TISSAGE.
TISSAGE.
des essais pour appliquer au tissage ordinaire le systèmeà la barre, au moyen duquel on pourrait produire desétoffes d’une très grande .largeur, avec régularité, etsaos qu’il y ait besoin d’augmenter la force.
Montage du métier à la Jacquart. L’étude du mon-tage des métiers à tisser les étoffes unies ne pouvantplus présenter de difficultés, après ce qui a été dit duremettage, des armures, du pliage et du montage deschaînes, nous allons passer de suite aux considérationsconcernant les tissus façonnés. Monter un métier à laJacquart, c’est établir la communication do tous les filsde la chaîne avec les aiguilles verticales ou crochets dela mécanique.
L’opération du montage comprend celles de l’empou-tage, du colletage , du pendage , de Yenverjure et du re-mettage.
Pour mieux faire saisir ce que nous allons dire, rap-pelons succinctement les différentes parties d’un métierà la Jacquart : au-dessus de la chaîne sc trouve la plan-che à arcades , qui est horizontale, de la largeur du mé-tier, percée d’autant de trous au moins que les fils exige-ront de maillons. Ces trous sont disposés en quinconce.Au-dessus de cette première planche est placée celle àcollet tenant à la mécanique, et ayant également autantd’ouvertures qu’il y a de crochets; elle se trouve au-dessus do la griffe. Ces deux planches, dans les trousdesquelles il faut faire passer les maillons avant de lesfixer aux crochets, sont nécessaires pour assigner lesplaces relatives de tous les'fils de la chaîne et assurerla régularité de leur mouvement.
Empoutage. L’opération qui a pour but de faire passerles arcades à travers ces deux planches, dans l’ordre leplus convenable pour l’effet à produire, tel qu’il a étédemandé par la disposition générale, est ce que l’onnomme empoutage.
Quel que soit le genre de tissu façonné produit, lenombre de fils de la chaîne est toujours bien supérieurà celui des aiguilles d’une mécanique; il faut donc queplusieurs soient mus par le même crochet. Lorsqu'ils’agit d’exécuter des dessins courants, c’est-à-dire derépéter sur toute la surface de la pièce les mêmes effets,la distribution des arcades pour chaque corde et chaquecrochet ne peut présenter aucune difficulté ; on divisele nombre de maillons par celui des crochets, le quo-tient donne la quantité d’arcades à fixer à chacund’eux. Chaque réunion d’arcades qu’on désigne sousle nom de raccords , sert à former une partie de l’en-semble du dessin ; le nombre de trous nécessaire à unraccord se nomme chemin. Dans tout dessin, ou peutdistinguer le croisement du fond de celui de la fleur oudu façonné. La liaison de celui-là provient de l’ordregénéral du croisement de l’armure adoptée ; cet entrela-cement est, par conséquent, régulier pour chaque duitesur la largeur du tissu. Le façonné ejst également produitpar des circonvolutions de la trame avec la chaîne; maiscelles-ci, au lieu de se répéter d’une manière régulièrepour chaque course de trame, sont déterminées par lemouvement des aiguilles, tel qu’il est commandé par lamise en carte et le lisage du dessin. On exécute les deuxespèces de croisements alternativement, et l’on obtientainsi une liaison plus intime entre le corps et les partiesdu dessin. Les arcades doivent donc produire une ar-mure fondamentale et suivie sur toute la surface de l’é-toffe.
Il faut en conséquence que le nombre des arcades d'unchemin soit égal ou multiple de celui des lisses que l’armureexige. C’est là une condition qu’il est toujours faciled’exécuter.
Un exemple va rendre ces considérations plus claires :soit A, B, C, D, un plan horizontal de la planche percéed’un nombre de trous suffisants pour les arcades. Le côtéA B est sa largeur, et celui A G sa hauteur. Les troussont comptés à partir du point A, jusqu’en D, où se
trouve par conséquent le dernier. Supposons mainte-nant qu’on ait un dessin courant à empouter et que lesdispositions générales aient les éléments suivants :
Une mécanique à la Jacquart, de 400 crochets, unechaîne de 2400 fils, sur une. largeur de U^O, avecun peigne de 48 dents par 0“,27 de largeur.
