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TISSAGE.

TISSAGE.

Description du métier à hautes-lisses. La fig. 2506 re-présente la vue de face du métier à lmutes-lisses tel qu'ilest encore généralement employé. On a figuré la chaînetendue et un ouvrage ras en exécution. Les fig. 2507 et2508 montrent les vues de côté des montants du mé-tier.

A,B,C,D, sont deux montants verticaux d’unehauteur plus ou moins grande suivant celle des tissusqu’on doit produire ; ils sont assemblés à leur partie in-férieure dans des patins solidement établis, et à leursupérieure, ils sont fixés au plafond ou de toute au-tre manière, réunis par deux entre-toises S; ils re-çoivent par leurs tourillons E deux cylindres ensouplesG, H, placés à la partie supérieure, et disposés à celleinférieure.A. Ces deux ensouples ont les mêmes fonc-tions que ceux du métier à basses-lisses, celui supé-rieur est destiné généralement & recevoir la chaîneavant le tissage et l’autre à enrouier le tissu aprèssa confection. Quelquefois, ces cylindres portent àleurs extrémités des trous pour recevoir des bâtons aumoyen desquels on les fait tourner comme des treuilspour serrer les chaînes ; mais le plus souvent on monteune roue G, engrenant avec une vis sans fin v qui re-çoit son mouvement par une manivelle m. Comme onle voit, cette commande est destinée à opérer la tensiondes fils de la chaîne et à enrouler la tapisserie à mesureque le travail s’effectue. La roue à rochet r avec sondéclic a pour but d’empêcher celle d’engrenage de re-venir, et par conséquent, de maintenir la tension. Lebâton rond Q, est nommé bâton d’entre-deux, il rem-place ceux d’enverjure ’des chaînes à basses lisses etsert.donc à séparer les fils de la chaîne en deux partiessur deux plans ; la petite corde PP a le même but. Onnomme perche à lisses le bâton L M ; c’est à celui-cique sont fixées toutes les lisses N, N, qui communi-quent aux fils du derrière (Nous verrons en décrivantla manière de faire le point, que les fils du devant n’ontpas besoin de lisses).

Montage de la chaîne. La chaîne étant ourdie, d’aprèsles règles que nous avons données en traitaut de l’our-dissage, on place régulièrement les piennes, ou portées,dans les dents du vautoir dont on a ôté le chapeau o.Ces fils placés, on assemble les deux pièces du vautoiret on le fixe dans la rainure qui lui est réservée dansl’ensouple supérieur ; puis on procède à la tension deU chaîne sur la partie inférieure de l’ensouple au moyen

de la manivelle; il est important que tous les fils de luchaîne soient soumis à une tension égale.

Toutes les chaînes pour tapis ou tapisseries sont for-mées en fils de laine blanche, généralement retordus etd’excellente qualité; aux Gobelins, on emploie des lai-nes dites d’Allemagne ; seulement lorsqu’on monte unechaîne pour tapis velouté, on a soin de disposer en filde couleur, ordinàirement en fil rouge, de dix en dix fils.L’intervalle entre chaque fil de couleur se nomme unedizaine.

Ces divisions permettent de déterminer avec plus defacilité et d’exactitude les différents points du dessin,d’après le dessin original ou la mise en carte qui estexposée à la partie supérieure du métier, mais au lieud’être divisée par des carrés, elle est pointée, de ma-nière que la distance entre deux points corresponde àcelle comprise entre deux fils de couleur de la chaîne.

Les fils d’une chaîne pour de la tapisserie sont toutblancs, il ne suffirait pas de la partager par dizaines,parce qu’il est indispensable pour arriver à la perfec-tion qu’on exige dans ce travail d’esquisser le dessin surles fils tendus de la chaîne de manière à pouvoir suivretous les contours avec plus d’exactitude. Pour cela ledessinateur se sert d’un calque qu’il prend sur le ta-bleau à reproduire et qui lui-même reste exposé prèsde l’ouvrier de manière à ce qu’il puisse assortir lesnuances et les appliquer avec plus de précision. Lesnombreux tons qu’exige l’exécution d’une tapisseriesont tons formés avec huit ou neuf couleurs fondamen-tales; c’cst avec elles qu’on compose la gamme la pluscomplète possible en nuances ; chaque nuance de fil estenroulée sur une broche ou fuseau. Lorsqu’un ouvriercommence son travail, il choisit ses nuances dans unmagasin spécial pour les fils de laines teintes ; au tissusont attachées autsnt de broches qu’il faut de tons dif-férents.

Le travail du tissage à hautes lisses est produit parla formation des mêmes nœuds ou boucles formés suc-cessivement autour des fi!s blancs de la chaîne par ceuxde couleurs dont les broches sont chargées.

Exécution du travail. Pour faire le tissage, l’artistetapissier prend, de la main droite, la broche garnie dufil dont il a besoin, et passe la main gauche dans l'écar-tement que le bâton de croisure établit entre les fils dela chaîne. Il tire en avant un ou plusieurs fils, suivantl’espace qu’il veut recouvrir, et y passe de gauche àdroite le fil de recouvrement au moyen de la broche ; iltend ce fil autour de celui ou de ceux de la chaîne qu’ilenveloppe, et il le tasse avec la pointe de sa broche.Cette première partie de l’opération est appelée unepassée. Celle-ci faite, l’ouvrier laisse reprendre aux filsdu devant leur position verticale, et il ramèue ceux dusecond plan sur le devant, au moyen des lisses, puis ilexécute également une passée sur eux en dirigeant labroche en sens contraire de celui de la passée précé-dente ; il tend et tasse de nouveau çette partie, cetteallée et cette venue où les deux passées constituent uneduite. La fig. 2506 indique la position du fuseau et desmains pour exécuter le point Deux duite s forment ceque l’on désigue dans la spécialité par une hachure ; gé-néralement, on forme des hachures avec deux duites,embrassant un nombre différent de fils, ce qui facilitele mariage insensible des nuances et le passage d’unton à un autre.

Tous les autres détails qu’il est nécessaire de con-naître pour produire un travail parfait sont entièrementdu ressort des beaux-arts et complètement étrangers àla spécialité de notre ouvrage.

Travail des tapis veloutés. Le travail fondamental dutissage des tapis consiste dans la formation du point.Pour faire le point, l’ouvrier prend la broche de la maindroite et passe le fil de laine de la broche derrière celuiqu’il veut recouvrir, comme on le voit en c (fig. 2509).