TREMPE.
TREMPE.
des molécules soumises à des forces répulsives résultantdu calorique emprisonné, qui de sensible devient latent. .
(3) La surface du verre liquide étant solidifiée instan- jtanément, reste, à cause de sa dureté, d’un volume cor- 'respondant à celui qu’occupe le verre à l’état dé fusion.Les molécules de l’intérieur soudées sur celles de lasurface resteutdans un état de dilatation, de répulsiontelle, que, comme on le voit dans l'expérience des lar-mes bataviques, il suffit d’attaquer un point de la sur-face pour que le tout éclate et tombe en poussière.
On sait que dans les verreries on a soin de recuire leverre pour éviter de semblables effets. Ce recuit aug-mente la densité de 0,0045, d’après M. Wertheim.Celle ci était donc diminuée par l’effet de la trempe àl'air produite pendant le travail.
(4) La surface du soufre, versé liquide dans l’eau,refroidie brusquement, emprisonne une partie du calo-rique, qui faisant équilibre aux forces attractives desmolécules, donne naissance à ce qu’on appelle le soufremou, qui est un état intermédiaire entre l’état liquideet l’état solide. Dans cet état, les molécules se trou-vent plus rapprochées que quand elles se disposent parleurs pôles, ct.Berzélius a reconnu une augmentationnotable de densité. La surface n’est plus, comme dansle cas du verre, un obstacle à l'augmentation de ladensité, car au contraire elle se moule sur l'intérieurdu corps en se contractant, comme le prouvent lesrides qui s’y produisent. On sait qu’à mesure que lachaleur latente se dégage le soufre reprend son état pri-mitif, les molécules pouvaut se rapprocher, effet pro-duit après quelques jours à la température ordinaire.
Les divers phénomènes de la trempe des corps nousparaissent avoir ainsi une explication assez satisfai-sante. Revenons maintenant à la trempe de l’acier, laseule qui ait des applications très importantes.
Le recuit, qui suit presque toujours la trempe dansla pratique des arts, et qui a surtout pour but de donnerde l’élasticité à l’acier et de l’empêcher de s’égrener,parait resouder en quelque sorte les molécules, sansfaire varier la dureté résultant d’un changement detempérature bieu supérieur à celui du recuit.
La trempe est une des opérations les plus difficilesqui se rencontrent dans la pratique des arts, une decelles dans lesquelles on trouve le moins d’ouvriers yexcellant par un talent particulier. Le point le plusconvenable dans le chauffage de l’acier, la manière doprésenter la pièce et de la plonger suivant sa forme,pour éviter qu’elle ne se voile ou ne se gerce, Bont au-tant de difficultés qui exigent chez le trempeur unegrande expérience.
Il y a grand avantage à ne pas trop chauffer l’acier,c'est-à-dire à atteindre seulement le point pour lequelse produit une trempe très dure, ce qui correspond pourl’acier ordinaire au rouge cerise. L’acier se tourmentemoins et la trempe est meilleure que si on avait chauffédavantage. Le degré de la meilleure trempe correspondprécisément à un point un peu supérieur à celui auquella trempe n’a pas lieu. A ce dernier point, la trempene sert, au contraire, qu’à recuire l’acier et à le rendreextrêmeimm doux.
Pour obtenir un point fixe on avait proposé de chauf-fer i’acier au moyen de bains métalliques composés deproportions \ariables de plomb et d'étain, de manièrea obtenir par le lait de leur fusion une température par-faitement fixe tant pour la trempe que pour le revient.Mais la complication de cette disposition, et surtout lavariation perpétuelle de la qualité des aciers, leur alté-ration lors du travail préparatoire des objets, ont empê-ché cette méthode d’être généralement adoptée. Nousciterons cependant le célèbre graveur en médailles,M. Galle, qui trouvait grand avantage à chaulTer sescoins dans un bain de plomb, dont la couleur éïait ren-due bien sensible en opérant dans l’obscurité. Le chauf-
fage, certainement plus régulier qn’à un feu de forge,ne pouvait que donner des résultats plus avantageux.
