tient qu’à la répéti-tion de plusieurs petites chaînes, et par conséquentd’autant de rubans sur un même bâti. Un seul en exé-cute souvent jusqu’à dix à la fois avec une seule trans-mission de mouvement. M. Vayson fait en ce moment