TOUR.
TOUR.
ateliers peu considérables, qui ne possèdent pas d’alé-soirs particuliers.
3° Le tour à plateau est destiné à tourner des piècesd’un grand diamètre tant en bois qu’en fonte; U estnécessaire alors de pouvoir obtenir des différences devitesses beaucoup plus considérables que dans le tour àengrenages ; ce tour ne s'emploie guère que commetour en l'air, la poupée fixe est alors éloignée du chariot ;la pièce à tourner peut alors avoir des dimensions, pourainsi dire quelconques, tandis que dans les tours décritsjusqu'ici son diamètre était limité au double de la dis-tance comprise entre la pièce et le banc. Ce tour estsouvent employé pour l'alésage.
4* Le tour parallèle et d chariot qui diffère surtoutdes précédents par la disposition particulière du bauc.Les deux jumelles en bois sont supprimées et remplacéespar un banc eu fonte composé de deux flasques verti-cales dressées sur leurs parties supérieures et latéraleset servant de guides à un chariot qui peut marcher surtoute la longueur du tour. L’outil est placé sur ce cha-riot à la hauteur des poiutes et doit se transporter bienparallèlement à la ligne qui joint leurs extrémités.Quelquefois les parties dressées des flasques parallèlessont remplacées par deux colonnes en fer tournées exac-tement cylindriques. Cette disposition rend la construc-tion de la machine plus simple, car ces colonnes se fontau tour, tandis que les flasques ne peuvent être faitesqu'aux machines à raboter, ou au burin et à la lime parla main de l’ajusteur.
La poupée mobile est placée sur les flasques le longdesquelles elle peut se transporter suivant la longueurde la pièce à travailler. Une fois mise en place on lafixe sur le banc au moyen d’une traverse et d’un bou-lon, d'une manière analogue à celle décrite dans le tourà pointes simples.
Lie mouvement longitudinal est ordinairement trans-mis au chariot au moyen d'un pignon et d’une cré-maillère ; d'autres fois, par une vis qui règne sur toute lalongueur du tour. Le tour à chariot est alors dit machineà fileter, et on l’emploie principalement pour faire avecbeaucoup d’exactitude, des vis et des écrous de diffé-rents pas et de différents diamètres. Il y a des ateliersoù on l'emploie pour faire de gros boulons avec leursécrous. Le mouvement de rotation de l'arbre se trans-met à la vis et par suite au chariot, par un systèmed'engrenages, qu’on peut changer de plusieurs ma-nières pour avoir différentes vitesses du chariot et parsuite différents pas dans les vis que l'on fabrique.
Quelques ateliers possèdent encore des tours spéciauxqu'il est impossible de décrire ici, et qui varient à l'in-fini suivant les diverses pièces à travailler. Il est destours, par exemple, qui sont uniquement destinés àtourner des robinets et à aléser leurs boîtes ; d'autresqu'on emploie pour tourner et aléser des surfaces sphé-riques, etc., etc.
Il reste pour finir cet exposé quelques mots à diresur les outils employés par le tourneur.
Deux causes limitent la quantité de matière qu’onpeut enlever avec un outil : les dimensions du touret réchauffement de l’outil ; il est donc important de di-minuer ces causes le plus que possible ; à cet égard laforme des outils est très importante, pour le fer surtout.
Pour la fonte et le cuivre, le copeau une fois enlevése brise en petits éclats, aussi les outils s'échauffent-ilspeu et ces métaux se tournent à sec. Le fer, au con-traire, est plus tenace, les parties enlevées restent en-semble, forment des copeaux qui, en passant sur l'outil,l’échauffent ; aussi est-on obligé de rafraîchir avec del’eau de savon ou de l’huile. En général les outils de-vraient être disposés à enrouler le copeau le moins pos-sible après l’avoir détaché de la pièce. Il est clair quecet enroulement n’a lieu qu'aux dépens d'un frotte-ment considérable sur le buriu ; cette observation a lieu
aussi bien pour les machines à raboter, à mortaiser, etc.,que pour les tours. Aussi certains ouvriers font-ils desoutils, disposés de telle sorte, que le copeau quitte lapièce d’où on l’enlève sous l’angle le plus petit possible.De cette manière, on peut avec le même effort enleverdes copeaux proportionnellement plus gros.
Les outils de tour se font ordinairement en acierfondu, ceux dont la pointe n’est pas trop fragile setrempent dans toute leur force et sans recuit. On doitfaire revenir les outils dout la pointe est fragile, commele grain-d’orge.
Les outils pour le fer sont des crochets qu’on pré-sente à la matière, le manche élevé et appuyé sur lesupport sur lequel de petites dents ou encoches lesfixent pour qu'ils ne puissent pas reculer; les outilsfixés sur des chariots sont appelés burina, ils attaquentd’ordinaire la matière par un angle. D’autres fois, pourle cuivre, par exemple, ils sont arrondis et peuventcouper des deux côtés.
Quand on attaque une pièce de fonte dont la croûteest toujours très dure, on emploie un outil recourbé quin'attaque pas directement cette croûte, mais la fait sauteren petits éclats en la preuant en dessous ; la vitesse de ro-tation des pièces de fer ou de fonte qu’on attaque avecun outil fixé sur un chariot est d’environ 8 centimètresà la circonférence ; au croehet la vitesse va jusqu'à41 centimètres.
On termine ordinairement les surfaces à la plane ,outil très large qui se manie à la main et qui enlèvetoutes les irrégularités laissées par le burin et le cro-chet ; quelquefois on polit avec des limes garniesd’huile, pendant que la pièce tourne, et on rode avec del’émeri et de l’eau.
On appelle lunette une potence qui soutient lespièces montées sur le tour à pointes ; quand elles sontde faibles dimensions, la lunette se fixe d’ordinaire surun support à chariot et se transporte avec lui. On a deslunettes de différents diamètres pour les différentespièces, quelquefois les lunettes sont composées de 3 ou4 pièces d'acier, qu’on éloigne ou qu’on rapproche àégale distance de la ligne des pointes au moyen de vis,et qui s’appuient sur l’arbre à tourner ; par cette disposi-tion la même lunette est applicable à différents dia-mètres. DUBIED.
Les fig. 4 et 2 représentent un petit tour au pied ;semblable à ceux dont il est parlé ci-dessus.
La fig. 3 représente le support à chariot, sur le-quel nous reviendrons un moment, car il constitue unedes découvertes les plus considérables de l’industriemoderne ; il a été le premier outil automatique des ate-liers de construction de machines, le modèle que sontvenues plus tard imiter les machines à raboter, à mor-taiser, etc.
Il consiste essentiellement en un porte-outil, qui