Passons en revue maintenant, d’après un auteur an-glais , M. Holtzapffel, les circonstances de la trempedes principaux outils.
Les forets les plus délicats des horlogers sont chauf-fés dans la portion bleue de la flamme d’une chandelle ;ceux plus forts dans la flamme d’un chalumeau projetéetrès obliquement sur eux et uu peu au-dessous de leurpointe quand ils sont extrêmement minces; on peut lesagiter dans l’air pour les faire refroidir, mais plus gé-néralement on les pique dans le suif de la chandellemême, ou bien on les plonge dans l’huile de la lampe.On les recuit soit par leur propre chaleur, soit en lesplongeant dans la flamme au-dessous de la pointe dela mèche.
Pour les outils qui tiennent le milieu entre ceux qu’onsoumet à l’action du chalumeau et ceux qu’on exposeà un feu nu, il y en a beancoup qui exigent le tube defer ou le bain de plomb et de charbon, mais le plus grandnombre d’outils sont trempés à la forge du serrurier or-dinaire sans avoir besoin de ces moyens de protec-tion.
Les outils de dimension modérée, tels que la plupartde ceux dont on fait usage dans l’art du tour, ainsi queles ciseaux et les gouges dont les charpentiers fontusage, etc., sont généralement chauffés à feu nu; maisil faut avoir l’attention de les promener en longueurcontinuellement dans le feu, afin d’égaliser la tempéra-ture qu’on leur applique, puis de les plonger verticale-ment dans l’eau et de les y agiter horizontalement pourles exposer aux portions les plus froides du liquide. Sion le juge nécessaire, on ne les plonge que jusqu’à unecertaine profondeur, le reste de l’outil reste doux.
Les rasoirs, les canifs sont chauffés dans un feu decoke ou de charbon et plongés obliquement dans l’eau.Pour recuire les rasoirs, on les pose par le dos sur unfeu clair au nombre d’une demi-douzaine environ, et onles enlève un à un, lorsque le tranchant, encore mousse, apris une couleur jaune paille clair; si le dos a été chaufféau-delà du jaune paille, les lames sont refroidies dansl’eau. Les lames de canif sont recuites par une ou deuxdouzaines à lafoissurune plaque de fer ou decuivred’en-viron 0 w ,3l) de longueur, 0", / l0 de largeur, et épaissede 0”,006. Les lames sont toutes rangées sur le dos le9unes à côté des autres et s’appuient ainsi obliquementl’une sur l’autre. A mesure qu’elles atteignent le recuit,on les saisit et on les enlève avec une petite pince, et onles jette dans l’eau si cela est nécessaire, et d’autressont ramenées des points les plus froids de la plaquepour prendre leur place.
Les haches, les cognées, les ciseaux à froid, et unefoule d’autres outils-semblables dont la masse totaleen métal est considérable comparativement à celle quidoit être trempée, ne sont plongés qu’en partie et re-cuits tout simplement par la chaleur qui reste encore àla masse de l’outil ; seulement quand on a atteint la con-leur qui indique que le recuit est opéré, on'Jes immergeentièrement.
Si on voulait tremper des enclumes, de grosses étam-pes ou autres pièces d’un volume considérable par im-mersion directe, la formation rapide de la vapeur surles côtés du métal s’opposerait au libre accès oe l’eaupour enlever la chaleur avec une célérité suffisant**.Dans ce cas, on fait tomber, d’un réservoir supérieur oul’on projette avec une pompe une colonne volumineused’eau sur la surface de l’objet qu’il s’agit de tremper.
On fait souvent usage d’huile et de différents mélan-ges d’huiles, de suif, de cire, de résiue, etc., pour trem-per un grand nombre d’objets minces et élastiques, telsque des aiguilles, des hameçons, des plumes en acier,des ressorts, etc., qui exigent une trempe plus douceet plus souple que n’en dor.no l’eau.