On divise le nombre des fils de la chaîne par celuides crochets ou 2400 par 400, ce qui donne 6 pour lenombre de chemius; on prend alors sur la planche d’ar-cade A, B, C, D, une largeur de 0 m ,80, espace occupépar la chaîne, et l’on marque le trou par lequel l’em-poutage doit être commencé et celui par où il doit finir.On partage l’intervalle en autant de parties égales quel’on a de chemins à empouter ; chacun d’eux comprendordinairement plus de trous qu’il n’en faut. On en laissealors d’inoccupés sur les rangs de la hauteur, tandis queceux de la largeur sont passés régulièrement. Si lamécanique a, comme ici, 400 crochets, il n’y aura parconséquent que 400 cordes; et s’il y a par exemple20 trous sur une rangée de la largeur d’un chemin, ilfaudra que ceux de la hauteur aient également chacun20 trous puisque 20 X 20 =: 400. On en laissera un oudeux vides entre chaque corde suivant la quantité de laplanche. Si on avait d’autres nombres pour les crochetsou pour les trous, on procéderait d’une manière analo-gue. Le problème à résoudre sc borne toujours à trou-ver l’un des deux facteurs, dont l’autre et le produit sontconnus. Le facteur à chercher est Je nombre de trousdes rangées en hauteur ; celui connu est la quantité enlargeur, et le produit est toujours le nombre des crochetsde la mécanique. Il faut toujours avoir soin de combiner les éléments de telle sorte que le nombre des trousen hauteur soit pair, par les raisons que nous avons déjàindiquées précédemment. Cette condition peut facile-ment être obtenue, en faisant varier l’un des facteurs :on place une corde au premier trou de tous les che-mins; toutes ces cordes sont attachées au premier colletde la machine : on en fixe au n° 2 de tous les che-mins du deuxième collet, et ainsi de suite. Lorsquedouze cordes d’une hauteur sont empoutées, on place latreizième à droite, sur le rang suivant ; on continue danscet ordre jusqu'à ce que l’empoutage soit terminé.
La méthode dont nous venons de parler est désignéeen termes de fabrique sous le nom d 'empoutage suiviordinaire. Pour l’effeçtuer très facilement, on suspendtoutes les arcades à une tringle, au-dessus de la planchoà empouter. On fait ensuite glisser chacune successive-ment sur la tringle, jusqu’au-dessus du trou qu elle doitoccuper pour la faire passer dedans. Quand tous lestrous destinés à la même corde sont garnis, on procèdede même pour l’empoutage de toutes les autres. Lors-qu’il est terminé on boucle les cordes par deux cents àpeu près, au-dessus de la planche ; on suspend celle-ciau métier pour passer au colletage, qui a pour objetd’introduire chaque corde dans le collet correspondantqui lui est réservé, en commençant par la gauche. Onlaisse ordinairement en avant de la machine un rang detrous vides qu’on destine aux arcades des lisières et àcelles qui doivent commander les changements de na-vettes et faire mouvoir la sonnette pour avertir de ceschangements. Ce n'est qu’après cette dernière opérationqu’on fixe les plombs à chaque arcade, en les y attachant $au moyen de boucles; c’est ce que l’on désigne sous ^le nom de pendage. Il faut avoir soiu d’attacher tous lespetits poids à la même hauteur afin que la traction qu’ilsexercent soit la même, autant que possible, sur tous lesfils: nous disons autant que possible, car il est difficilequ’elle soit égale à cause des inclinaisons différentes desmaillonB. Après le pendage et l’appareillage, vient Ten-verjuro ou croisement, dont le but est de bien assureraux arcades leurs places respectives, pour faciliter le re-mettage ; on croise la première corde sur deux doigts dela main gauche, on opère ensuite avec la deuxième sur